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Infos Business of Wednesday, 19 May 2021

Source: Le Jour

Les entreprises privées mobilisent 700 millions pour la reconstruction du Noso

Le PM s’est dit grandement satisfait des échanges du jour Le PM s’est dit grandement satisfait des échanges du jour

En visite au Gicam, hier 18 mai 2021, pour une réunion d’appropriation par le secteur privé du plan présidentiel de reconstruction et de développement des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le Premier ministre Joseph Dion est reparti avec de belles promesse et une « petite » cagnotte.

Est-ce un succès ou un échec ? Comment donc qualifier la descente très courue du Premier ministre chef du gouvernement, Chief Joseph Dion Ngute, hier 18 mai 2021 au siège du Groupement inter patronal (Gicam), à Douala. Un flop ? Une réussite ? Peut-être les deux à la fois tant la rencontre qualifiée « d’historique » par le très volontariste président du Gicam, Célestin Tawamba affiche un bilan plutôt mitigé. Comme une symphonie inachevée qui a d’abord laissé s’échapper des notes harmonieuses entre un Premier ministre toujours aussi affable et chaleureux et surtout « très apprécié du monde des affaires » (Tawamba) et des entrepreneurs qui se sont pressés pour répondre à cet appel. « Jamais en 64 années d’existence, le Gicam n’avait été honoré de la visite du Chef du Gouvernement de notre pays dans les locaux abritant son siège », s’est enthousiasmé Tawamba dans son propos de bienvenue, bien conscient de marquer un point déterminant après le rendez-vous manqué avec le ministre de la Justice, Laurent Esso, qui s’était débiné la veille d’une visite annoncée au siège de l’organisation patronale.

Perplexité et scepticisme

Là réside donc la réussite de cette initiative inédite. Tout un premier ministre qui se déporte au Gicam, ça ne s’était jamais vu. En homme d’affaires avisé, Célestin Tawamba n’avait cependant pas prévu de tresser des couronnes de louanges à son illustre convive pendant toute la journée. Passées les civilités, il a donc mis les pieds dans le plat. Le secteur privé contribue pour 40% du budget de l’Etat et entend se faire respecter. « En me demandant de signifier leur soutien aux initiatives gouvernementales, les chefs d’entreprises ne cachent pas leur perplexité et leur scepticisme », a ainsi martelé le patron de Gicam avant d’expliciter son propos : « perplexité parce que, ailleurs dans le monde, dans le contexte de la pandémie du Covid-19, ce n’est pas l’Etat qui a besoin d’un soutien du secteur privé, c’est le gouvernement qui apporte des aides en soutien aux entreprises. Scepticisme par rapport à l’utilisation des contributions qu’ils souhaitent faire, tant, par le passé les appels de fonds n’ont pas toujours bénéficié de la nécessaire transparence dans leur faire l’objet d’un usage inapproprié ».

Avantages fiscaux ?

Face à tant de franchise Dion Ngute se devait d’être clair. « Le gouvernement n’entend pas s’immiscer dans la gestion des micro-projets issus du plan de reconstruction du président de la République. Sur le terrain, les micro-projets seront menés par les entreprises elles-mêmes en partenariat avec les communes et les Conseils régionaux sous la supervision du Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud) », a-t-il rassuré. Invité à disserter sur ce fameux plan national dont il assure la coordination, le ministre Paul Tasong a indiqué qu’il n’était même pas signataire des comptes affrétés à l’opération. Les régions camerounaises actuellement en crise, à savoir le Nord-Ouest, le Sud-Ouest, et l’Extrême-Nord ont été déclarées « zones économiquement sinistrées, selon un décret signé par le Premier ministre Joseph Dion Ngute en date du 2 septembre.

Ce dernier a invité les chefs d’entreprises à saisir les aménagements fiscaux qu’offre la loi pour investir massivement dans ces régions. Mais pour passer à l’acte, Tawamba en a appelé à la révision de ce décret « avec pour objectifs complémentaires de faciliter la mobilisation des contributions, et d’écarter tout risque de litige fiscal dans les opérations de soutien ».

La Sabc met 500 millions de Fcfa

Rassurant ? On attend de voir mais avant il y avait comme un air de réticence au sein du patronat qui a traîné à sortir le chéquier pour accompagner l’initiative. Et il a fallu attendre l’arrivée sur le pupitre d’Emmanuel de Tailly, vice-président du Gicam et Directeur Général de la Société Anonyme des Brasseries du Cameroun (Sabc) pour avoir enfin droit à des chiffres. 500 milliards de Fcfa que la Sabc annonce mettre à disposition du plan pour financer prioritairement la construction d’infrastructures scolaires et routières. « Sous réserve de l’approbation du Conseil d’administration nous mettrons à nouveau 500 millions de fcfa pour un total de 1 milliards de Fcfa », a précisé de Tailly. Dans la foulée, Célestin Tawamba (Patron de La Pasta) a pris la parole au nom du groupement des industries meunières du Cameroun pour annoncer une contribution de 200 millions de Fcfa. « Avec la mise en place de ces dispositifs, et en dépit de leurs craintes, un bon nombre d’entreprises ont déjà manifesté leur intérêt à prendre leur part dans cet élan citoyen, et je pense que d’autres feront de même au terme de la présentation du Plan et des projets. Nous nous fixons un horizon de trois à quatre mois pour permettre aux entreprises de concrétiser leurs engagements », a rassuré Tawamba. Le PM s’est dit grandement satisfait des échanges du jour en évitant de trop se prononcer sur les 700 millions de Fcfa ainsi engrangés. Comme un signe…

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