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General News of Wednesday, 14 October 2020

Source: cameroun24.net

Médias: la journaliste Vagdaline Tonga raconte ses déboires sexuels avec les hommes

Notre consœur, directrice de publication du journal en ligne la Voix Du Koat, raconte ses déboires dans l'entreprenariat féminin au Cameroun.


Dur dur, l'entreprenariat féminin au Cameroun...

Depuis que je me suis lancée dans l'aventure solitaire de La Voix Du Koat, je ne compte plus les portes qui se ferment à moi. Il faut avoir des couilles pour ne pas se sentir pestiférée des fois. Avaler une noix de coco entière est plus aisée que d'obtenir un partenariat dans une entreprise. Au début on te dit de bosser d'avantage, de te faire un nom, d'avoir de milliers de lecteurs avant d'ester. Comme quoi, fait toi riche avant de revenir vers nous.

Bien sûr, avec la petite équipe qui m'a fait confiance, on bosse dur et la renommée s'écrit. Mais de retour dans les mêmes entreprises pour présenter tes performances, tu n'es plus reçue. Autour de moi, j'entends "tu es trop dure. Tu as les éléments de contrat sur toi, offre les pour quelques minutes et tu auras les millions... Tu penses que les autres femmes font le miracle?".

En face de toi, de jeunes confrères qui n’ont pas encore ta notoriété. Ils sont bien reçus, à la limite respectés par le service communication de la boîte. L’expérience, je la vis depuis des années et ce n’est pas aujourd’hui que ça va changer. Ce n’est pas du pessimisme, mais du réalisme. Les hommes ne voient pas en la femme, l’intelligence, le dévouement, le travail… La femme pour eux est uniquement un objet sexuel.

Pourquoi donner un contrat à une femme qui le mérite ? Ce n’est qu’une femme sapristi ! Si tu veux te donner cette gêne, au moins qu’elle t’accorde un soir ! Je dis tout haut ce que vous pensez bien bas messieurs. Ce mardi, moi Tonga, Directrice de Publication, chef d’entreprise, ai été rabrouée par un responsable du Pad, à l’occasion de la visite du Premier ministre. Dire qu’il a pesté à la présentation du média donc je suis propriétaire ! Ce n’est pas la couverture du siècle mon très cher, me suis-je dis.

Mais je vous assure, il faut avoir des couilles bien en place pour ne pas se sentir diminué. Je me dois de m’auto-motiver chaque fois pour ne pas baisser les bras. Dans les administrations la réalité ne change pas d’un iota. «Tu es camerounaise, tu rends un service public via ton média…et après ? Tu n’es qu’une femme, dégage». Malheur à toi si le responsable qui te reçoit a fait ses années dans la presse. Tu verras des vertes et des pas mûres, bien évidemment si à la place d’une queue, tu as un vagin. Le pire c’est que ce goujat qui te regarde de haut ne pourra jamais avoir les couilles de créer de la richesse.

Face à autant d’injustices, je confesse que je me suis dis un jour, «je suis camerounaise certes, mais je viens de quelque part. Je suis une digne fille du Nde. Je dois me tourner vers les aînés de chez moi pour qu’ils m’aident à grandir». Erreur !!! Un Homme de l’Ouest n’aide pas son frère à émerger. C’est tout le contraire qui est faisable.

Jusqu’ici, les orifices qui m’ont été ouverts viennent surtout de mes frères bassa, duala. Ils n’ont que foutre de ton origine de toutes les façons. Ils sont vrais. Je peux aussi compter sur la famille, le soutien moral mais très important de quelques amis et lecteurs. Je peux vous certifier que vous êtes mon catalyseur. Si l’entreprenariat est compliqué au Cameroun, l’entreprenariat féminin est une gageure. En fait, l’entreprenariat féminin est officieusement proscrit au Cameroun.
Dur Dur !!!

Vagdaline Tonga

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