Vous-êtes ici: AccueilInfos2021 04 15Article 589786

General News of Thursday, 15 April 2021

Source: camer

'Le patriarche Monkam était un homme qui savait gérer les émotions'

Christophe YOUTEMBA, Consultant en HOSPITALITY MANAGEMENT, partage le souvenir qu’il garde de Pascal MONKAM, Pionnier de l’hôtellerie au Cameroun, décédé le 27 février 2021 en Afrique du Sud et inhumé récemment au Cameroun.

Pendant près de 10 ans, vous avez travaillé au sein du TOP MANAGEMENT du groupe Hôtelier LA FALAISE et à différents postes : Responsable Commercial et Hébergement, Directeur Marketing à Douala - Akwa, Directeur d’exploitation à Yaoundé. Quels souvenirs gardez-vous du Patriarche Pascal MONKAM ?



Avant tout propos, je souhaiterai une fois de plus renouveler mes sincères condoléances à la famille si durement éprouvée. Le départ du Patriarche Pascal MONKAM est également une grande perte pour le Cameroun, qui voit ainsi disparaitre un pionnier de l’industrie hôtelière. En effet, c’était un grand bâtisseur qui a marqué de façon très forte l’économie camerounaise en général, et le secteur du tourisme et de l’hôtellerie en particulier. Le décret du Président de la République rendant officielles ses obsèques, est une reconnaissance de sa très grande implication dans l’essor du tourisme et de l’hôtellerie au Cameroun.

J’ai eu le privilège de travailler avec lui, et je garde de lui l’image d’un homme travailleur, extrêmement rigoureux et méticuleux, habile négociateur, et visionnaire. Un infatigable bâtisseur, simple dans son style de vie, toujours entouré de sa famille et de ses proches. A lui seul, il avait plusieurs styles de management qu’il utilisait en fonction des circonstances, tantôt directif ou persuasif, tantôt paternaliste ou encore participatif. Même s’il décidait seul en dernier ressort, il était à l’écoute des avis de presque tous ses collaborateurs. J’ai toujours été impressionné par sa capacité à veiller sur les moindres détails de tous les dossiers qu’il nous confiait.

Doté d’une mémoire quasi infaillible, à 90 ans, il était capable, lors de nos réunions mensuelles, de restituer de mémoire toutes les données chiffrées de l’exploitation qu’il avait reçues au fil des jours (taux d’occupation, prix moyen chambre, encaissements, etc…). Bien qu’étant le stratège et la tête pensante du groupe, il n’hésitait pas à descendre dans l’arène quand cela s’avérait nécessaire. Au mois de Juin 2017 par exemple, J’ai eu l’honneur de l’accompagner à une réunion de gestion de contentieux au Ministère des Finances à Yaoundé. L’administration fiscale lui réclamait une importante somme d’argent au titre d’imposition par taxation d’office, avec des motifs qu’il contestait énergiquement et qu’il qualifiait de « braquage fiscal ».

Pendant la réunion, il avait déployé de façon percutante des arguments de fond et de forme qui avaient laissés pantois tous les experts de l’administration fiscale présents à cette réunion. Il avait insisté sur certains articles du code des procédures fiscales qu’il avait minutieusement préparés avec ses conseillers. Ces derniers n’avaient plus été conviés à cette réunion par le patriarche, qui avait décidé à la dernière minute d’y aller lui-même pour défendre ce dossier. Après plusieurs autres réunions, il avait fini par obtenir un dégrèvement des impositions mises à sa charge. A la fin de cet épisode, il nous avait invité à une grande vigilance et à l’importance de savoir défendre ses droits.

Quel est le souvenir que vous gardez personnellement ?



Le Patriarche Pascal MONKAM était un homme qui savait gérer les émotions. Les siennes et celles des autres. Il savait les accueillir, les contrôler, les exprimer. Ceux qui l’ont connu peuvent se souvenir de ses coups de gueule tonitruants, de ses éclats de rire ravageurs, des célébrations joyeuses de ses succès, même les plus anodins, de la compassion exprimée envers les personnes frappées de malheur. Mon plus grand souvenir auprès de lui est humain et émotionnel. Deux ans après mon affectation comme Directeur d’Exploitation à Yaoundé, j’avais été frappé par la disparition de mon père. Une épreuve douloureuse qu’il avait partagée de bout en bout avec moi. Il était là, physiquement présent à mes côtés, bien synchronisé à mes émotions, partageant ma tristesse. J’étais touché par cette marque d’affection sincère, qui m’avait par la suite surmotivé dans mon déploiement professionnel.

Comment voyez-vous l’avenir de l’entreprise.

Les bases d’un avenir prospère sont posées. Il appartient à ceux et celles qui restent de préserver et de fructifier les acquis. Le patriarche Pascal MONKAM était très soucieux de la pérennité de son entreprise. Il aimait dire qu’ « il y a à manger pour tout le monde ». Si les propriétaires se fédèrent autour de sa vision, il n’y a aucun doute que le groupe maintiendra sa position de leader dans son secteur au Cameroun et pourquoi pas aller à la conquête de tout le continent Africain.

Le 10 avril 2021, lors de la cérémonie de ses obsèques, il était écrit sur les supports de communication qui annonçaient le programme : « L’amour est la plus grande force de l’univers ». Que cet Amour habite sa famille ainsi que tous ceux et celles qui l’ont connu. Que Dieu le père éternel lui accorde une place auprès de lui et que la terre de nos ancêtres lui soit légère. Repose en Paix Cher Papa MONKAM Pascal.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter