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General News of Sunday, 24 January 2021

Source: Actu Cameroun

'L’élite du Nord-Ouest a démissionné face à la crise anglophone'

Pour le prélat, l’élite critique la situation mais n’ose pas proposer les solutions bonnes et radicales que l’Etat doit prendre.
Sur les antennes de la télévision nationale (CRTV), dans la soirée du vendredi 22 Janvier 2021, le cardinal Christian Tumi est revenu sur son enlèvement en novembre par des miliciens sécessionnistes et a parlé des possibilités de sortir de la guerre qui depuis près de 4 ans embrase les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Le prélat à la retraite raconte qu’il a dormi sur un semblant de matelas attendant le lever du jour. Une journée qui s’annonce sous de bons auspices : « Quand le soleil se lève, les garçons, me disent : « nous allons vous libérer vous et votre chauffeur. Mais nous ne pouvons pas sortit d’ici comme nous étions venus ». Ils craignaient de se confronter à l’armée ». Il confie n’avoir rien mangé depuis son arrestation jusqu’à sa libération à 10 heures.

Christian Tumi a dit qu’il avait été assailli comme jamais auparavant dans sa vie par les moustiques : « Je n’ai jamais passé une nuit dans une telle situation ». Après sa libération, sera interné deux jours dans un hôpital de Kumbo la ville qu’il n’a accepté de quitter qu’après avoir appris la libération du fon de Kumbo.



Le serviteur de Dieu révèle qu’il s’est entretenu avec ses ravisseurs et leur a dit qu’il n’était pas d’accord avec le fait qu’ils interdisent l’ouverture des écoles. Il affirme aussi qu’un des chefs de groupe armé opérant dans son village lui a confié que la majorité des combattants sont des Nigérians, avec un seul Camerounais.


« Quelle que soit la situation aujourd’hui, chaque fois que je vais là-bas je constate qu’il y a un progrès. Je demande aux évêques qui sont là-bas si la situation qui prévaut là-bas est la même qu’hier, ils disent : « non, il y a un changement en bien », rapporte-t-il.

Le grand dialogue national
Tumi pense que ceux qui critiquent le Grand dialogue national organisé en 2019 à Yaoundé sont ceux qui n’y ont pas pris part. Il soutient que là-bas « tout le monde disait ce qu’il pensait ». Pour lui, « le chef de l’Etat était assez ouvert pour cette affaire-là ».

Christian Tumi dit que l’élite du Nord-Ouest a démissionné face à la crise. « Elle critique la situation mais n’ose pas proposer les solutions bonnes et radicales que l’Etat doit prendre », déplore l’homme qui aura 91 ans cette année. Il n’est « pas prêt à retourner » dans son village : « Il ne faut pas que les gens croient que eux qui sont au pouvoir aiment le pays plus que nous autres », dit-il.

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