Vous-êtes ici: AccueilInfos2020 06 04Article 517984

General News of Thursday, 4 June 2020

Source: Reperes N°856

Logique insurrectionnelle : Maurice Kamto lance une nouvelle offensive


Pandémie Coronavirus au Cameroun : Lisez toute l’actualité ici →

Dans un message diffusé le 1er juin dans les réseaux sociaux, le président du MRC Maurice Kamto persiste et signe
Pour cette autre prise de parole, Maurice Kamto n’avait aucun prétexte: Rien, a priori, n’incitait le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) à s’adresser aux Camerounais le 1er juin à travers les réseaux. Dans son message, le perdant de la présidentielle du 8 octobre 2018 a convoqué la thèse d’une succession de gré à gré à la présidence de la République que certains de ses partisans, en l’occurrence Franklin Nyamsi, agitent ces derniers temps.

Sans être précis, le président du MRC soutient pourtant que « les choses se précisent. Les artisans du gré à gré sont plus que jamais à l’œuvre ». Il soupçonne ces derniers de vouloir «accélérer le cours de l’histoire à leurs fins, au mépris de toutes les règles démocratiques de dévolution du pouvoir ».

Comme pour donner raison à ceux qui pointent la logique insurrectionnelle de sa démarche, Maurice Kamto envisage d’ores et déjà une mobilisation « contre l’organisation de nouvelles élections populaires au Cameroun sans que soient remplis les deux préalables que sont la résolution du conflit armé dans le Nord-ouest et le Sud-Ouest et la réforme consensuelle du système électoral ». Pourtant, les prochaines élections présidentielle, législatives et municipales n’auront lieu qu’en 2025.



Trajectoire parsemée d’actes insurrectionnels Mieux, il invite ses fans à se tenir prêts «afin qu’ensemble nous engagions la phase ultime de la lutte contre pour la libération du Cameroun ». Pour l’observateur, il est loisible de noter que le parcours politique du président du MRC, au cours des deux dernières années, est parsemé d’actes de défiance et insurrectionnels. Le premier épisode de cet acte s’écrit dès le lendemain de l’élection présidentielle du 8 octobre 2018.

Ce jour-là en effet, prenant pratiquement toute l’opinion de court, le candidat du MRC s’autoproclame vainqueur de l’élection. Sa stratégie, apparemment peaufinée de longue, le conduit à inviter le président sortant à lui passer le pouvoir, contre la garantie de sa sécurité et de celle de sa famille. Et quand le Conseil constitutionnel proclame la réélection de Paul Biya, celui qui professait en 2004 que les décisions de cette instance s’apparentent à des dogmes se renie pour lancer un plan de résistance national bâti autour du « non au hold-up”.

Depuis lors, Maurice Kamto n’a plus eu de cesse de défier ceux qui incarnent les institutions républicaines. Un séjour pendant neuf mois à la prison centrale de Yaoundé et sa libération par le président de la République ne le décident pas à revoir sa stratégie. Au contraire. Sous le prétexte d’une mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19 par le gouvernement, le 3 avril Maurice Kamto engage le président de la République « sous sept jours à s’adresser aux Camerounais, lui-même, pour leur dire quelle est sa riposte contre le Covid-19». Il s’arroge le droit d’appeler les Camerounais « à s’auto-or-ganiser », sans dire pour quelle fin, si Paul Biya ne répond pas à « cette injonction».

Injonction
Pour Jaques Fame Ndongo, secrétaire à la communication du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), il s’agit là d’un «stratagème insurrectionnel ». D’autant plus le président du MRC termine ainsi son propos : «Si, dans les 7 jours suivant la publication de la présente déclaration le président de facto du Cameroun n’avait pas donné une preuve physique de ce que c’est bien lui qui est aux commandes de l’État (… ), je me réserve le droit d’appeler à de mesures plus radicales ».

Pas à une contradiction près, le président du MRC appelle ses partisans à s’inscrire massivement sur les listes électorales. Une démarche qu’il assimile à « un appel à la mobilisation générale des Camerounais de tous bords, pour sortir notre pays de la nuit d’une dictature ivre du pouvoir et du fruit de la rapine ».

Un analyste politique se convainc qu’en réalité, la sortie du lundi de Maurice Kamto s’adressait avant tout sa famille politique, minée ces derniers jours par des guerres intestines. Il cite par exemple la rupture de ban de militants tels Célestin Dja-men ou Michèle Ndoki, qui soutiennent ouvertement qu’il est désormais temps d’abandonner le plan de résistance adossé « Non au hold-up” pour passer à autre chose.

Baroud d’honneur
« Le président du MRC a pris ses propres militants au dépourvu en décidant au dernier moment du boycott des élections législatives et municipales du 9 février 2020. Du coup, l’horizon politique s’est obscurci pour certains, qui auront sans doute quitté la barque si cette décision avait été prise plus tôt », croit savoir un acteur politique. Pour ces déçus, l’attente va durer cinq ans avant les prochaines élections.

Or, pour notre analyste politique, « toute traversée du désert engendre des crises de foi chez les fidèles, les amenant à se détourner du guide, pour embrasser de nouvelles idoles…. Comme les Israélites du temps de Moise avec le Veau d’or ! »



Ce dernier est convaincu que « pour se prémunir de cela, l’entrepreneur politique est alors obligé, pour garder ses troupes, de bâtir et de renforcer la figure de l’ennemi, tout en faisant savoir à ses militants que la victoire est non seulement certaine, mais aussi toute proche. A condition de rester soudés et mobilisés ! »

Une manière de soutenir que le discours de Maurice Kamto du 1er juin constitue un baroud d’honneur d’un acteur pris dans les tourments de ses propres turpitudes. Qui a semé les germes de la démobilisation dans son propre camp.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Join our Newsletter