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General News of Monday, 8 February 2021

Source: Actu Cameroun

Le Gang biyayiste a fabriqué une société cinglée - Wilfried Ekanga

L’analyste politique Wilfried Ekanga affirme que le régime actuel a fabriqué une société dans laquelle, on trouve normal que la victime dise merci à son bourreau.


Dans une nouvelle publication faite sur sa page Facebook, Wilfried Ekanga comme à l’accoutumée, parle du Cameroun et du régime actuel, en mettant un accent sur l’idéologie prônée par les partisans du Chef de l’Etat Biya. L’analyste politique observe, que les biyayistes ont perverti la manière d’être des camerounais. Ils doivent dire merci à celui qui est leur bourreau. Pour être reconnu comme des patriotistes, ils doivent aimer Paul Biya. Ils observent que les partisans du régime sont allés jusqu’à présenter la liberté d’expression, d’agir, de venir et d’aller comme étant des dons du président de la République.

Retrouvez ci-dessous la tribune de Wilfried Ekanga
Merci à Paul Biya !!

LE « DON » DE LA LIBERTÉ
D’abord ils ont tenté de vous faire croire que le tribalisme était né au Palais des Congrès en 2018 avec la question (ô combien pertinente) de Maurice Kamto : » Faut-il un concours pour être Bulu ? ».

Puis ils ont décrété que le patriotisme consistait à aimer celui qu’ils aiment (puisque l’Etat c’est lui), même si nous voyons bien qu’il s’agit aujourd’hui d’une momie sénile, un fossile plus mort que vif dont la jouissance aux frais du contribuable est devenue l’unique leitmotiv.
Et pour finir, ils ont poussé la stupidité jusqu’à présenter la liberté (de presse, d’expression ou simplement la liberté d’aller et venir) comme un « don » du chef de l’État.

Comme on l’a souvent dit, le Cameroun est un gigantesque asile psychiatrique sans toit ni murs où il se passe des choses que l’on ne voit nulle part ailleurs. Le seul endroit au monde où on te dira que c’est « grâce à la magnanimité » d’un individu que tu peux parler. En d’autres mots, il t’a « offert » le droit de dire ce que tu veux, et tu lui dois reconnaissance (à défaut d’allégeance).

Car paraît-il, autrefois, parler c’était mourir un peu. Ainsi, le code secret de ces patriotes en sachet consiste désormais à vous lancer : » Au temps d’Ahidjo tu pouvais dire ce que tu dis là ? »

PANURGE – SAUTER OR NOT SAUTER ?

Il y a sur terre deux types d’individus : ceux qui prennent du plaisir à être des moutons sans volonté propre, et ceux qui exigent de la considération à la mesure de leur valeur humaine. Pour faire simple : lorsque tu es venu au monde, tu n’avais pas de menottes aux poignets. Aucun bébé ne naît enchaîné. Donc en sortant des entrailles maternelles, tu étais déjà libre ! La liberté est une essence, c’est-à-dire un cadeau de naissance, et non un acquis tardif.
Le plus fantastique cadeau de la nature après la vie, et nous l’avons reçu gratuitement !

Personne ne peut donc te donner ce que tu as déjà. Il faut avoir une réflexion totalement bloquée, (comme nos patriotes en sachet) pour vomir ce type de mixture.

Et puisque tu possèdes déjà la liberté, le seul mouvement que l’on peut te causer, c’est de te la retirer. Souvent à raison (si tu es bel un bien coupable d’un forfait), sauf que dans des États voyous où le Matango et les motions de soutien guident les décisions de justice, ce retrait n’a très souvent rien de rationnel. C’est pourquoi une femme de ménage incarcérée injustement pendant 9 mois n’a pas à dire merci à une quelconque magnanimité, bien au contraire !
Dans un pays crédible, ce serait plutôt à elle de déposer une plainte contre la grosse (très grosse) stupidité dont elle fut victime.

Le Gang biyayiste a fabriqué une société cinglée où l’on demande à l’esclave de remercier son bourreau de l’avoir « libéré » d’un cachot de la torture où lui-même l’avait mis, sans aucun jugement. Pire, ils ont formé leurs « intellectuels » du dimanche à aller défendre médiatiquement cette diablerie, afin d’imbéciliser le plus grand nombre. Aujourd’hui, ce qu’il faut au Cameroun, ce sont trois exorcismes simultanés (voire un quatrième en bonus !)
Lorsque le penseur allemand Max Weber théorisait la relation de l’homme à l’Etat, il évoquait un » rapport de domination […] fondé sur le moyen de la violence légitime ». Et tout en insistant sur ce mot (légitime), il précisait que l’Etat de droit s’appuie sur la domination « légale rationnelle ». Autrement dit, il ne s’agit pas de faire ce qu’on veut parce qu’on a le pouvoir. Au contraire, même le pouvoir est soumis au droit ! Il a donc des limites.

Au pays des Crevettes, c’est la domination tribale wamakoulienne.
Et le tribalisme wamakoulien (comme le wamakoulisme tribal) est illimité.
ONCE AGAIN !

La liberté est donc intrinsèque, innée. C’est le bien initial, le Ground Zero. Elle ne se donne et ne se retire pas selon les pulsions d’une clique de fous, rythmées par les décibels de quelques « Ayop !» affamés. En plein XXIe siècle, il y a des phrases qu’on ne dit plus (« Au moins il nous a donné la liberté »), sauf si on a un fantasme aigu pour le vampirisme.

Un président, frauduleux ou non, n’est pas le patron, mais plutôt l’employé du peuple dont il a la charge. Les Romains ne disaient pas « Minister » (« serviteur ») pour rien. Le peuple trône au-dessus de ses élites et non l’inverse. Alors c’est d’abord à lui d’exiger des comptes face à une gestion cataclysmique de la mission à lui confiée. Comment expliquer que vous continuez à magnifier un brigand qui vous a promis 500 000 emplois en 2019 alors que vous saviez déjà a l’époque qu’il se moque de vous ?

La liberté est garantie par la Constitution et exposée sur toute son étendue. Elle n’est pas distribuée la veille de Noël par un « Père de la Nation » omniabsent. Quand à la privation de liberté. elle est régie par les seules lois pénales de la République. Ce qui signifie que même ceux qui possèdent l’immunité peuvent la perdre en cas de délits graves, car nul est au-dessus des règles. C’est pourquoi les Romains disaient aussi : « Dura Lex, Sed Lex » (« La loi est dure, mais c’est la loi ».)

Chez les mêmes Romains, on avait aussi coutume de procéder à une ablation partielle des organes génitaux (castration), soit pour une promotion à une responsabilité élevée, soit plutôt en guise de punition pour un forfait donné. Ces hommes émasculés étaient appelés « eunuques ». Alors selon les patriotes en sachet, nous devrions être heureux de ne plus être dans la Rome Antique, car nous aurions finis en eunuques.

Or jusqu’à preuve du contraire, mes organes génitaux sont un don de la nature que nul n’a le droit de me retirer. Je n’ai donc pas à remercier quiconque de les avoir. Et il en va de même pour la liberté au pays des Crevettes.


… sauf pour ceux qui estiment qu’ils sont nés eunuques (On ne sait jamais).

EN BREF :
Merci à Paul Biya quoiqu’il en soit. Merci d’avoir élaboré un programme de crétinisme et d’animalisation des masses aussi excellent (à défaut d’un programme de gouvernance). Grâce à lui, je sais aujourd’hui que les femmes doivent remercier les hommes de ne pas les violer à chaque coin de rue, vu que c’était comme ça dans les royaumes archaïques. Au moins, sous Biya, elles peuvent marcher librement.

Le patriotisme biyayiste, c’est comme le Kitoko : c’est en sachet.

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