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General News of Tuesday, 28 July 2020

Source: Actu Cameroun

Le ministre Louis Paul Motaze dément une information de Jeune Afrique


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Dans une correspondance datée du 20 juillet 2020, Louis Paul Motaze, l’actuel ministre camerounais des Finances, en guise de droit de réponse, tire les choses au clair sur l’information véhiculée par le journal panafricain Jeune Afrique, faisant état de ce que les finances publiques du Cameroun seraient en grave difficulté.

Le Cameroun est-il réellement «au régime sec» en ce qui concerne ses finances publiques ? C’est du moins ce que semble soutenir mordicus, l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique dans sa parution N°3090 du 14 juillet, en affirmant que le budget initial de 4 409 milliards Fcfa du Cameroun « avait été pourtant sous-évalué, accusant une baisse de 260 milliards Fcfa dans l’attente de nouveaux appuis budgétaires à la suite de la signature d’un plan consécutif annoncé avec le Fonds monétaire international ».

Et pour se faire plus convaincants, Julien Clemençot et Orner Mbadi, les auteurs de l’article paru dans la rubrique « Grand format », qualifiant le Cameroun « d’Etat stationnaire », rappellent que ce « climat d’incertitude repousse également à un horizon inconnu la mise en œuvre du Document de Stratégie nationale de Développement 2020-2030, qui n’a toujours pas été publié. Ce document doit synthétiser les prochains axes de développement qui permettront au pays d’atteindre le développement en 203.5 et surtout, de rattraper le retard accusé par les contreperformances du précédent plan, le Document de stratégie pour la croissance et l’Emploi ».

Par ailleurs, dans ce dossier qui vise à « tout comprendre de l’évolution d’un pays », l’article consacré à l’économie intitulé «Au régime sec » rapporte un propos du « Patron d’un groupe local » affirmant que « plus de 400 contrôles fiscaux ont été déclenchés sur les 2 premiers mois de l’année».

C’est d’ailleurs cette information qui a fait sortir le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Mo-taze de ses gonds qui a tenu, à travers un droit de réponse adressé du directeur de ce périodique, à tirer les choses au clair. Pour le Minfi en effet, « cette affirmation, dont l’objectif manifeste est de confirmer l’idée véhiculée tout au long de votre article suivant laquelle les finances publiques du Cameroun seraient en grave difficulté, est dénuée de fondement à tous égards», peut-on lire dans la correspondance sus citée.

Pour preuve, Louis Paul Motaze, l’argentier du Cameroun va mentionner qu’en matière fiscale, « les contrôles fiscaux obéissent au Cameroun à un principe de programmation annuelle sur la base de risques préalablement identifiés. Ainsi, au titre de l’exercice 2020, aucune vérification générale de comptabilité nouvelle n’a été enclenchée en début d’exercice, dès lors que la direction générale des impôts (Dgi) travaillait encore à l’identification des risques. »

Et de poursuivre : « le programme des contrôles arrêté au terme de ce processus de sélection n’a d’ailleurs pas été mis en oeuvre, en raison des mesures d’accompagnement des entreprises décidées par les autorités dans le cadre de la riposte contre la pandémie à Covid-19. »

Tentative de déstabilisation

Si tel est alors le cas, sur quoi se base le périodique panafricain pour affirmer que plus de 400 contrôles fiscaux ont été déclenchés au cours des 2 premiers mois de l’année ? Si certaines langues qui ne cessent de se délier, voient en cet habile stratagème, une tentative de déstabilisation du pays, (et ce n’est d’ailleurs pas la première fois) le Minfi a tenu quand même à rappeler qu’au Cameroun, les contrôles fiscaux sont rationalisés depuis quelques années.

Et de ce fait, une entreprise ne peut subir qu’une seule intervention (vérification générale ou contrôle sur pièces, ou exercice du droit d’enquête) pat exercice. Bien plus, au plan quantitatif, « le rendement des contrôles fiscaux ne contribue que très faiblement aux résultats de la Dgi qui sont constitués à près de 97% de versements spontanés (déclarations payantes) des contribuables et du recouvrement des arriérés fiscaux. »

Sur la question de la sous-évaluation du budget 2020, on se rappelle encore qu’en juillet 2019, au cours de la présentation du projet de budget 2020 initial de l’Etat devant le parlement, en prélude au tout premier débat d’orientation budgétaire de l’histoire des Finances publiques au Cameroun, Louis Paul Motaze s’était déjà expliqué sur la célérité avec laquelle, le pays s’est endetté ces dernières années.

Il soulignait à cet effet que « le risque de surendettement élevé se justifie par le dépassement, depuis l’an née 2018, des 2 ratios de liquidité que sont le ratio service de la dette sur recettes d’exportations, d’une part, et le ratio service de la dette sur recettes publiques, d’autre part. Ce qui indique qu’à partir de 2018, et jusqu’en 2026, le trésor public rencontrera d’énorme difficultés pour honorer ses engagements, notamment le règlement du service de la dette à bonne date ».

Une question sur laquelle le Minfi a à nouveau été appelé à s’expliquer lors du débat d’orientation budgétaire pour l’exercice 2021. Devant le parlement, comme pour réduire les effets pervers de cet endettement croissant, le membre du gouvernement avait suggéré que le pays investisse plutôt « dans des projets qui permettent d’engranger des bénéfices en vue des remboursements. » Voila qui est clair comme l’eau de roche.

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