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General News of Wednesday, 22 January 2020

Source: camerounactuel.com

Le Cameroun n’a pas tiré les leçons de la catastrophe d’Eseka

Ingénieur de génie civil et expert ferroviaire, il analyse froidement l’incident fer-roviaire survenu dans la nuit du 18 au 19 janvier dernier entre les localités de Bélabo et Goyoum.

Un incident ferroviaire est survenu dans la nuit du 18 au 19 janvier dernier entre les localités de Bélabo et Goyoum, dans la région de l’Est. Quelle première analyse faites-vous en tant qu’expert ferroviaire ?
A première et si je m’en réfère aux images qui circulent dans les réseaux sociaux, la cause serait une déformation de voie. Par ailleurs, le désagrément causé aux usagers par cet incident est dû au fait que le réseau transcamerounais reste aujourd’hui encore en voie unique. Ainsi, toutes les circulations sont interrompues ou annulées jusqu’à la remise en état de la voie.

Ceux qui pointent un doigt accusateur sur la caducité l’infrastructure et des engins ont donc raison ?
Tout à fait ! La déformation de voie est essentiellement due au mauvais entretien et à la vétusté de la voie ferrée. En effet, une voie vétuste et mal entretenue ne résiste pas au flam-bement causé par une grande variation de la température. D’où les incidents que nous enregistrons régulièrement spr nos voies ferrées.



En guise de mesure conservatoire la société Camrail a décidé de suspendre les trains couchettes au départ de Yaoundé à destination de Ngaoundéré. Comment appréciez-vous cette démarche ?
Comme je l’ai dit, l’exploitant de la voie ferrée dans te contexte de la voie unique ne peut que suspendre la circulation des trains. Toutefois, ceci devrait être suivi d’autres mesures commerciales visant à réparer ou à atténuer le désagrément causé aux usagers. Il faut espérer que la remise en l’état de la voie ferrée se fasse dans les délais maîtrisés pour atténuer le manque à gagner des opérateurs économiques. Surtout quand on sait que sur les 150 000 passagers et 1 650 000 tonnes de fret transportés par an par les trains de la Camrail, le plus grand nombre est enregistré sur l’axe Yaoundé-Ngaoundéré.

Faut-il en conclure que le Cameroun n’a pas tiré les leçons de la catastrophe ferroviaire d’Eseka en 2016 ?
Dans la mesure où les mesures préconisées par la Commission d’enquête sur la catastrophe ferroviaire d’Eseka attendent encore leur implémentation, en particulier lai mise en ptace d’une I société de gestion du Patrimoine ferroviaire! visant une amélioration de la qualité des infrastructures, la réponse est affirmative.

À la suite de cette catastrophe justement, le président de la République a décidé de la création d’une Commission d’enquête. A quoi a donc servi le rapport final d’expertise publié au terme des investigations ?
D’abord, on devrait se féliciter de la publication du rapport de cette commission. Le rapport visait à établir les causes et les responsabilités de cette catastrophe, cela a été fait, il appartenait par la suite au Gouvernement de mettre en œuvre les préconisations pertinentes de ce rapport d’une part et à la justice de prendre le relai pour rendre justice aux victimes et punir les coupables.

Pensez-vous que la réhabilitation complète annoncée des 1010 km de voies entre Douala et Ngaoundéré, auxquels s’ajoutera l’embranchement entre la ville de Kumba, près du lac Barombi, et Douala, permettra de sortir du gouffre ?
Non. Avec cette réhabilitation, on reste en voie unique avec un tracé sinueux par endroit qui limite la vitesse des trains. Il faut construire de nouvelles voies en envisageant des systèmes modernes pour une augmentation sensible de la vitesse des trains voyageurs. La mise en place d’une société de gestion du patrimoine pour séparer les fonctions d’exploitation et de gestion du patrimoine reste attendue. En effet, la tendance de l’exploitant à faire des économies sur la maintenance de la voie et du matériel roulant pour maximiser ses bénéfices conduit à des négligences dans gestion du patrimoine.

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