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xxxxxxxxxxx of Monday, 29 March 2021

Source: actucameroun.com

Malgouvernance: la société civile rend les gouvernants insomniaques

«Y’ en a marre» au Sénégal, «Balai citoyen» au Burkina Faso, «Dynamique citoyenne» au Cameroun, «Gilets rouges» en Côte d’ivoire… «Gilets jaunes»,en France ont réussi à faire plier l’échine aux gouvernements là oit les partis politiques classiques ont échoué.


Sollicités par les masses, ces mouvements de la société’ civile sont de plus en plus interpellés dans le champ de l’amélioration de la gouvernance et de l’alternance au sommet des États. Dans les sérails, on-s’en méfie comme de l’huile sur le feu et à juste titre. Parce que ces Collectifs, Mouvements, Réseaux et autres Gilets, dans leurs diversités représentent mieux les intérêts des populations que les partis politiques de l’opposition aujourd’hui et parviennent à se positionner comme des contradicteurs visibles des pouvoirs en place. Depuis quelque temps maintenant, des choses étranges se passent dans le monde sublunaire, y compris dans les pays civilisés où la démocratie fonctionne à merveille.

La société de consommation avec sa surabondance d’images et de modèles de succès est en train de devenir toxique pour l’être humain. 11 restait à espérer que le phénomène des «Gilets jaunes» reste une exception française. Malheureusement, avec la naissance des «Gilets rouges» en Côte d’ivoire, ce mouvement est entrain de faire tache d’huile. En réalité, les revendications développées par les «Gilets jaunes» en France, notamment au sujet de la hausse du pouvoir d’achat rejoignent les préoccupations de la plupart des populations africaines où sévissent plusieurs maux.

L’approche du gouvernement n’a pas suffisamment pris en compte les priorités du Camerounais moyen qui se résume à se soigner, envoyer ses enfants à l’école et à se nourrir. Face à la paupérisation du peuple de plus en plus criarde, le point focal de «Dynamique citoyenne», une organisation de la société civile, Jean Marc Bikoko, pensait, il y a quelque temps, que le peuple doit prendre ses responsabilités. Malheureusement, tel n’est pas encore le cas. Le commun des Camerounais espérait qu’après sa réélection pour un nouveau septennat à la tête du pays, le président Paul Biya allait se faire une extrême violence en se débarrassant au moins de 80% de son gouvernement.

Curieusement, on a une fois encore assisté à un jeu de chaises musicales lors du réaménagement de l’équipe gouvernementale. Et le peuple comme à son habitude, est resté stoïque et les partis politiques de l’opposition aphones. A l’observation, chaque fois que «Dynamique citoyenne» a pris position pour mettre à nu les mensonges du gouvernement, on a senti la frilosité de celui-ci qui fait souvent recours au musellement de cette organisation, le repoussant dans ses derniers retranchements.

Au demeurant, le 15 septembre 2015, journée internationale de la démocratie, cette plate-forme constituée de plus de 200 organisations de la société civile lançait dans la capitale camerounaise, les activités autour du slogan ‘’Tournons la page«, destinées à questionner le processus démocratique camerounais. En fait, ces activités ambitionnaient d’influencer les politiques publiques par le biais de la mobilisation populaire, de favoriser une coalition et d’engager un plaidoyer pour la réforme du système électoral afin d’en finir avec les atermoiements actuels. Les travaux n’avaient pas pu aller à leur terme parce qu’interrompus par les autorités.


Petite porte

Les parallèles sont piquants. En 2011 naissait au Sénégal le Collectif «Yen a marre» dans la foulée de la grande colère liée aux coupures intempestives d’électricité. Il engageait une grande campagne appelant les jeunes à s’inscrire massivement sur les listes électorales pour que leurs voix puissent compter lors de l’élection présidentielle de 2012. Par la suite, le mouvement au départ culturel et citoyen cristallisait son action autour du combat visant à empêcher le président Abdoulaye Wade de modifier la constitution.

Au Burkina Faso, c’est le «Balai citoyen» qui mobilisait la rue contre la révision de l’article 37 de la loi fondamentale qui devait permettre au président Biaise Compaoré de faire sauter le verrou constitutionnel l’empêchant de prendre un autre bail à la tête de l’Etat. La pression a été telle que,{acculé jusqu’à ses derniers retranchements, il n’a pas eu d’autre choix à faire que de quitter le pouvoir par la petite porte.

En Côte d’ivoire, la société civile avait lancé ses «Gilets rouges», un clin d’œil au mouvement qui donna des sueurs froides au gouvernement français. Effet de mode oblige. En France, après avoir durci le ton, Emmanuel Macron avait été obligé de capituler en renonçant aux mesures fiscales annoncées, tout en renvoyant aux yeux du monde l’affaissement et la déliquescence du système qu’il a voulu implémenter. Au-delà de toutes ces voix mêlées, le dénominateur commun reste le mal être des populations et la recherche des solutions.

Au Cameroun, la plate-forme «Dynamique citoyenne» est totalement bâillonnée et ses mots d’ordre très peu suivis parce que mal amplifiés. Il est clair que laisser cette organisation se déployer représente un danger pour le régime en place. Seulement, les mêmes causes produisant les mêmes effets, au train où s’amoncellent les contestations et les mécontentements liés à la crise anglophone, à l’impunité liée aux détournements des deniers publics et les injustices de tous ordres, il est fort à parier que le Cameroun risque de se retrouver avec ses «Gilets», qu’importe la couleur, Si le gouvernement continue dans la navigation à vue et la langue de bois.

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