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General News of Monday, 28 September 2020

Source: Actu Cameroun

Marche du 22 septembre: voici le role sombre joué par Pierre Kwemo (LETTRE CONFIDENTIELLE)

Une lettre confidentielle du préfet du Haut-Nkam, signée le 23 septembre à l’adresse de Pierre Kwemo, président de l’Union des Mouvements socialistes, sème la confusion sur un éventuel pacte secret entre l’Ums et le Mrc.

Des sources concordantes, insistantes et dignes de foi font état de ce que beaucoup de vos militants, en dehors de nombreux jeunes scolaires de moins de 20 ans, qui ont été instrumentalisés, ont participé aux deux tentatives de marche insurrectionnelle, illégale et interdite, enregistrées dans le centre commercial de la ville de Bafang, respectivement à 10 heures et à 15 heures le mardi 22 septembre 2020, servant ainsi de relais locaux et d’agents d’exécution des mots d’ordre irresponsables du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun/Mrc) et de son mentor et président monsieur Kamto Maurice ». Telle est l’entame de la correspondance dans laquelle le chef de terre exprime à son destinataire son indignation et son mécontentement pour cette connivence présumée avec le Mrc.

Suffisant pour Luc Ndongo pour adresser une sévère mise en garde à l’endroit de Pierre Kwemo. « Face à ce qui démontre déjà l’existence d’un deal secret de sous-traitance politique locale à la solde du Mrc, je vous informe de ce que toute nouvelle tentative de trouble à l’ordre public orchestrée par vos militants, notamment l’organisation des réunions, marches et autres manifestations publiques non autorisées, sera sévèrement réprimée en vertu de la loi et de la réglementation en vigueur, et vous serez personnellement tenu pour responsable desdites violations ».

En effet, Bafang a été indexé comme l’un des épicentres de la manifestation interdite du Mrc le 22 septembre, avec une subite mobilisation aux environs de 10 heures au centre commercial de la ville. Des centaines de jeunes manifestants sont sortis en masse, surprenant la vigilance des éléments des forces de l’ordre, plutôt postés au quartier administratif. scandant des messages hostiles au régime, en exécution des mots d’ordre donnés par les organisateurs de la manifestation.

Au sein de l’opinion, il était acquis que ces manifestants étaient des militants du Mrc. Jusqu’à cette correspondance du préfet du Haut-Nkam, qui révèle l’existence des militants de l’Ums parmi les manifestants, sans doute à la suite de l’exploitation des dizaines d’entre eux qui ont été interpellés.


Report des élections régionales
Jusqu’à ce que nous allions sous presse, nous n’avions pas connaissance de la réaction du président de l’Ums face à ces accusations. Néanmoins, aucune consigne de manifestation n’avait été donnée par Pierre Kwemo’à ses militants à la suite de l’appel de Maurice Kamto. Mieux, l’Ums ne s’est pas affichée officiellement comme faisant partie de la plateforme des soutiens à Maurice Kamto et au Mrc, dans le cadre de cette opération. A tout le moins sait-on que Pierre Kwemo a officiellement appelé au report des élections régionales du 06 décembre prochain.


Ceci expliquerait-il cette accointance présumée entre les militants de l’Ums et ceux du Mrc durant les tentatives de marche dans la ville de Bafang ? Question. Seulement, le préfet parle dans sa correspondance d’un deal secret que se seraient passé l’Ums et le Mrc dans les manœuvres velléitaires de déstabilisation des institutions républicaines. Une approche d’analyse, qui si elle s’avérait crédible, serait suicidaire pour les candidats Rdpc du Haut-Nkam aux régionales du 06 décembre.


Accumulation des frustrations
Ce n’est pas la première fois que le département du Haut-Nkam en général et la ville de Bafang en particulier, affichent leur hostilité à l’égard du pouvoir de Yaoundé. Comprendre cette adversité convoque l’accumulation des frustrations du département à l’égard du régime. En effet, cela fait sensiblement 10 ans que l’un des fils du Haut-Nkam n’a plus goûté aux délices d’une fonction ministérielle, voire de celle d’un poste de directeur général au sein de l’establishment. si l’on exclut le strapontin de Christophe Eken à la tête de la Chambre du Commerce du Cameroun.

Conséquence, le département souffre de l’absence d’une élite politique à même d’écouter, de porter et de proposer des solutions idoines aux nombreuses sollicitations des populations, et particulièrement de la jeunesse. Les derniers résultats électoraux du parti au pouvoir dans ce département traduisent la crise de confiance entre le Haut-Nkam et Yaoundé, avec une plongée continue du parti du flambeau au sein des institutions locales.

Depuis l’embastillement de Siyam Siewe et la sortie du gouvernement de Mi-chael Tomdio, le Rdpc voit fondre ses représentants du département au sein de l’Assemblée nationale, passés de 03 au cours de la législature 2013-2018 à seulement 01 sous l’actuelle mandature. Depuis deux mandatures, le . conseil municipal de Bafang est dominé par l’Ums de Pierre Kwemo, qui en plus s’est tapée la commune de Banwa lors des municipales de février.

A l’occasion de la présidentielle d’octobre 2018, c’est dans le Haut-Nkam que le Mrc avait réalisé son meilleur score à l’Ouest, avec plus de 30 % des suffrages exprimés. Des statistiques qui montrent bien que le département souffre du manque d’encadrement et d’un leadership à même d’incarner les aspirations du régime. Pris sous ce prisme, il y’a fort à parier que ce n’est pas mise en garde musclée du préfet qui changerait grand-chose à l’antipathie de la jeunesse du département à l’égard du régime, la solution étant ailleurs, à savoir une meilleure prise en compte des Haut-Nkamois dans le partage du gâteau national.

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