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Actualités of Friday, 30 April 2021

Source: www.camerounweb.com

Le Synes forme ses membres à l’utilisation d’une nouvelle plateforme

Les 25 et 26 mars derniers, s’est tenu sur le campus de l’Université de Yaoundé I, un atelier de formation pédagogique sur l’utilisation de la plateforme numérique Google Classroom, une plateforme qui permet de dispenser les cours en mode bimodal ou hybride.

De manière précise, ce mode d’enseignement consiste à dispenser une partie des cours en présentiel et une autre, en ligne. Ces travaux ont permis aux enseignants de cette université de bénéficier des enseignements de haut niveau de l’équipe pédagogique constituée pour la circonstance. Mais, au terme des travaux, le Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) a fait le constat selon lequel ce mode d’enseignement ne saurait réussir sans un minimum de préalables à remplir. La première condition, explique le Synes, concerne autant les enseignants que les étudiants. Elle est liée au débit internet qui doit être suffisant pour la transmission comme pour la réception des données numériques, apprend-on. « L’enseignement hybride comme tout enseignement à distance nécessite une connexion internet quasi irréprochable, à défaut stable. Or cette condition n’est pas du tout assurée sur nos divers campus. Pendant, l’atelier, malgré les divers routers (CAMTEL) déployés dans les salles, le débit internet était exécrable et a découragé et/ou laissé un goût d’inachevé à plus d’un apprenant (enseignant en formation) », explique le syndicat. A côté du débit internet qui doit être de haut niveau, le Synes évoque l’autonomie des étudiants.

Car, cette autonomie est loin d’être garantie pour l’écrasante majorité d’entre eux compte tenu de leurs environnements respectifs. D’après les membres de ce syndicat, De cette autonomie dépend largement le succès de tout ce qui est entrepris pour contextualiser son mode d’apprentissage. Cette autonomie suppose aussi que chaque étudiant dispose d’un matériel informatique adapté à ce type de formation et d’une bonne connexion à internet hors du campus, à un prix à sa portée. Sauf que, d’après certains enseignants et étudiants rencontrés dans le cadre de cette enquête, les campus universitaires ne sont presque pas connectés à internet. « Dans les normes, je dois profiter de la connexion internet disponible sur le campus pour faire mes recherches. Mais, tel n’est pas le cas. Car, quand bien même on a le signal de la connexion, le débit est tellement faible. Conséquence, c’est encore avec ma connexion que je fais mes recherches à l’université », déclare un étudiant de la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université de Yaoundé II-Soa. Le troisième préalable que pose le Synes pour un bon déroulement de l’enseignement hybride dans les universités camerounaises et pas la moindre, est la disponibilité de l’énergie électrique sur les divers campus ainsi que les facilités d’alimentation (prises électriques, etc.) aussi bien dans les salles de cours qu’à l’extérieur de celles-ci. Les étudiants doivent pouvoir alimenter leurs terminaux sans difficultés. D’autre part, ce mode d’enseignement se heurte aussi à la disponibilité des outils tels les vidéoprojecteurs dans les amphithéâtres et en nombre suffisant en mobilité pour les petites salles de cours. A ce niveau, d’après certains enseignants, le nécessaire doit être fait pour la gestion des contrastes lumière-ombre lors des présentations (rideaux, etc.) et la gestion des bruits de couloirs. Par ailleurs, dans le cadre de cette mutation dans l’enseignement supérieur, il est important, affirme un enseignant de la Faculté des sciences de l’Université de Yaoundé I, de mettre en place une équipe d’accompagnement au changement numérique dans tous les établissements car, les étudiants et les enseignants auront régulièrement besoin d’assistance pour divers problèmes liés à la technologie du numérique.

Et, les étudiants doivent être accompagnés dans le changement de paradigme qu’impose l’enseignement hybride. Pour sa part, l’enseignant doit innover et créer des activités d’apprentissage variées en mettant l’étudiant au cœur du dispositif en lui proposant des activités ludiques, engageantes qui se rapprochent le plus de son quotidien. « Ces conditions minimales supposent un investissement conséquent de l’administration universitaire, au travers d’une véritable politique du déploiement du numérique éducatif, bien conçu et partagé », conclut Nana Engo, Professeur d’université.