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General News of Monday, 21 September 2020

Source: Actu Cameroun

'Les Camerounais veulent aller au paradis mais veulent pas mourir'

Fabrice Yap Mounchili, Analyste politique.

« Il est à priori difficile de savoir ce qui se passera au Cameroun dès le 22 Septembre, car si la ténacité du Président du Mrc (« je ne faillirai Jamais »), des membres de son présidium et d’une bonne franche des militants de ce parti ne souffre de rien, le courage du bas peuple (principal et potentiel bénéficiaire de tout changement de paradigme managérial) n’est pas une lapalissade. C’est un peuple un peu lâche et «risqué» qui veut le changement mais qui depuis l’éclipse de 1990-1992 n’a plus jamais su se défaire des mailles de la modification orchestrée par les stratèges du régime de Paul Biya. C’est un peuple qui « veut aller au paradis mais qui ne veut pas mourir « .

Il souffre de façon exponentielle dans sa chair, veut le changement dans sa large majorité, profère quelque fois des menaces, mais va se coucher à chaque fois qu’Atanga Nji sort « les muscles ». C’est un peuple qui n’est même pas conscient du pouvoir constitutionnel et naturel qu’il a (Constitution, charte africaine des droits de l’Homme, Pacte international des droits civils et politiques, Déclaration universelle des droits de l’Homme…).

Il est d’ailleurs parfois hors sujet de lui parler de ces mécanismes droit-de-l’hommistes nationaux, africains et onusiens qui le protègent. En marge de la ténacité du Prof Kamto et dos siens sus-évonacité du Prof Kamto et des siens sus-évo-quée, nous avons au demeurant de bonnes raisons de croire que les sorties et menaces en boucles des pontes du régime suffiront pour endiguer l’effectivité et la réussite de cette initiative.


On entend des chansons partout: « Pa’a Kamto sauve nous, sauve nous ». Ce qu’il faut dire c’est que ce leader ou n’importe quel autre ne sauvera personne si le peuple camerounais ne présente pas une réelle volonté de se faire « sauver » à travers l’accompagnent et l’adhésion aux différentes initiatives. Quand les initiatives d’un leader ne sont pas soutenues par les supposés bénéficiaires, ce leader peut être considéré à tort ou à raison comme un simple assoiffé du pouvoir. C’est d’ailleurs ce que les suppôts su pouvoir disent de Maurice Kamto et les siens.

L’un des plus grands secrets de la longévité du régime de Biya au pouvoir c’est la prudence. Il sait dénicher même dans « l’œuf » toute initiative susceptible de conduire à sa chute. Les cadres de ce régime disent sur les médias nationaux et internationaux que Maurice Kamto ne représente plus grand-chose, car n’ayant ni Sénateur, ni Député, ni Conseiller ; mais ils savent fondamentalement que le seul leader de l’opposition authentique susceptible de les éconduire du pouvoir c’est ce professeur de droit qui bénéficie aussi du soutien et de la collaboration de l’un des plus grands géo stratèges d’Afrique, le Professeur Alain Fogue.

Le moins qu’on puisse donc dire c’est qu’au vu de la constitution de l’État du Cameroun qui consacre la souveraineté du peuple, l’organisation d’une marche à l’effet de faire partir un dirigeant n’est pas anticonstitutionnelle, car relevant de la plus grande expression de la souveraineté d’un peuple: la rue, qui permet de défier des mécanismes institutionnels verrouillés tels qu’Elecam. Une telle initiative relève au finish d’une dynamique d’émancipation vis-à-vis d’un pouvoir organisé pour s’éterniser en dépit des résultats socio-économiques qui défient les attentes du peuple.

Vous nous demandez si on peut demander le départ d’un homme démocratiquement élu. Nous vous soutenons d’ajouter des guillemets, car l’organisation des élections au Cameroun ne répond à aucune norme démocratique en la matière. Les membres d’Elecam sont quasiment tous des transfuges du parti État, le Conseil Constitutionnel (juge électoral) est un reposoir des caciques du parti au pouvoir qui parfois ne prennent pas le soin de démissionner ne serait-ce que pour la forme, une majeure partie des populations immensément paupérisées est soudoyée en monnaie de singe pour voter le parti des flammes, les administrateurs civils roulent pour le RDPC et interdisent systématiquement les activités des partis d’opposition, les médias d’Etat et d’autres créés par des pontes du régime avec l’argent du contribuable ne chantent que les merveilles du parti État. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’un homme élu dans un contexte pareil est un tyran dont le pouvoir n’émane pas du peuple. Des jurisprudences politiques abondent d’ailleurs à ce sujet. Compaoré a été débarqué du pouvoir alors qu’il venait de se faire « élire » sur un score stalinien ; le peuple a chassé Yaya Jameh du pouvoir alors qu’il clamait son plébiscite par ce peuple.

Considérant la culture légaliste et le caractère placide de Maurice Kamto, ces marches se voudront pacifiques mais la réaction du régime sera violente et l’on ne peut pour l’instant prédire le film des événements ».

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