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Actualités of Saturday, 10 July 2021

Source: Nouvelle Expression

Mafia : relance des chantiers clandestins à Nkongsamba

Relance des chantiers clandestins à Nkongsamba Relance des chantiers clandestins à Nkongsamba

Le préfet du Moungo avait interdit la poursuite de certaines constructions sur des terrains acquis dans une mafia foncière à Nkongsamba. Les grands travaux viennent de reprendre de plus belle.

Avec la complicité des certaines autorités corrompues, des particuliers avaient acquis au franc symbolique de vastes terrains urbains stratégiques de l’Etat dans le chef-lieu du département du Moungo. Particulièrement au Lycée du Manengouba. Pour qui connait ce vieil établissement public de Nkongsamba, il a dû remarquer que le lycée de très grande réputation a toujours impressionné par l’étendue de ses terres, dans un centre urbain où il n’y a pratiquement plus un seul m2 de terre à acquérir. Un ancien proviseur de cet établissement s’en inquiétait déjà il y a une vingtaine d’années: «je reçois beaucoup de pression de la part des opérateurs économiques qui sont très fascinés par les terrains inoccupés du Lycée. Si les pouvoirs publics n’y prennent garde, les hommes d’affaires véreux et des fonctionnaires corrompus finiront par dépecer le gros gibier que sont les terres encore libres de cet établissement».



Depuis quelques années justement, on constate que l’enceinte du Lycée, objet du titre foncier N° 11465 /Moungo, qui n’a plus de clôture depuis une trentaine d’années, est progressivement occupée par des fondations sur lesquelles poussent des édifices, à la grande stupéfaction des populations, surtout certains anciens élèves du Lycée du Manengouba. L’envahissement des prédateurs depuis trois mois était tel que Le préfet du Moungo, Dzana Yves Bertrand Noel, dans une lettre adressée au Sous-préfet de Nkongsamba 2eme le 15 avril 2021, avait décidé d’arrêter «le massacre» : «suite aux intrusions illégales de certaines personnes sur le site objet du titre foncier no 11465 appartenant à l’Etat du Cameroun, j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir procéder à l’arrêt systématique de tous travaux entrepris sur ledit site jusqu’à nouvel ordre».



La note du préfet qui instruisait l’arrêt des travaux n’avait visé que le titre foncier no 11465 qui correspond aux terres du Lycée du Manengouba. Or, on sait que le domaine privé de l’Etat dont des particuliers se sont emparés illégalement dans le même secteur et qui n’entendent pas s’arrêter en chemin, concerne le Lycée technique, l’école normale des instituteurs, l’école primaire d’application.

Le préfet devrait étendre cette mesure afin de s’assurer que les autres occupants illégaux sur d’autres sites ne sont pas en train d’accélérer leurs chantiers avant qu’il ne soit tard. Selon des informations, les propriétaires des différents chantiers avaient été sommés de tout arrêter.

Un fonctionnaire qui vit dans le secteur objet du litige tirait la sonnette d’alarme: «Si des mesures vigoureuses ne sont pas prises et dans l’urgence pour mettre fin à cette gabegie foncière, les établissement scolaires, les lycées qui sont situés sur ces terrains, n’auront même plus le moindre mètre carré pour leur extension qui est d’ailleurs rendu incontournable avec la pression de la démographie. Les chantiers sur le terrain pour l’instant ne sont que la face visible. C’est dans les documents que l’ampleur de la vaste mafia pourra être évaluée».

Selon des informations introduites, «les occupants illégaux ici se recrutent parmi des personnalités hors de soupçon, dont des autorités municipales, administratives, des autochtones comme allogènes, jeunes opérateurs économiques comme agents de l’Etat…»

Comment de telles intrusions sur le domaine de l’Etat ont pu se passer sans que les services compétents, notamment la délégation des domaines du Cadastre et des affaires foncières n’aient pu rien voir ? Qui est à l’origine de la vaste braderie ?

Il y a trois mois lorsque le préfet avait instruit d’arrêter tous les chantiers situés sur le site querellé, les occupants illégaux avaient donné l’impression de se conformer aux ordres de l’autorité administrative. Manifestement, ils avaient reculé pour mieux sauter. Puisqu’ils ont relancé les travaux en force. Avant qu’il ne soit tard. Que s’est-il passé entre-temps ? Le préfet est-il au courant de la nouvelle tournure ? «Il est impossible que les autorités de la ville ignorent que les travaux ont repris sur ce site», tranche un riverain.

Lorsque la presse s’était saisie du dossier en avril dernier, certains anciens élèves du lycée du Manengouba avaient initié une action pour dénoncer la mafia qui est en train de déposséder leur ancien lycée de son précieux patrimoine foncier.

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