Vous-êtes ici: AccueilInfos2020 05 30Article 516730

Crime & Punishment of Saturday, 30 May 2020

Source: camerounweb.com

Les militaires exécutent 04 civils non-armés à Buéa


Pandémie Coronavirus au Cameroun : Lisez toute l’actualité ici →

Le Centre pour les droits de l'homme et la démocratie en Afrique, CHRDA, a condamné jeudi «l'exécution extrajudiciaire de quatre jeunes hommes non armés par les forces de défense et de sécurité de l'État à Buea, dans la région du Sud-Ouest».
Selon l'organisation fondée par l'avocat des droits humains Felix Agbor Anyior Nkongho alias Agbor Balla, dans une dépêche publiée ce vendredi, «le jeudi 28 mai 2020, l'armée de l'État a mené un raid offensif autour du quartier d'Upper Bonduma, situé à Buea, le chef-lieu de la région du Sud-Ouest, ce qui a conduit au meurtre de quatre jeunes hommes non armés. »

L'incident s'est produit dans un bâtiment inachevé, où les jeunes hommes ont été "prétendument surpris en train de fumer de l'herbe avant d'être exécutés par les militaires". L'organisation des droits de l'homme cite ses sources comme disant que «le bâtiment a été perquisitionné par l'armée et des voix ont été entendues de jeunes hommes pleurant sous peine de coups pendant près de 45 minutes avant d'entendre des coups de feu».

L'accès à la scène du crime, déclare le communiqué, a été restreint pour les habitants. «Mais après la visite des autorités administratives de Buea, les cadavres des victimes ont été emmenés à la morgue. Quelques journalistes des médias locaux, qui ont visité le bâtiment, racontent qu’apparemment aucune arme n’a été trouvée dans le bâtiment, sauf que le bâtiment semble être un hôte pour les consommateurs de marijuana. Il est également allégué qu'une personne a survécu à la fusillade et a été emmenée par l'armée vers une destination non divulguée. »

La CHRDA condamne l'acte de jeudi dans les termes les plus fermes car il s'agit d'une violation flagrante des droits de l'homme. Les exécutions extrajudiciaires, dit-il, contrastent fortement avec les droits fondamentaux protégés par la constitution du Cameroun et tous les instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme ainsi que le Code de procédure pénale. "Tous ces instruments proclament le droit à la vie, le droit à un procès équitable ainsi que la présomption d'innocence qui est garantie à un suspect même lorsqu'il est pris en flagrant délit."

Le CHRDA recommande une enquête immédiate sur les meurtres sommaires de jeudi afin de donner à l'État de droit une chance de l'emporter sur l'impunité.

Alors que les autorités gardent les lèvres scellées, CHRDA rappelle l'exécution du 30 juillet 2018 de cinq jeunes hommes dans la ville de Bakweri ainsi que les meurtres du 27 septembre 2018 dans la ville de Buea, toutes les localités de Buea.

CHRDA rappelle: «Ce n'est pas le premier cas d'exécutions arbitraires à Buea dans le contexte de la crise anglophone. Lundi 30 juillet 2018, cinq (5) jeunes hommes de la localité de Bakweri, ont été massacrés dans des circonstances similaires. De même, le jeudi 27 septembre 2018, l'armée (BIR) a ciblé et tué sept (7) civils non armés identifiés dans un complexe de la rue Ikundi dans le quartier Babuti de la ville de Buea.

«Aucun de ces cas n'a jamais fait l'objet d'une enquête malgré les appels des défenseurs des droits humains locaux et internationaux, mais de tels incidents continuent de se répéter même au milieu de la pandémie de COVID-19. La CHRDA appelle le gouvernement du Cameroun à enquêter sur ces assassinats ciblés commis par les Forces de défense et de sécurité et à mettre fin à cette impunité contre les civils non armés. »

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Join our Newsletter