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Actualités of Monday, 6 September 2021

Source: LA NOUVELLE

Los Angeles - Vacances aux Bahamas: comment les Israëliens ont 'trahi' Cyrus Ngo'o

Les ambitions d’Eran Moas semblent avoir dépassé les limites de ses attributions au sein du Bir Les ambitions d’Eran Moas semblent avoir dépassé les limites de ses attributions au sein du Bir

L’affaire semble surtout lucrative pour ceux qui se trouvent en haut de l’échelle. Notre enquête montre qu’Eran Moas a acquis des biens immobiliers à New York, Los Angeles, Haïfa et Yaoundé – pour la plupart rubis sur l’ongle – pour une valeur totale d’au moins 32 millions de dollars (26 millions d’euros). L’Israélien mène par ailleurs grand train : en mai 2015, il a acheté trois billets à 5 000 dollars (4 100 euros) pour le match [de boxe] opposant [l’Américain] Mayweather au [Philippin] Pacquiao, et son épouse a été aperçue portant au poignet une Rolex sertie de diamants d’une valeur de 60000 dollars (50 000 euros).

Les placements connus d’Eran Moas dans l’immobilier commencent en 2010 avec l’achat, pour 1,6 million de dollars (1,3 million d’euros), d’une villa à Los Angeles, avec piscine, vue imprenable sur la ville et salle de cinéma privée. Il la revend 2,7 millions de dollars (2,2 millions d’euros) en 2014. En juillet 2015, il achète un appartement à New York au 49e étage d’un gratteciel en verre sur le Billionaires’ Row [la 57e Rue, surnommée »] – pour 20 millions de dollars (16,7 millions d’euros), par l’intermédiaire d’une société écran. L’objectif est sans doute de garder le secret sur cette acquisition, mais le nom de Moas apparaît sur les déclarations de revenus de la société qu’African Arguments a pu obtenir grâce à une demande déposée au titre de la loi sur la liberté d’accès à l’information.

L’année suivante, Eran Moas débourse 12 millions de dollars (10 millions d’euros) pour une villa à Hidden Hills, un complexe résidentiel sécurisé de Los Angeles, selon Dirt.com. Cette propriété a, elle aussi, été acquise par l’intermédiaire d’une société écran dont l’adresse est « c/o Kohli & Partner », un cabinet d’avocats suisse dont on sait, depuis les Paradise Papers [révélation d’informations sur des sociétés offshore à partir de la fuite de documents confidentiels, en 2017], qu’il a plusieurs clients à la réputation douteuse. Aucune de ces acquisitions ne semble avoir véritablement fait de trou dans le budget familial. La même année, les Moas vont séjourner aux Bahamas dans une villa de l’Ocean Club, [un complexe hôtelier du groupe] Four Seasons, à près de 20 000 dollars (16 500 euros) la nuit. Ils y retourneront l’année suivante.

DES SOCIÉTÉS AU PANAMA

Plus récemment, les ambitions d’Eran Moas semblent avoir dépassé les limites de ses attributions au sein du Bir. En avril 2018, une mystérieuse société du nom de Portsec SA décroche un contrat de 43 millions de dollars (36 millions d’euros) pour la sécurisation du port de Douala. La société est enregistrée au Panama, un pays réputé pour son secret, et aucun propriétaire n’est mentionné sur le site Web. Mais, selon deux de nos sources, c’est Moas qui est derrière ce contrat. D’après un document qu’a pu se procurer l’activiste camerounais Boris Bertolt, Portsec a décroché le contrat grâce à un « appel d’offres spécial » du bureau du président. Le document n’est pas très lisible, mais on peut tout de même déchiffrer l’adresse, « c/o Kohli & Partner », soit le même cabinet d’avocats dont Moas s’est servi pour acheter sa villa de Los Angeles. Nous ne sommes pas parvenus à établir un lien direct entre les intérêts d’Eran Moas au Cameroun et ses acquisitions immobilières, mais il ne semble pas avoir d’autres sources importantes de revenus. Joint sur son téléphone portable au Cameroun, il nous raccroche au nez dès que nous nous présentons ; il ne répondra pas non plus aux questions que nous lui posons sur WhatsApp. Le port de Douala et le cabinet Kohli & Partner ne donneront pas davantage suite à nos questions répétées.

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