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Réligion of Wednesday, 2 December 2020

Source: Actu Cameroun

Le chantage des chefs traditionnels de l’Ouest au régime Biya

La déclaration de Maroua intervient quelques jours seulement après celle des membres du Conseil des chefs traditionnels de la région de l’Ouest (Ccto). En effet, ces derniers, à l’exclusion de ceux du Noun, ont publié, le 19 novembre, une curieuse «déclaration» aux accents clientélistes et de chantage.
À la vérité, dans leur sorbe, les 07 présidents de conseils départementaux, ont dressé un chapelet de suggestions et propositions, visant’ à aider à la résolution des problèmes sociopolitiques et sécuritaires. Si ces gardiens de la tradition reconnaissent et regrettent leur propre attentisme jusqu’ici, face à des problèmes qu’ils pensaient pouvoir être résolus par les mesures et actions prises par les pouvoirs publics, les dignitaires des Bamboutos, du Haut Nkam, du Ndé, des Hauts Plateaux, du Koug-Khi, de la Menoua et de la Mifi, entre les lignes, dévoilent le fin mot de leur démarche.

L’on notera, d’emblée, que les signataires du texte à charge ont délibérément exclu dé leur cercle leur(s) pair(s) du département du Noun, qui fait pourtant partie intégrante de la région de l’Ouest. Par rapport au climat sociopolitique, les chefs traditionnels bamiléké proposent la mise sur pied d’«une concertation de tous les leaders d’opinion afin de définir, de façon consensuelle, un cadre pour une prochaine (sic) transition politique paisible».

Ils sont également pour «une réforme concertée des lois électorales, avec en prime la définition d’un calendrier électoral permanent», souhaitant par ailleurs «une réforme constitutionnelle afin d’assurer une stabilité et une alternance redynamisante à la tête de nos institutions».

Evoquant le conflit sécessionniste qui sévit dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les membres du Conseil des chefs traditionnels interpellent en premier lieu les chefs traditionnels du Cameroun. Ainsi, Louis Ngapmou (Ndé), David Fo’o Fondjo (Haut-Nkam), jean R. Fo’o Takoukam (Hauts-Plateaux), Mitterrand Fo’o Moumbe (Mifi), Jean Fo’o Tpigni Detio (Bamboutos), Georges Désiré Pouokam (Koung-Khi) et Gaston Guenegni (Menoua), demandent aux chefs traditionnels du Cameroun, d’organiser, dans l’urgence, une rencontre visant à activer, à leur niveau, les mécanismes traditionnels et coutumiers de résolution de ce type de conflit interne. «Nous pensons que la chefferie traditionnelle doit s’impliquer dans la recherche d’une solution endogène et concertée, pouf une réconciliation effective et un apaisement des cœurs», écrivent-ils.

Considérant comme sans objet le Grand dialogue national (Gdn), organisé du 30 septembre au 4 octobre à Yaoundé, sous l’égide du -président Paul Biya, les chefs traditionnels Bamiléké semblent fermer les yeux sur les efforts financiers consentis ces derniers mois par le gouvernement, mais aussi les différents fronts sécuritaires auxquels le pays doit faire face. Comme suggestions, ils souhaitent l’augmentation de la dotation spéciale de la décentralisation pour la porter au moins à 30% du budget national. Ils se gardent toutefois de préciser à qui va profiter ce fonds, évoquent les chefs traditionnels du No/So, qui ne sont donc pas écoutés puisque, autrement, ils auraient réussi à résoudre le problème sécessionniste.

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