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General News of Monday, 18 May 2020

Source: abkradio.com

Média : importante mise au point du fondateur d'ABK Radio


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« Que pouvions-nous apporter de plus dans cet écosystème ? Refaire de nouveaux plateaux avec des invités pour les entendre se couper la parole et « chuter » sans jamais rien laisser tomber à se mettre sous la dent ? NON ! »
Une mise au Point d’Alexandre Siewe, CEO ABK Radio.


Dans un pays comme le nôtre, où longtemps journalisme rimait souvent avec propagande et complaisance à l’égard du discours politique dominant (parti unique- pensée unique), il est bon pour un journaliste, qui veut bien faire son métier, d’accentuer son indépendance à l’égard du politique, afin de marquer la rupture par rapport au passé récent (même si cela n’est pas toujours facile). L’avènement du pluralisme s’est traduit chez nous par l’éclosion de plusieurs types de journalisme. Sur le champ politique est apparu, du moins à la radio et à la télévision, un format de débats politiques hérité du paysage audiovisuel français, avec un journaliste modérateur et plusieurs invités de diverses sensibilités qui ici, se crêpent le chignon.


Dans un pays comme le nôtre, où longtemps journalisme rimait souvent avec propagande et complaisance à l’égard du discours politique dominant (parti unique- pensée unique), il est bon pour un journaliste, qui veut bien faire son métier, d’accentuer son indépendance à l’égard du politique, afin de marquer la rupture par rapport au passé récent (même si cela n’est pas toujours facile). L’avènement du pluralisme s’est traduit chez nous par l’éclosion de plusieurs types de journalisme. Sur le champ politique est apparu, du moins à la radio et à la télévision, un format de débats politiques hérité du paysage audiovisuel français, avec un journaliste modérateur et plusieurs invités de diverses sensibilités qui ici, se crêpent le chignon.


Cette posture de modérateur permet d’atténuer la responsabilité énonciative du journaliste, qui se présente seulement comme le locuteur et non comme l’énonciateur du propos émis sur son plateau. Elle fonctionne, de ce point de vue, comme un bouclier défensif qui autorise à poser des questions conventionnelles, sans grande originalité en mettant par avance le journaliste à l’abri des contestations. C’est un choix fait par l’essentiel de nos confrères et ils le font très bien. Les dimanches et certains matins, des acteurs politiques croisent fer et opinions, assurant le show. Ils comblent ainsi les attentes que des auditeurs et téléspectateurs ont à l’égard des médias : les récepteurs veulent du spectacle, comme dans les joutes gladiateurs, on aime la sueur, le sang et les larmes… avec toute la virilité ou l’érotisme que ça dégage bien entendu.

Que pouvions-nous apporter de plus dans cet écosystème ? Refaire de nouveaux plateaux avec des invités de divers horizons pour les entendre se couper la parole et « chuter » sans jamais rien laisser tomber à se mettre sous la dent ? NON !


Dans un pays comme le nôtre, où longtemps journalisme rimait souvent avec propagande et complaisance à l’égard du discours politique dominant (parti unique- pensée unique), il est bon pour un journaliste, qui veut bien faire son métier, d’accentuer son indépendance à l’égard du politique, afin de marquer la rupture par rapport au passé récent (même si cela n’est pas toujours facile). L’avènement du pluralisme s’est traduit chez nous par l’éclosion de plusieurs types de journalisme. Sur le champ politique est apparu, du moins à la radio et à la télévision, un format de débats politiques hérité du paysage audiovisuel français, avec un journaliste modérateur et plusieurs invités de diverses sensibilités qui ici, se crêpent le chignon.


Cette posture de modérateur permet d’atténuer la responsabilité énonciative du journaliste, qui se présente seulement comme le locuteur et non comme l’énonciateur du propos émis sur son plateau. Elle fonctionne, de ce point de vue, comme un bouclier défensif qui autorise à poser des questions conventionnelles, sans grande originalité en mettant par avance le journaliste à l’abri des contestations. C’est un choix fait par l’essentiel de nos confrères et ils le font très bien. Les dimanches et certains matins, des acteurs politiques croisent fer et opinions, assurant le show. Ils comblent ainsi les attentes que des auditeurs et téléspectateurs ont à l’égard des médias : les récepteurs veulent du spectacle, comme dans les joutes gladiateurs, on aime la sueur, le sang et les larmes… avec toute la virilité ou l’érotisme que ça dégage bien entendu.

les récepteurs veulent du spectacle, comme dans les joutes gladiateurs, on aime la sueur, le sang et les larmes… avec toute la virilité ou l’érotisme que ça dégage bien entendu.

Que pouvions-nous apporter de plus dans cet écosystème ? Refaire de nouveaux plateaux avec des invités de divers horizons pour les entendre se couper la parole et « chuter » sans jamais rien laisser tomber à se mettre sous la dent ? NON !





La question accusatrice

Dans ce champ médiatique riche, il a fallu qu’ABK Radio crée un avantage concurrentiel qui soit un marqueur fort de son identité. L’interview politique ou les sujets sociopolitiques ne seront pas abordés sur ABK Radio sous forme de débats. Chaque invité sera appelé à s’exprimer seul face à notre journaliste. A l’interview classique, nous avons néanmoins ajouté le concept de la « question accusatrice ». Point à la barre !

La question accusatrice est une question particulièrement posée sans ménagement ni complaisance aucune, à l’égard de l’homme politique. Cette question se signale par deux caractéristiques : (i) elle rapporte, de différentes manières, un propos tenu antérieurement par un autre locuteur, appartenant le plus souvent à la sphère publique, ou par l’invité lui-même. Ce propos rapporté est presque toujours intrusif, infirmatif, voire franchement polémique (Devil’s Advocate approach interview), ce qui donne à la question un tour offensif.

Sur ABK Radio, à la place du contradicteur, notre journaliste se pose en médiateur : à travers lui, c’est les différentes sensibilités du peuple, de l’opinion publique qui interrogent et demandent de rendre des comptes, au nom de la vérité et de l’intérêt commun. Le journaliste investi d’une telle mission n’a pas peur de s’exposer, afin de faire éclater la vérité. L’interaction peut vite prendre implicitement la tournure d’un réquisitoire (interrogatoire), avec le journaliste dans le rôle du procureur (juge ou de policier) et l’invité politique dans celui de l’accusé ou du témoin, contre toute règle de politesse conversationnelle (Brown et Levinson, Politeness Theory, 1987). C’est la règle du jeu.

Notre conception du métier bien fait veut que le journaliste pose des questions embarrassantes, intrusives, dont fait partie la question accusatrice. L’intervieweur remplit bien son rôle – au double regard de l’éthique journalistique, et des exigences médiatiques de l’audimat – s’il pose les questions qui font mal (interpellent), qui cassent la langue de bois, déstabilisent l’interviewé politique et font (dans le but de faire) surgir la vérité.

C’est la raison pour laquelle les questions journalistiques sur ABK Radio s’inspirent parfois de techniques d’interrogatoire policier ou juridique décrites dans les ouvrages spécialisés. A ce propos, Sauvé (2009 : 18) définit de la manière suivante le rôle de l’intervieweur « il doit soulever les contradictions et souligner les omissions, relever les incohérences et signaler les mensonges sans jamais accuser son interlocuteur ».

Précisons pour terminer que ce type de pratique reste rare dans notre espace et même ailleurs, et elle semble être soumise à des variations culturelles. Notre culture bilingue nous y prédispose. Et sur ABK Radio nous sommes conscients de la sensibilité de l’approche et des risques d’incompréhension. Nous assumons ce risque qui est le moindre mal dans le climat monochrome de nos débats politiques, et sommes ravis que pour l’essentiel, nos invités jouent le jeu et nous accompagnent dans cet essai de pédagogie dont l’objectif, le rêve est l’avènement d’un journalisme digne de ce nom. En toute humilité.

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