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General News of Sunday, 20 December 2020

Source: Actu Cameroun

Marchandage des gardes à vue à Foumbot : tracts anonymes contre le procureur

Le gouverneur de la région de l’Ouest et le ministre de la Justice, Garde des sceaux, sont interpellés dans des tracts anonymes en circulation dans la ville agricole. Les proches du Procureur incriminé indiquent qu’il s’agit d’une cabale.

Joint au téléphone, Yannick Mbia, adjoint au sous-préfet de Foumbot, a indiqué qu’il ne saurait se mêler de cette histoire « sans l’autorisation de la hiérarchie ». Depuis quelques jours à Foumbot, la tête du magistrat Ombouda, procureur de la République près des tribunaux de la place, est mise à prix par certaines personnes qui refusent de dévoiler leur identité. Elles ont fait diffuser des tracts anonymes.

Des documents suspects où le chef de la magistrature debout de cette ville agricole est accusé de marchandage des gardes lors d’interpellation de personnes nanties et ciblées. Dans l’optique d’avoir la version des faits du magistrat, nous avons, par le biais d’une agence de messagerie, transmis une correspondance à son cabinet. Mais, silence radio. Il aurait indiqué au commis de l’entreprise de messagerie qu’il n’a pas le droit de s’exprimer ou de répondre aux sollicitations de la presse.

Une cabale
« Cette histoire saute aux yeux comme « un mensonge fabriqué ». Car en matière de procédure pénale, l’on ne saurait engager des poursuites contre un citoyen sans avoir des indices ou des preuves de son implication dans une infraction», affirme une source proche du dossier.



Elle pense, comme certains habitants de Foumbot, que le Procureur Oumbouda est victime d’une cabale orchestrée par des réseaux de faussaires et bandits qui n’ont pas pu l’empêcher de faire son travail, conformément aux lois et règlements de la République du Cameroun. Une bonne frange des populations salue son engagement dans la lutte contre le grand banditisme et les clans des personnes qui brillent par des trafics peu recommandables.

A la lecture du document apocryphe et intitulé « SOS Alerte », les pourfendeurs du Procureur interpellent aussi le gouverneur de la région de l’Ouest et le ministre de la Justice, Garde des sceaux.

L’accusation de « corruption » est aussi fortement contredite par un habitant de Foumbot qui s’exprime sous le couvert de l’anonymat. « Le Procureur de la République fait bien son travail. Sous lui, la criminalité a reculé dans la cité ». Cette personne exprime autant son mécontentement que « les détracteurs de l’homme de loi l’accusent dans le tract de « marchander les gardes à vue » et de spolier ses collaborateurs pour achever son immeuble à Yaoundé. »

Cette source est surprise que les noms de certaines personnes apparaissent dans le document comme des justiciables rançonnés par le magistrat. Il s’agit notamment de Damako, El Hadj Inoussa et Bobo Mama. La mairie de Foumbot, une personne morale, est également citée.

Multiples violations
Par contre, selon la Ligue des droits et des libertés, il est constant que la juridiction de Foumbot est un lieu où interviennent de multiples violations des droits humains des personnes en garde à vue. Charlie Tchikanda, le directeur exécutif de cette organisation, indique avoir déjà écrit au procureur général de la Cour d’appel de l’Ouest pour dénoncer le Procureur de la République de Foumbot. Mais régulièrement, malgré les interpellations de la hiérarchie du parquet ou du président de la Cour d’appel de l’Ouest, le chef de la magistrature debout de Foumbot ne s’incline pas.

Peut être parce qu’il est aussi protégé par les directives et principes sur le droit à un procès équitable et à l’assistance judiciaire en Afrique. Selon la Commission africaine des Droits de l’Homme et des Peuples « les magistrats du parquet doivent pouvoir s’acquitter de leurs fonctions professionnelles sans faire l’objet d’intimidations, d’entraves, de harcèlements, d’ingérences non fondées ou sans devoir assumer de façon injustifiée une responsabilité civile, pénale ou autre. Les magistrats du parquet jouissent, comme les autres citoyens, de la liberté d’expression, de croyance, d’association et d’assemblée. Dans l’exercice de ces droits, les magistrats du parquet se doivent toujours de respecter la loi et les normes reconnues ainsi que la déontologie de leur profession. »

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