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Actualités of Thursday, 25 March 2021

Source: actucameroun.com

Malversations financières à Camwater: après Atangana d'autres têtes vont tomber

Des cadres de Camwater (illustration avec photo d'archives) Des cadres de Camwater (illustration avec photo d'archives)

Depuis une semaine les responsables de la Cameroon Water Utilities Corporation sont entendus par une mission spéciale du Contrôle supérieur de l’Etat. Elle enquête sur de présumées malversations financières opérées au sein de l’entreprise d’Etat. Une situation dénoncée par un ancien coaccusé de Jean William Sollo devant le Tribunal criminel spécial.

Le Tribunal de première instance (TPI} de Douala, Bonanjo a démarré l’examen de la citation directe introduite en décembre 2020 par Eugène Francis Abossofo contre la Cameroon Water Utilities Corporation (Camwater) et trois de ses préposés, notamment Gervais Bolenga, son directeur général, Francis Onguene, ex chef service de la comptabilité, et Gervais Bekonje, ancien directeur du contentieux. C’était jeudi dernier, 18 mars 2021.


Lors de cette audience à laquelle aucun mis en cause n’a comparu, le tribunal a ordonné à M. Abossolo, promoteur des Etablissements (Etes) LMS Cameroun, spécialisés dans la vente du matériel hydraulique, à payer 40 mille francs représentant les frais de «consignation». C’est une formalité que l’auteur de la citation directe à l’origine du procès doit impérativement remplir avant l’examen du dossier au fond. L’audience reprend le 17 juin prochain.

Dans ce litige, M. Abossolo reproche à la Camwater et ses trois employés les faits présumés de «faux témoignage» et de «dénonciation calomnieuse». Les griefs allégués sont en rapport avec une bataille judiciaire qui a opposé devant le Tribunal criminel spécial (TCS) la Camwater au plaignant et deux autres personnalités, notamment Jean William Sollo et Jean Dieudonné Maah, entre 2018 et 2020.

Devant le TCS, la Camwater imputait en effet aux trois hommes le prétendu détournement de 156 millions de francs opéré à travers le paiement-indu de 4 marchés qualifiés de «fictifs» et portant sur la livraison du matériel hydraulique à la Camwater en 2013. Le paiement critiqué avait été autorisé par M. Sollo, alors DG de la Camwater au moment des faits, et exécuté par son directeur des affaires financières, M. Maah. Mais le 1er juillet 2020, les accusés ont été acquittés pour «faits non établis». Personne n’a attaqué la décision. M. Abossolo a donc retourné le fusil contre ses anciens bourreaux.

«Traitement approprié»

En marge de l’audience du TPI de Bonanjo la semaine dernière, Kalara a appris de sources crédibles que, depuis une semaine, le DG de la Camwater et certains de ses proches collaborateurs sont entendus devant une mission spéciale du Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe). Ladite mission enquête sur de supposées malversations financières et comptables opérées au sein de, l’entreprise publique.

En fait, parallèlement à la citation directe déjà évoquée, M. Abossofo avait également déposé une série de dénonciations auprès du Consupe, du parquet général près le TCS et la Conac, avec copie au ministre de l’Eau et l’Energie. Toutes ont le même objet : «signalement de la présence de faux en écritures comptables et de fausses factures d’un montant de 170 millions de francs dans les livres de la Camwater» [lire Kalara N° 373].

En réaction, Mme Mbah Acha Rose Fomundam, la ministre déléguée à la présidence de la République chargée du Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe) a accusé réception de la dénonciation à travers à une lettre datée du 6 janvier 2021. Dans cette lettre qui a pour objet «faux en ..écritures comptables», la ministre écrit : «votre dossier fait actuellement l’objet d’un traitement approprié par [mes] services». Certains responsables la Camwater, qui ont souhaité garder l’anonymat, explique que la dénonciation de M. Abossolo est à l’origine de la missionspéciale du Consupe dépêchée à la Camwater.

Dans cette dénonciation, M. Abossofo affirme en effet avoir découvert en examinant le compte de son entreprise tenu dans les livres de la Camwater que M. Onguene François, alors chef de service comptable de la Camwater, lui avait frauduleusement imputé la perception de 170,2 millions de francs correspondant à six factures réglées en 2012, et prétendument liés aux marchés au centre de son procès au TCS en compagnie de M..Sollo. Procès où M. Onguene était d’ailleurs l’unique témoin de l’accusation.

L’homme d’affaire conteste la paternité des factures évoquées. Pour lui, ces factures comportent des mentions inexactes, en l’occurrence l’entête, l’adresse, les numéros des comptes bancaires, le siège de son entreprise, y compris sa propre signature. 11 relève que dans l’arrêt du TCS l’acquittant, les juges ont motivé leur décision en disant «qu’il s’est plutôt dégagé des débats à l’audience que la non retenue des avances de démarrage est due à la mauvaise tenue des comptes clients par le chef de service comptable de la Camwater».

Il prétend que les requêtes qu’il a adressées jusqu’ici au DG de la Camwater afin qu’on lui délivre les copies des prestations liées aux factures dénoncées «sont restées lettres mortes», malgré les relances. Contacté par Kalara, M. Onguene François n’a pas souhaité réagir sur le sujet. En tout cas, le dénonciateur incite les autorités chargées de réprimer la criminalité financière à scruter de très près le dossier.

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