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xxxxxxxxxxx of Saturday, 20 March 2021

Source: cameronnvoice.com

La désarmante mise en garde de Ayuk Tabe à Paul Biya

« Nous n’avons pas abandonné, notre quête pour une Ambazonie libre et indépendante est au-delà de nous et si c’est le prix à payer, nous le paierons ». Cet avertissement sans équivoque est du leader anglophone Sisiku Julius Ayuk Tabe qui, de sa prison au Cameroun où il purge depuis 2019, une peine de prison à perpétuité, a accordé une interview au panafricain Jeune Afrique basé en France.

Le régime en place au Cameroun qui a déclaré en 2018 la guerre aux sécessionnistes anglophones désignés “terroristes” pour les besoins de la cause, et dont les forces armées se livrent à une guerre impitoyable faite d’exactions et autres actions innommables, peut-il raisonnablement se vanter d’avoir écrasé le soulèvement anglophone du simple fait d’en avoir embastillé les leaders ? Les apparences plaident pour une réponse par l’affirmative.

En effet, quoique les affrontements entre les deux camps continuent depuis quatre ans et donnent l’impression que les ” terroristes” tiennent plutôt la dragée bien haute aux forces gouvernementales pourtant nombreuses et plus équipées, les principaux meneurs du mouvement sécessionniste sont en prison. Ceux qui sont encore en liberté sont exilés, et brillent par des discours sans lendemain sur les réseaux sociaux, plus que par des actions remarquables, à l’instar des démarches diplomatiques en direction de la communauté internationale, qui valent tous les combats armés compte tenu de la noblesse de leur cause, qui, elle, se serait bien passée des actions qui les font ressembler à s’y méprendre à leurs adversaires du camp d’en face (Cf. la multiplication des abus dans les régions anglophones du Cameroun par les séparatistes armés, qu’a dénoncée en fin de semaine dernière la chercheuse Senior de Human Rights Watch pour l’Afrique Centrale, Illaria Allegrozzi). Leurs divisions sur fond d’invectives et accusations mutuelles, supplantent aussi la défense idéologique de la cause indépendantiste, sécessionniste ou “restaurationniste” qui devrait pourtant les unir, et à laquelle, à bien y regarder, ils ne se réfèrent plus ces derniers temps que sporadiquement, à leurs heures.

Il n’est, dès lors, pas étonnant que des faucons du camp adverse aient pu, -c’est un secret de polichinelle-, infiltrer gravement leurs rangs, pour retourner bon nombre d’entre eux, ou pour y créer ses propres milices entristes chargées entre autres de commettre des atrocités qui sont ensuite mises sur le compte de l’un ou l’autre des groupes armés, engagés idéologiquement ou opportunistes, qui se réclament de la cause sécessionniste.

Il n’en demeure pas moins qu’au fond, les choses vont tout autrement. Même dans les fers, le véritable leadership anglophone incarné par Sisiku Julius Ayuk Tabe garde le moral haut, et tout en montrant des dispositions à l’ouverture, campe la posture d’une inaltérable fermeté, rappelant des leaders historiques comme Mohandas Gandhi (“Le Mahatma”) et Nelson Mandela (“Madiba”) ou plus près de nous Maurice Kamto, qui ont su résister à la répression et à l’oppression dans toute leur férocité, sans passer de l’autre côté de l’obscur, ni faiblir.

C’est la conclusion que l’on tire après avoir parcouru l’interview publiée par J.A. de l’ancien chef du « Gouvernement Provisoire de la République Fédérale d’Ambazonie ».

Une interview dans laquelle Sisiku Julius Ayuk Tabe adresse un message sans ambigüité à ceux qui dansent la sarabande autour de ce qu’ils croient déjà être le cadavre la lutte des Southern Cameroonians pour l’indépendance de leur “pays”, l’Ambazonie : « … Tant que les militaires camerounais occuperont notre territoire, nous résisterons », affirme-t-il en regrettant le lâchage des anglophones par la communauté internationale, ainsi que la tournure sanglante des choses : « Nous regrettons que la communauté internationale ne tienne pas ses engagements, tout comme nous déplorons les pertes en vies humaines. »

Malgré le risque que les conditions de sa détention se dégradent considérablement après cette interview, celui que le gouvernement camerounais a préféré envoyer en prison pour le restant de ses jours -tout en claironnant qu’il n’avait pas toujours identifié les meneurs du sécessionnisme susceptibles de tenir lieu d’interlocuteurs pour des pourparlers permettant de faire l’économie du bain de sang en cours depuis 2017- ne démord pas, et appelle « la communauté internationale, et en particulier l’Onu, à restaurer la légalité et la vérité historiques dans nos relations avec la République du Cameroun. ».

« Légalité et vérité historiques », car Sir Sisiku se refuse à valider l’idée que les siens et lui sont des sécessionnistes. Un statut qu’il semble attribuer au camp d’en face : « Les secessionnistes sont ceux qui gouvernent le Cameroun. Ceux qui veulent assimiler une nation qui s’est jointe à eux par référendum le 1er octobre 1961 ».

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