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General News of Thursday, 29 April 2021

Source: Expression n°5454

Mafia à Nkongsamba : les terrains de l’Etat bradés

Le site est stratégique. Le site est stratégique.

Avec la complicité de certaines autorités corrompues, des particuliers ont acquis au franc symbolique de vastes terrains urbains stratégiques de l’Etat. Particulièrement au célèbre Lycée du Manengouba.

Le site est stratégique. Pour qui connait le lycée du Manengouba de Nkongsamba, il a dû remarquer que ce vieil établissement de très grande réputation a toujours impressionné par l’étendue de ses terres, dans un centre urbain où il n’y a pratiquement plus un seul m2 de terre à acquérir. Un ancien proviseur de cet établissement s’en inquiétait déjà il y a une vingtaine d’années: «je reçois beaucoup de pression de la part des opérateurs économiques qui sont très fascinés par les terrains inoccupés du Lycée. Si les pouvoirs publics n’y prennent garde, les hommes d’affaires véreux et des fonctionnaires corrompus finiront par dépecer le gros gibier que sont les terres encore libres de cet établissement ».

Depuis quelques années justement, on constate que l’enceinte du Lycée, objet du titre foncier no 11465 /Moungo, qui n’a plus de clôture depuis une trentaine d’années, est progressivement occupée par des fondations sur lesquelles poussent des édifices, à la grande stupéfaction des populations, particulièrement certains anciens élèves du Lycée du Manengouba. L’envahissement des prédateurs ces derniers temps était tel que Le préfet du Moungo, Dzana Yves Bertrand Noel, dans une lettre adressée au Sous-préfet de Nkongsamba 2eme le 15 avril dernier, a décidé d’arrêter «le massacre»: «suite aux intrusions illégales de certaines personnes sur le site objet du titre foncier no 11465 appartenant à l’Etat du Cameroun, j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir procéder à l’arrêt systématique dejous travaux entrepris sur le dit site jusqu’à nouvel ordre».



La note du préfet qui instruit l’arrêt des travaux, n’a visé que le titre foncier no 11465 qui correspond aux terres du Lycée du Manengouba. Or, on sait que le domaine privé de l’Etat dont des particuliers se sont emparés illégalement dans le même secteur et qui n’entendent pas s’arrêter en chemin, concerne le Lycée technique, l’école normale des instituteurs, l’école primaire d’application.



Le préfet devrait étendre cette mesure afin de s’assurer que les autres occupants illégaux sur d’autres sites ne sont pas en train d’accélérer leurs chantiers avant qu’il ne soit tard. Selon des informations, les propriétaires des différents chantiers ont été sommés de tout arrêter. Ce qui est d’ailleurs une réalité sur le terrain.


Un fonctionnaire qui vit dans le secteur objet du litige, tire la sonnette d’alarme: «Si des mesures vigoureuses ne sont pas prises et dans l’urgence pour mettre fin à cette gabegie foncière, les établissement scolaires, les lycées qui sont situés sur ces terrains, n’auront même plus le moindre mètre carré pour leur extension qui est d’ailleurs rendu incontournable avec la pression de la démographie. Les chantiers sur le terrain pour l’instant ne sont que la face visible. C’est dans les documents que l’ampleur de la vaste mafia pourra être évaluée». Selon des informations introduites, «les occupants illégaux ici se recrutent parmi des personnalités hors de soupçon, dont des autorités municipales, administratives, des autochtones comme allogènes, jeunes opérateurs économiques comme agents de l’Etat .»

Alors questions : comment de telles intrusions sur le domaine de l’Etat ont pu se passer sans que les services compétents, notamment la délégation des domaines du Cadastre et des affaires foncières n’aient pu rien voir ? Qui est à l’origine de la vaste braderie? Le préfet du Moungo aura t- il* les épaules suffisamment robustes pour-supporter la pression des pontes du régime qui sont derrière cette vaste mafia foncière? En tout cas, l’affaire des terres du Lycée du Manengoubba et environs promet bien des rebondissements.

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