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Actualités of Sunday, 7 March 2021

Source: actucameroun.com

'Les femmes ont tant d’amour maternel à donner'

Le premier Secrétaire du peuple uni pour la rénovation sociale (Purs) vient de publier un texte sur le droit à l’enfant, droit étendu à l’adoption, égalité des choix pour toutes.


Pour ce 8 mars 2021, je souhaite mettre l’éclairage sur un problème, une injustice légale qui pèse sur certains couples dans notre pays mais dont les femmes sont les premières victimes.


Au Cameroun comme dans de nombreux pays du monde, l’un des principaux combats des femmes a été de reprendre le contrôle de leur corps et de leur fécondité, notamment au travers de l’accès à la contraception et par l’éducation sexuelle des jeunes filles. Des progrès importants ont été réalisés, même si, dans certaines régions, la situation reste préoccupante et que, ici ou là, pour des jeunes femmes camerounaises, ce droit élémentaire de pouvoir librement choisir seules ou avec leur époux ou compagnon le moment pour devenir mère, reste à conquérir.


A ce propos, il y aurait largement à remettre en question la notion de libre consentement dans le cas des mariages arrangés de très jeunes filles, comme cela, hélas, se pratique encore dans des zones arriérées du Pays. Il y a donc des efforts à poursuivre, restons ensembles hommes et femmes déterminés et unis dans ce combat pour que la femme dispose de son corps.


Mais l’injustice que je souhaite particulièrement dénoncer pour cette journée de la femme 2021 et qui préside de cette même démarche de choisir d’être mère, c’est l’accès à la parentalité au travers de l’adoption.


Un accès permis aux seules « personnes de l’un ou l’autre sexe, âgées de plus de 40ans » selon les dispositions de l’article 345 du code civil camerounais. Ceci dit d’après les termes de cet article, l’adoption « toutefois, peut être demandée conjointement par des époux non séparés de corps dont l’un au moins est âgé de plus de trente-cinq ans s’ils sont mariés depuis plus de dix (10) ans et n’ont pas eu d’enfants de leur mariage ».


Aujourd’hui, la loi Camerounaise dénie le droit à l’enfant choisi à certaines catégories de femmes. D’un côté, il y a les aléas de la vie, qui jettent, dès leur plus jeune âge, des orphelins ou des enfants abandonnés, dans une vie de dénuement, les livrant parfois même directement à la saleté et aux mille dangers de la rue, et d’un autre côté il y a des couples ou simplement des femmes de moins de 30ans n’ayant pas eu la chance d’enfanter ou prêts à accueillir un nouveau membre dans leur famille et que l’on prive de la joie de pouvoir offrir une vie meilleure aux bambins malheureux. Oui la loi doit évoluer!


Mais en quoi, diront certains, ce droit à l’égalité des choix serait une conquête plus importante pour les femmes de notre pays, que pour leur compagnon ou époux? Les réponses sont simples.


Oui naturellement, une adoption est un choix et un désir partagé. Mais l’instinct maternel est souvent le plus fort et la vie sans possibilité d’avoir d’enfant, dans une majorité des cas pèse, avant tout sur les femmes.
D’autre part lorsqu’un couple ne peut pas enfanter (certains choisissent de ne pas avoir d’enfant c’est leur choix), notre société avec le poids de ses traditions indexe rapidement l’infertilité de la femme, et une pression s’exerce sur l’homme et souvent de sa plus proche famille pour qu’il quitte cette union sans enfants. Peu importe d’ailleurs si la stérilité est due à l’homme. La possibilité d’adopter permettrait d’offrir le bonheur de la parentalité à des femmes et des hommes.


Cela éviterait les drames de ruptures qui dévastent bien des couples au Cameroun mais qui brisent avant tout l’existence de femmes, abandonnées par leur conjoint et vouées au jugement perpétuel de la société.
Bien entendu, le droit des enfants doit être aussi respecté, les capacités des familles d’accueil doivent être mesurées et un suivi dans le temps doit être effectué par des services sociaux afin de ne pas créer les petites cendrillons ou les petits esclaves de demain.


Des femmes ont tant d’amour maternel à donner et des enfants sont si seuls pour affronter leur vie qui commence si mal, que l’adoption plus qu’un droit nécessaire, constitue une forme indiscutable d’humanité que notre loi doit permettre d’étendre au plus grand nombre.


Cette avancée sera une immense respiration pour de nombreux couples et surtout pour des épouses et des compagnes qui veulent continuer avec l’être aimé le chemin commun de leur vie mais aussi pour ces femmes qui ont choisi de vivre seules.


Pouvoir adopter c’est une fierté et une dignité retrouvée pour des milliers de Camerounaises. Notre loi doit évoluer, l’adoption doit être accessible à toutes et à tous!