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General News of Friday, 24 January 2020

Source: lavoixducentre.cm

Le système 'Fame Ndongo' ou l’aide au sous-développement de l’Afrique

L’Afrique francophone subsaharienne brille par son retard socio-économique. L’héritage culturel néocolonial y joue un rôle prépondérant. Les conditions au rabais du mode de promotion de l’élite intellectuelle de ces “provinces” françaises sont imposées à dessein : abaisser la qualité des apprenants pour mieux contrôler leurs velléités d’émancipation.

Les médias nous ont livré un spectacle affligeant de chercheurs d’emplois en détresse qui ont élu domicile sur le parvis du ministère de l’enseignement supérieur du Cameroun. Ces docteurs en sciences, pour beaucoup vacataires de longue date (une dizaine d’années) dans les universités du pays, estiment être les victimes expiatoires d’un processus arbitraire de recrutement de plus de 1000 enseignants universitaires.

On ne saurait assez rappeler que les critères de sélection des candidats de cette vague de recrutement spécial issue de la « magnanimité » inépuisable du Chef de l’Etat (dixit les bénéficiaires de ses décrets de nomination) sont discutables à plus d’un égard :(1) âge limite de 45 ans dans un système où le renouvellement des effectifs n’obéit à aucun calendrier régulier, prévisible et lisible, (2) absence de prise en compte du caractère prioritaire du statut de vacataire…etc.

La première réaction du ministre de l’enseignement supérieur (Mr Jacques FAME NDONGO) invoquant un dysfonctionnement des ordinateurs du MINESUP (décidément notre ministre à un rapport délicat avec la modernité) fut un aveu de complaisance irréfutable. Par la suite, le Ministre nous a servi du « FAME NDONGO » tout craché, version déni de réalité, clamant la régularité de la sélection des lauréats.

Pour comprendre cette grève inédite qui fait désordre dans le monde du temple de la connaissance, de l’éthique et de l’équité que devrait être toute institution universitaire au monde, il faut disséquer presque chirurgicalement le système « JFN » du nom de l’homme qui dirige depuis au moins 15 ans et avec beaucoup de tares et donc d’incompétences le ministère le plus important d’une « République exemplaire en construction » (dixit l’étonnant avocat Me TEGUEM ». En effet, l’éducation est la matrice du savoir et du savoir-faire et ne saurait s’accommoder du rafistolage cosmétique. Le positionnement de l’Université camerounaise comme cancre de l’Afrique avec la première université du pays (Dschang) n’arrivant qu’à la 104ème place du classement africain ne semble pas perturber ce ministre adepte des forfaitures, fier de sa gouvernance basée sur la vampirisation des consciences, une créature (du chef de l’Etat) adoubée par sa hiérarchie qui voit en sa longévité pathologiquement endémique au Cameroun plus un atout qu’un boulet.

Les frasques récurrentes d’un ministre d’Etat « créature » d’un être humain

On se rappelle encore l’implication qu’aurait eu monsieur le ministre (alors responsable du l’information et de la culture) dans le scandale de l’arrimage de la chaîne de télévision nationale au réseau satellitaire offrant un système hybride de transport des signaux par satellite, puis un arrosage du champ de réception en mode analogique terrestre : plus de 8 milliards de Fcfa du contribuable camerounais engloutis.

Dans la même logique de spoliation du panier déjà troué de la pauvre ménagère camerounaise, les ordinateurs offerts par le « créateur » de JFN aux étudiants furent une aubaine pour ce monsieur sans limite de velléité de distraction de l’argent public pour davantage enfoncer le clou. Une publicité arrose les ondes des radios locales,renseignant sur l’expertise d’une boutique spécialisée dans la réparation des ordinateurs de la mafia JFN. On a cru déceler toutes les facettes de cette escroquerie digne d’une hostilité à la nation, mais personne n’avait vu venir ce juteux business de réparation de plus de 5 000 ordinateurs de qualité approximative de Mr Jacques Fame NDONGO. Cinq mille ordinateurs qui iraient en réparation 1 fois par an en raison de 5000 Fcfa la réparation= 25 millions de Fcfa annuels : sacré jackpot !

Les réseaux sociaux ont fait circuler un enregistrement audio d’un individu accusant la secrétaire particulière du ministre de trafic de places aux concours des grandes écoles. Dans un pays normal, le Procureur de la République aurait ouvert une information judiciaire pour dénonciation d’un acte qualifiable « d’hostilité à la Nation » tant une telle pratique compromet l’essor socio-économique d’une nation. J’aurais été à la place de l’accusé (c’est bien le ministre qui est visé par une telle accusation) que j’aurais porté plainte contre X pour calomnie.

La doyenne d’une des facultés de médecine du Cameroun a deux enfants qui ont bravé le concours d’entrée en fac de médecine. Les deux sont désormais enseignantes, recrutées l’une par la voie interne depuis deux ans et l’autre lauréate de ce dernier recrutement spécial querellé. Je n’ai aucun doute sur leurs mérites qui transcende certainement la filiation génétique dont elles jouissent et qui est un avantage certain. Mais dans le contexte actuel et dans un souci d’équilibre de chances pour toutes les familles camerounaises en quête d’employabilité, ce cas fait désordre.

L’ancien doyen de la faculté de médecine et des sciences pharmaceutiques de Douala (aujourd’hui à Buea) a réussi à « placer » deux de ses enfants à la faculté qu’il dirigeait. Il est possible que ce doyen au parcours académique très discutable, qui a un rapport très complaisant avec la tricherie (des enseignants et étudiants), ait pu élever ses enfants dans une rigueur nécessaire à faire d’eux des étudiants méritants. Pour autant, le doute subsiste.

Dans ce recrutement à polémique, la lecture attentive de la liste des lauréats fait ressortir les irrégularités suivantes :

• Candidats non titulaires du doctorat/PhD : n°22 (école de technologie/université de Buea : a un Master) ; n° 137 (faculté d’agriculture et médecine vétérinaire/université de Buea : a un Master) ;

• Candidats fraichement diplômés (2017, qui est une injustice au regard de l’ancienneté de nombreux vacataires) : n°81 (faculté de médecine de Douala) ; n°43 (faculté de médecine de Ydé1)

• Candidats « doublons » (recrutés dans deux universités distinctes, ouvrant la voie à des matricules fictifs=salaires fictifs ou remplacement au « black » par un protégé) : n°66 retenu à la faculté du génie industriel de l’UD et qui arbore le n°102 à la faculté des arts, spécialité géophysique à UY1 ; le n° 95 à l’UD (faculté de sciences, département économie mathématiques) se mute en n°04 à l’université de Dschang (fac des sciences économiques) ; le n° 128 à l’institut des beaux-arts de l’université de Dschang est un OGM (organisme génétiquement modifié) du système « JFN » justifiant sa présence comme candidat n°84 à la faculté des arts, lettres et sciences humaines de l’UY1) ; le n°45 (école normale supérieure de Bertoua, Université de Ngaoundéré) revendique la paternité du dossard n°23 à l’ENS de l’UY1

• La longue liste des déjà fonctionnaires lauréats de ce concours réservé aux « chômeurs » (le recrutement d’un fonctionnaire à un poste destiné à grossir les rangs du personnel de la fonction publique relève de l’arbitraire, de l’injustice sociale) : plus d’une vingtaine.

• Des candidats aux âges douteux de type « né vers »
Imaginer qu’une telle opération puisse se dérouler à la régulière au Cameroun des souvenirs lointains de la « rigueur et moralisation » friserait de la mauvaise foi plus que de la naïveté des personnes qui s’y risqueraient.

La vampirisation des consciences et la foulure des droits de l’homme par l’homme d’Etat.

Dans le système « JFN », où l’imposture, la tricherie, le clientélisme et le silence imposé façonnent les enseignants candidats à l’ascension sociale rapide et souvent imméritée ; aucun moyen de répression n’est économisé pour tordre le cou à la morale. N’allez surtout pas rappeler à Mr NGUE, chef de la cellule du suivi des enseignants au MINESUP (responsable de l’exécution de la dispense de la prime de recherche trimestrielle) que suspendre (ou supprimer, ce qui revient au même avec JFN) la prime de recherche d’un enseignant jugé de récalcitrant (« insubordination » ») relève d’une atteinte grave aux droits de l’homme. Ce dernier vous répondra avec fierté que « on ne connait pas vos droits de l’homme ici ». Imaginez la précarité d’un enseignant dont le salaire est de moins de 400 000 Fcfa par mois et qui se voit priver du complément non négligeable (360 000 Fcfa trimestriellement) dudit salaire indigne d’un fonctionnaire hors hiérarchie ? Plus de 7 000 000 Fcfa sur 3 ans littéralement estorqués (par Mr FAME NDONGO), sans aucune procédure disciplinaire initiée. Punir pour affamer, affamer pour anéantir, anéantir pour discipliner, discipliner pour neutraliser, neutraliser pour manipuler (les consciences) : les mécanismes de vampirisation tournent à plein régime avec comme chef d’orchestre la meilleure créature du Tout Puissant.

Le vampirisme tire sa raison d’être du conflit existentiel entre deux protagonistes : d’un côté le bourreau qui trouve sa vitalité, son énergie dans le sang (ou l’esprit embrigadé) de sa proie ; de l’autre, une cible (victime) dont l’énergie vitale s’épuise, se perd (dans une lutte inégale), au fur et à mesure que le vampire, lui aura soutiré son sang (ou son argent). Ce faisant, le mordu, infecté par les dents souillées du vampire, se transforme à son tour en vampire : c’est le phénomène de la reproduction des semblables, à effet de pérenniser le système de la confiscation des privilèges. On ne cooptera vers les sommets (du MINESUP, voir du parti-Etat ou Etat-parti) que les bébés vampires les plus aboutis, les alter egos les mieux clonés. Le Recteur de Yaoundé 1, monsieur Maurice SOSSO, patron officieux de la commission consultative interuniversitaire (CCIU) du MINESUP qui organise les changements de grades universitaires au Cameroun, est le prototype du très bon bébé-vampire. Ce professeur agrégé sans aucune production scientifique (c’est-à-dire un usurpateur patenté du titre académique suprême) a pour mission de dénicher les autres bons bébés vampires, et croyez-moi, il se débrouille plutôt bien.

Dans cette affaire de recrutement des docteurs-PhD (qui veut dire « docteur en sciences »), le MINESUP est accusé (par les recalés) de favoritisme des « protégés » des chefs vampires ou des bons payeurs de places s’achetant à coups de millions. Autrement dit, la corruption (cette autre forme de vampirisation) a élu domicile dans le temple du savoir, ôtant à celui qui « paie » pour être recruté toute légitimité à revendiquer une condition académique valorisante. Les grèves à répétition du syndicat des enseignants ne font pas mouche car peu suivies par des enseignants « imposteurs » ; des futurs bébés vampires dont le suivisme et la contagion émotionnelle du syndrome de Stockholm généralisé nivellent le débat intellectuel camerounais vers le bas.

Le système « Jacques Fame NDONGO » ou l’aide (à la France) au sous-développement de l’Afrique

L’objectif final de cette zombification de l’élite universitaire est de fabriquer des intellectuels au rabais, des futurs patrons de la gouvernance étatique sans épaisseur, habitués à tricher pour progresser, qui tricheront pour durer (au pouvoir). Durer pour durer, durer pour que perdure le système qui arrange le chef des vampires qu’est le colon jamais parti de l’Afrique, toujours présent pour spolier la « pauvre » Afrique, évitant à la France d’occuper la place de pays économiquement de seconde zone, pas mieux loti que le Portugal. Pour ce faire, les bébés-vampires doivent occuper tous les postes administratifs de premier plan, ils sont déployés également dans les organisations internationales où se joue le sort de l’Afrique. Que peut un bébé-vampire incompétent face à des bandits mille fois plus intelligents ? Comment défendre les intérêts de son pays, son continent lorsqu’on sait ne pas mériter une place de privilégié offrant des avantages personnels inespérés ? Par le biais de la francophonie et son agence de tous les malheurs (pour l’Afrique) qu’est l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) ; la France a mis en place un système de promotion arbitraire des intellectuels (futurs décideurs des soi-disant nations indépendantes) au service de leurs intérêts. En effet, le conseil Africain et Malgache de l’Enseignement Supérieur (CAMES) qui est l’organe interuniversitaire des provinces francophones de la France organisant les concours d’agrégation des enseignants africains est à une proportion non négligeable financé par le colon (France, Belgique…accessoirement Canada) via l’agence universitaire de la francophonie (AUF). L’AUF finance et pilote les projets de recherche des enseignants des universités du CAMES, orientant ainsi la qualité de la recherche de l’Afrique francophone. Or la recherche scientifique d’une nation définit sa capacité à préserver sa souveraineté. Aucun peuple ne saurait s’émanciper sans autonomiser sa production scientifique (médicale, économique, monétaire, littéraire…etc). Les géants de l’Asie en sont l’exemple opposable à l’Afrique.

L’AUF impose au CAMES des conditions de passage aux grades académiques moins contraignantes que dans les pays européens de la francophonie. C’est comme si en sport, on demandait aux athlètes africains de s’entrainer pour des minima olympiques de 11,5 sec aux 100 m pour concourir aux jeux olympiques avec des jamaïcains ou américains dont les minima caracolent à 9,5 sec.

L’Afrique n’aura jamais un champion olympique au 100 m. L’AUF a taillé le CAMES pour que nos intellectuels n’égalent jamais les leurs. L’exception n’ayant pour seul intérêt que de confirmer la règle, les brillants africains issus de ce « machin » où la cooptation abusive, le clientélisme et le déni de la rigueur scientifique sont l’ADN de la promotion des valeurs, tout est fait pour que la masse critique de « savants » ne soit jamais atteinte ; confinant l’Afrique dans une dépendance généralisée. L’Afrique est toujours mal partie comme l’avait prédit René Dumont. Il revient à la jeunesse africaine de se révolter contre les leurs qui sont les « nouveaux blancs d’Afrique » (dixit une tribune dans www.mediapart.fr)

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