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General News of Wednesday, 19 February 2020

Source: camerounweb.com

Le 'vice-président ambazoniein' appelle à l'ouverture 'de véritables négociations'

C'est la substance du communiqué signé de Dabney Yerima "Vice-President de Federal Republic of Ambazonia" suite au massacre qui a eu lieu le vendredi 14 février 2020 à Ngarbuh, dans le Nord-ouest, faisant des dizaines de morts essentiellement des femmes et des enfants.

Dans cette réaction, le numéro 2 du mouvement sécessionniste condamne ce nouveau "massacre attribué aux éléments des forces de l'ordre et de sécurité" camerounais, appelle à l'ouverture d'une enquête internationale sous l'égide des Nations unies et se dit ouvert à l'ouverture "de véritables négociations".

CamerounWeb vous propose l'intégralité de la version française du communiqué

Depuis qu'il a déclaré la guerre au peuple d'Ambazonie en novembre 2017, le président Paul Biya du Cameroun français a supervisé les massacres de plus de 10000 civils et la destruction de plus de 280 villes et villages par des soldats qui lui sont fidèles. Plus de 3 000 Ambazoniens innocents restent en détention illégale sans accès à une représentation légale et plus de 1,5 million ont été déplacés à l'intérieur et à l'extérieur.

Le vendredi 14 février 2020, vers 16 h, heure de l'Afrique de l'Ouest (WAT), des soldats camerounais ont attaqué des enfants endormis et des femmes enceintes dans le village de Ngarbuh, dans le comté de Donga Mantung, dans la zone nord d'Ambazonia, tuant brutalement 35 d'entre eux (plusieurs femmes et enfants sont toujours portés disparus) et ont brûlé leurs maisons. Parmi les victimes découvertes jusqu'à présent, 14 enfants, dont 11 filles et 9 de moins de 5 ans, et 2 femmes enceintes. Une troisième femme enceinte qui a survécu à l'attaque mais a perdu son bébé est dans un état critique dans un hôpital local.

Nous condamnons fermement ces actes de barbarie, devenus monnaie courante dans cette guerre génocidaire que le Cameroun français mène contre le peuple d'Ambazonie. Il est particulièrement inquiétant que le Cameroun français, signataire de nombreuses conventions internationales destinées à protéger les droits de l'homme, persécute résolument et impunément une campagne de génocide en Ambazonie tandis que le reste du monde regarde avec indifférence.

Depuis 58 ans, le Cameroun français mène une politique de domination socio-politique et culturelle, d'assimilation et d'anéantissement du peuple d'Ambazonie. Cet agenda est né idéologiquement et a été parrainé sans condition par la France pour ses propres objectifs impérialistes. Le moment est venu pour la France d'honorer ses obligations internationales de protéger la vie et de faire respecter les droits de l'homme et la dignité. Il est temps que la France reconnaisse que la vie d'un Ambazonien est aussi précieuse que celle de tout citoyen français. La France doit reconnaître que la liberté, l'égalité et la fraternité sont des valeurs humaines, pas seulement des valeurs françaises, et que les Ambazoniens sont aussi des êtres humains.

Nous, le peuple d'Ambazonie, aimons la paix. Nous sommes opposés à la guerre et nous sommes également opposés aux influences néocoloniales sous toutes ses formes. Nous sommes les seuls propriétaires de notre terre et de ses ressources. Nous sommes fiers de notre patrimoine culturel et ne tolérerons aucune tentative de quiconque, quel qu’il soit, d’assimiler et de détruire ce patrimoine. Nous sommes un peuple progressiste et tourné vers l'avenir et nous allons être les seuls déterminants de notre destin.


Pour les Ambazoniens du monde entier, cette nouvelle attaque insensée et sans cœur contre des bébés innocents et des mères enceintes nous rappelle la dépravation de l'ennemi auquel nous sommes confrontés. Un ennemi qui n'est ni guidé par aucune boussole morale ni inhibé par des injonctions légales. Un ennemi qui n'épargnera aucune ressource ni aucun effort pour poursuivre son exploitation économique brutale et vicieuse de notre terre et de sa richesse naturelle. C'est le vrai visage de l'ennemi qui cherche à se faire maître de nous. Le même ennemi qui veut que nous confions nos vies et notre destin, et ceux de nos enfants et petits-enfants, entre ses mains froides.

Cette parodie de raison et de justice ne peut se poursuivre sans entrave. Même si le reste du monde attend et regarde, nous, Ambazoniens, n'avons pas le luxe d'être indifférents. Si nous devons vaincre cet ennemi, nous ne devons épargner ni ressources ni efforts pour le chasser de notre territoire. Nous devons tous nous tenir debout avec le peuple fort et résilient de Ngarbuh et les masses souffrantes d'Ambazoniens au pays et ailleurs. Le moment est venu pour nous de nous unir et de nous consacrer à nouveau à financer notre projet de restauration. Achetez vos obligations Amba Freedom maintenant et donnez-nous les moyens de protéger nos civils vulnérables dans notre marche vers la liberté.

Nous avons entendu des appels demandant aux Camerounais français résidant en Ambazonie de partir immédiatement ou de faire face à la justice populaire. Le gouvernement intérimaire ambazonien, sous la direction de Sisiku Julius AyukTabe, rejette catégoriquement de tels sentiments. Nous ne combattrons pas le mal par le mal, car cela ne représente pas la philosophie de notre nation. Nous appelons tous les Ambazoniens à faire preuve de retenue au milieu de ces provocations. L'Ambazonie que nous prévoyons de construire sera une société ouverte fondée sur l'État de droit. Nous conseillons à tous au sein de nos pensionnaires de respecter les droits et libertés de tous les étrangers vivant en Ambazonie.

Nous demandons aux Nations Unies de commander immédiatement une mission d'enquête sur l'Ambazonie pour sonder le Ngarbuh et d'autres massacres, qui constituent des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Le récent appel des Nations Unies au gouvernement du Cameroun français pour enquêter sur les meurtres de Ngarbuh défie la logique, car on ne peut pas faire confiance à ce gouvernement pour enquêter lui-même de manière impartiale. La communauté internationale doit faire pression sur le Cameroun français pour qu'il mette immédiatement fin à toutes ses opérations génocidaires en Ambazonie et retire ses armées d'occupation. Nous sommes toujours ouverts à de véritables négociations pour parvenir à un règlement pacifique de cette crise.

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