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General News of Sunday, 16 August 2020

Source: Actu Cameroun

' Les terres Ekang appartiennent aux Ekang et non à l’Etat'

L’analyste explique que l’affaire des terres dans ce département logé dans le Sud, n’est pas un problème tribal, mais un problème de procédure. Voici son analyse publié ce samedi 15 août 2020 :

Certains individus se sont scandalisé partout que les Ekang ont refusé la Vallée du Ntem au motif que le promoteur est Bamileke. C’est un non-sens absolu ! Les Bamileke achètent massivement des terres en territoire Ekang et exploitent ces terres sans le moindre problème. Mais ces Bamileke font une chose : ils voient les légitimes propriétaires, négocient le prix et exploitent leurs terres sans problème. Lisez ces deux textes :

Texte 1 : Auriol Mbakop est un producteur d’ananas reconnu au Cameroun. Ses ananas, sont vendus dans plusieurs villes du pays et exportés à l‘étranger. Toute sa production est contenue sur une centaine d’hectares de terrains, qu’il loue aux villageois de Nkolguen dans la ville d’Awae, dans la région du Centre du Cameroun. Cependant, ces dernières années, son business n’est plus rentable.

Texte 2 : Kouam Jean-Baptiste exploite 200 hectares d’ananas à Awae. On peut en citer des centaines d’exemples de Bamileke installés sur le territoire Ekang depuis des décennies, sans le moindre problème.



Ces accusations viennent d’où ?

Mais ce qui est absolument inacceptable, c’est qu’au lieu de négocier avec les légitimes propriétaires des terres Ekang qui sont les Ekang, M. NAOSSI a tenté d’instrumentaliser la puissance publique pour s’approprier ces terres, soi-disant au motif que l’Etat est propriétaire des terres!

Les terres Ekang appartiennent à l’Etat du Cameroun depuis quand ? C’est l’Etat qui les leur a données ? Quand les Ekang, plus connus anthropologiquement sous le nom de Pahouins, acquéraient ces terres à coup de javelots et de machettes, l’Etat du Cameroun était là ?

C’est aujourd’hui qu’il viendra s’en approprier pour les distribuer à qui il veut, au nom de la loi ! Parce que des gens vêtues en costumes comme des criquets pèlerins sont partis à l’Assemblée écrire des conneries sur les terres des Communautés que n’importe quel quidam peut venir oblitérer les sacrifices sanglants des ancêtres pour préserver des terres à leurs descendants et s’en approprier sur tapis vert?


Enfer et damnation !
Quelle loi, bon Dieu ! Quelle loi peut prendre les terres Ekang pour les distribuer aux Bamileke ? Cette loi vient d’où et elle va s’appliquer où et comment ? L’Etat unitaire doit faire très attention aux Communautés ! Il prétend représenter le peuple, mais il ne représente aucun peuple ! C’est une bande de 350.000 individus, sous l’autorité d’un patron appelé Président de la République, et dont les missions sont de s’occuper des missions collectives.

Point final !
Il n’est rien d’autre que cela et n’a aucun droit sur les propriétés des Communautés datant d’avant la création du Cameroun. C’est une ligne rouge qu’il ne doit jamais franchir ! Le droit qu’on lui concède d’affecter des terres pour des missions de développement ne peut, sous quelque forme que ce soit, oblitérer la propriété inaliénable des terres des communautés et aucune loi dans ce sens n’a aucune valeur.

Les Ekang ne pouvaient pas accepter et n’accepteront jamais un précédent dangereux, où l’Etat se permet de distribuer leurs terres sans leur avis, créant ainsi un dangereux précédent qui justifierait une spéculative « réforme agraire » chère à Kamto, laquelle consiste à compenser les forêts densités de l’Ouest en lorgnant sur les terres des autres.

Il faut le dire de manière claire et définitive : il n’y aura jamais de réforme agraire au Cameroun en vue de redistribuer les densités en créant des colonies tribales ! Il y aura jamais un jour où, de manière ouverte ou subreptice, la puissance publique ira chez les Bassa, les Bulu, les Tikar, les Mboum, les Makia ou les Baya pour leur dire : « Puisque vous avez trop de terres, donnez-une partie à ceux-ci qui n’en ont pas assez » ! »

Une telle puissance publique n’existe pas et n’existera jamais au Cameroun ! Le Bamileke qui veut une terre chez les Ekang doit prendre ses pieds et son argent et venir discuter avec les légitimes propriétaires, autrement dit, les populations riveraines et ceci, sans voir le bout du nez de l’Etat unitaire et de ses agents.

Quand les deux parties tombent d’accord, le promoteur Bamileke paie l’argent et les chèvres qui accompagnent ce genre de transactions. Il entre alors en possession définitive de sa terre et personne ne peut l’en exproprier. Ce n’est donc qu’après qu’il peut aller entériner la vente auprès de l’Etat qui lui donne les papiers officiels.

Cela signifie en clair que l’accord des légitimes propriétaires doit être préalable, l’Etat venant tout simplement entériner la transaction volontaire. Ceux qui s’imaginent qu’ils peuvent soudoyer les sous-préfets et les fonctionnaires du MINCAFF pour prendre les terres chez les Ekang en récitant la loi le font à leurs risques et périls !

Celui qui veut la terre sur le territoire Ekang doit avoir une chose en tête : les terres Ekang appartiennent aux Ekang et non à l’Etat ! L’Etat n’est qu’un régulateur et un témoin. En dehors des terres sur lesquelles lui-même a un titre foncier régulier, aucune autre terre ne lui appartient chez les Ekang. Celui qui n’a pas ça en tête est un fou !

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