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Actualités Régionales of Friday, 10 September 2021

Source: La Nouvelle Expression

Mafia foncière: le Lycée du Manengouba dépiécé

Les chantiers sur le terrain pour l’instant ne sont que la face visible Les chantiers sur le terrain pour l’instant ne sont que la face visible

L’association des anciens élèves de ce lycée mythique de Nkongsamba vient de lancer une croisade contre les prédateurs qui sont en train de s’emparer du vaste patrimoine foncier de l’un des plus célèbres et plus anciens établissement publics d’enseignement secondaire du Cameroun.

Dans l’exploit de l’huissier que l’Association a commis pour constater l’action des prédateurs, on peut lire: que l’association a pu «constater que des personnes se sont permises de s’introduire dans l’enceinte du Lycée pour y ériger des maisons à usage d’habitation ou destinées à d’autres usages pour leur intérêts propres, au détriment des intérêts du Lycée pour lequel les anciens élèves ont des projets de développement; le lycée qui a fait d’eux–les hommes et femmes qu’ils sont devenus, afin que les plus jeunes puissent aussi être formés et devenir le Cameroun de demain»

Face à ce constat, des actions ont été engagées pour interrompre cette saignée du patrimoine foncier de ce lycée, relève l’exploit: «Lettre du Ministre des Enseignements secondaires adressée au Préfet du département du Moungo qui a pour objet «Affectation à titre de régularisation de la parcelle abritant les bâtiments du lycée du Manengouba» ; lettre du Préfet du Département du Moungo adressée au Sous-préfet de l’Arrondissement de Nkongsamba 2 en date du 15 avril 2021, demandant d’arrêter les travaux sur le site objet du titre foncier N°11465/Moungo appartenant à l’État du Cameroun ; lettre du délégué régional des enseignements secondaires à messieurs et mesdames les chefs d’établissements publics du Littoral en date du 24 mai 2021 ayant pour objet : «sécurisation foncière des sites des établissement secondaires général, technique et professionnel».

Que nonobstant toutes ces mesures, l’occupation de l’enceinte du Lycée du Manengouba persiste, et les travaux de construction sont toujours en cours, sur ce site qui est d’ailleurs l’objet d’un titre foncier».

En parcourant les alentours de l’établissement, l’huissier a justement constaté que «que sur tous les espaces n’abritant pas les salles de classe ainsi que les locaux administratifs, sont bâtis des immeubles et certains sont encore en chantiers.

Nous constatons la présence de maçons sur les chantiers comme en font foi les images, malgré les sommations d’arrêt des chantiers des autorités à l’endroit des maîtres d’ouvrages». Des informations introduites parlent d’une cinquantaine de lots déjà bradés à des personnalités des plus insoupçonnées de la ville, pourtant toutes chargées de veiller sur ce patrimoine de l’État.

La nouvelle Expression a appris que tous ces terrains sont cédés presque au franc symbolique, mais avec des lourdes commissions en dessous.

Depuis Quelques années justement, on constate que l’enceinte du Lycée, objet du titre foncier no 11465 /Moungo, qui n’a plus de clôture depuis une trentaine d’années, était progressivement occupée par des fondations sur lesquelles poussaient des édifices, à la grande stupéfaction des populations,, surtout de certains anciens élèves du Lycée du Manengouba.

L’action des prédateurs était tel que le préfet du Moungo, Dzana Yves Bertrand Noel, dans une lettre adressée au Sous-préfet de Nkongsamba 2eme le 15 avril 2021, avait décidé d’arrêter «le massacre»: «suite aux intrusions illégales de certaines personnes sur le site objet du titre foncier: no 11465 appartenant à l’État du Cameroun, j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir procéder à l’arrêt systématique de tous travaux entrepris sur ledit site jusqu’à nouvel ordre». La note du préfet qui instruisait l’arrêt des travaux n’avait visé que le titre foncier no 11465 qui correspond aux terres du Lycée du Manengouba.

Or, on sait que le domaine privé de l’État dont des particuliers se sont emparés illégalement dans le même secteur et qui n’entendent pas s’arrêter en chemin, concerne aussi le Lycée technique, l’école normale des instituteurs, l’école – primaire d’application.

Il y a trois mois, un fonctionnaire qui vit dans le secteur objet du litige tirait la sonnette d’alarme : «Si des mesures vigoureuses ne sont pas prises et dans l’urgence pour mettre fin à cette gabegie foncière, les établissement scolaires, les lycées qui sont situés sur ces terrains, n’auront même plus le moindre mètre carré pour leur extension qui est d’ailleurs rendu incontournable avec la pression de la démographie. Les chantiers sur le terrain pour l’instant ne sont que la face visible. C’est dans les documents que l’ampleur de la vaste mafia pourra être évaluée

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