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General News of Thursday, 9 July 2020

Source: Actu Cameroun

Les pénuries d’eau et les délestages plombent le développement de Ngaoundal


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La région de l’Adamaoua est communément appelée la région «château d’eau» du Cameroun parce que nombre de cours d’eau y prennent leur source avant de s’écouler sur le triangle national. Mais sur le plan pratique, la réalité est toute une autre. A Ngaôundal, dans le département du Djerem, l’offre en eau est largement inférieure à la demande.

'Le véritable problème que nous avons ici à Ngaoundal c’est le problème de l’eau. Ici l’eau c’est le diamant. Les gens se sont battus pour creuser les puits un peu partout dans les quartiers, mais quelques mois après, ces puits tarissent surtout en saison sèche. Nous entant que restauratrice, cela impact sur notre rendement. Nous faisons des réserves dans des fûts mais à la fin c’est insuffisant parce qu’il faut non seulement préparer, mais aussi faire la vaisselle, essuyer le sol et prévoir une quantité d’eau pour que les clients se lavent les mains', témoigne madame Germaine Njikam, restauratrice à Ngaoundal.

A côté de cette pénurie d’eau, se greffe celui de l’absence en énergie électrique. «Pour la lumière, nous ne l’avons pas de manière permanente. On peut avoir la lumière dans ce quartier aujourd’hui et demain nous serons dans le noir car il faudra desservir aussi d’autres secteurs. Ou alors, vous pouvez avoir la lumière pendant toute la journée et à minuit on coupe pour ramener cela aux environs de 7h de matin. Les conséquences sont partout. Vous savez que sur le plan scolaire, il y a des élèves qui aiment bien étudier la nuit parce que c’est calme, et lorsqu’ils n’ont pas de lumière cela devient compliqué. Nous étions obligés d’acheter un groupe électrogène pour palier au problème de lumière, car nous ne partons pas d’ici avant minuit. Nous recevons tous ceux qui arrivent ‘et qui partent de Ngaoundal», raconte Germaine Njikam, tenancière d’un restaurant

En réalité, pour satisfaire cette forte demande en eau, la population de Ngaoundal a besoin de 500m3 d’eau par jour. Or, en l’état actuel des choses, c’est seulement 110m3 d’eau qui sont servis au quotidien soit un gap de 390m3 par jour. Un problème que veut résoudre l’actuel maire du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) de la commune de Ngaoundal, Mohaman Sani. L’ancien de la maison revient dans un lieu qu’il connaît bien.

'En 2007, lorsque nous étions là, nous avons construit un château d’eau d’une capacité de b0m3. Celui qui m’a remplacé et que je viens également de remplacer a construit sous son actif un autre château d’eau d’une capacité de 50 m3. Donc aujourd’hui nous distribuons 110 m3 d’eau par jour qui sont insuffisants pour notre population, car elle a besoin de 500 m3. Nous avons un déficit énorme. Il nous faut chercher des financements, faire des projets matures pour pouvoir augmenter la capacité d’eau potable dans la ville de Ngaôundal. Pour ce faire, le délégué départemental de l’eau et de l’énergie et moi, avions pensé qu’il faut faire un autre château. Nous avons d’ailleurs rendez-vous ces jours-ci. Nous allons voir avec le fleuve Djérem qui est à peine à 25 km de Ngaoundal, comment faire donc un système de captage avec l’aide de notre tutelle le Mindevel, nos partenaires comme le Feicom et le Pndp, pour construire et multiplier d’autres châteaux. Ceci dans le seul but de servir de l’eau potable à toute la population», explique le maire Mohamadou Sani.

Mais en attendant, d’autres projets à l’instar du Projet du développement de l’élevage (Prodel), soulage les souffrances d’une bonne partie de la population. Pour ce faire, le Prodel a lancé la construction de trois forages avec abreuvoirs répartis à Ngaôundal gare, dans les villages Bêla Foukou et Danfili. Dans chaque forage on y trouvera trois abreuvoirs pour les animaux d’une capacité de 200m3 d’eau chacune et de quelques mètres plus loin, un point d’eau avec des robinets pour la population riveraine. Tout ce système sera électrifié par l’énergie solaire.

«Ce projet a trois volets. Il y a d’abord l’eau qui va servir aux animaux qui sont autour, car nous sommes dans une zone de pâturage ici. Cette même eau sera bénéfique pour les populations riveraines, car nous avons placé une borne d’eau pour ces populations. En même temps, les agriculteurs vont aussi profiter de ce projet, car nous allons creuser une fosse où nous allons mettre les excréments des animaux qui viendront s’abreuver afin d’avoir du compost pour les agriculteurs. Actuellement, il ne manque que la mise en place des plaques solaire pour que ces forages fonctionnent», relate lya Issa, premier adjoint au maire de Ngaoundal.

Ainsi, en attendant l’opérationnalisation de ces forages, les ménagères se battent comme elles peuvent. «C’est dans cette rivière que nous trempons le manioc pour en faire la farine du couscous. C’est toujours ici que nous lavons nos habits car il manque d’eau. Pour nous cette rivière est bien en saison sèche malgré le fait qu’elle tarie. Pendant la saison pluvieuse, lorsqu’il y a une forte pluie, ça emporte tout le manioc que vous avez trempé», fait savoir, une ménagère à Ngaoundal.

Aussi, le problème de la lumière est pratiquement résolu sur le plan matériel. Après avoir passé trois bonnes années sans lumière, les populations sortent peu à peu du noir. «Vous êtes sans ignorer que pour le problème d’électricité, Ngaoundal est restée dans l’obscurité pendant ces trois dernières années. Maintenant, des efforts ont été faits, car à la veille des élections il y a eu un groupe neuf et ce grâce à l’intervention de notre élite Mohamadou Saoudi l’actuel secrétaire général du Minpostel. Par la suite, nous avons eu un deuxième groupe. Maintenant, avec ces deux groupes, nous avons la. lumière de 7h à 24h, c’est dire que ce problème est en train de se résoudre. Maintenant te problème que nous avons c’est celui du gasoil et non plus un problème de groupe», rassure le maire Mohamadou Sani.

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