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General News of Thursday, 14 November 2019

Source: L'Anecdote n°1058

Législatives et municipales 2020: le RDPC en voie de disparition !

Alors que des appels à l’organisation des primaires fusent de la base, la hiérarchie du parti semble pencher pour le parachutage des candidats à la gestion des communes et à la députation.
Depuis l’annonce le 10 novembre de la tenue des législatives et des municipales le 09 février 2020, c’est le branle-bas dans les rangs du rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). De ce côté, le débat achoppe sur le mode désignation des candidats à la députation et à la gestion des mairies. Entre les partisans des investitures et ceux des primaires, l’espace public est envahi par des arguments les uns plus convaincants que sur les autres sur le bien-fondé des primaires dans le parti, en lieu des investitures.

Pour les grands théoriciens et cliniciens de la politique, ce mode de sélection des candidats présente l’avantage de démocratiser la désignation des candidats aux élections, susciter le débat public sur des questions d’intérêt général; élaborer un projet de développement local en phase avec les aspirations profondes et légitimes des électeurs.

Pour Christophe Mien Zok du RDPC, réagissant il y a quelques années au débat sur la question dans un éditorial encore d’actualité à ce jour, indiquait que «les primaires ou consultations et autres présélections des candidats à la base, ont toutefois montré leurs limites par le passé puisqu’elles ont plus ou moins consacré de grands électeurs (présidents de comités de base, membres des bureaux des organes de base) sensibles à toutes sortes d’influences, en commençant par celle de l’argent. Des personnes peu recommandables et à la moralité parfois douteuse ont ainsi fait intrusion dans le parti, écornant au passage son image et ses valeurs ».

Ainsi, craignant l’invasion des forces de l’argent dans le parti, le RDPC a depuis renoncé à ce mode de sélection de ses candidats aux élections législatives et municipales.

Toujours est-il que pour le scrutin du 09 octobre 2020, même si le parti avait à cœur de faire jouer la démocratie dans la présélection des différents candidats, le temps imparti à la préparation et à l’organisation du scrutin en interne, n’autorise plus cette démarche. En effet, entre la session parlementaire, la constitution des dossiers de candidatures et leur dépôt à Ele-cam, il est difficile voire impossible d’organiser une primaire.

Mais les textes du parti sont claires sur la question : l’article 23 des statuts dispose en son alinéa 1 que « le comité central est l’organe chargé d’assurer la direction du Parti » ; à l’alinéa 5, il est dit que «le comité central accorde les investitures du parti à l’occasion des élections nationales ou locales». Quant à l’article 58 du règlement intérieur, les investitures restent la règle consacrée dans la sélection des candidats. « Sans préjudice des dispositions de l’article 2 7 des statuts, le comité central accorde l’investiture aux différentes consultations électorales. Il peut investir un ou plusieurs candidats du parti pour un même siège ou présenter une ou plusieurs listes », dispose l’alinéa 1.

« Toutefois, pour les élections locales, le comité central peut sous sa supervision, habiliter les organes de base du rassemblement démocratique du peuple camerounais à accorder l’investiture à un ou plusieurs candidats du parti pour un même siège ou à une ou plusieurs listes », précise l’alinéa2. Seulement, assure Mien Zok, «chaque fois que le parti a organisé le renouvellement des bureaux de ses organes de base (…), il s’est exposé à toutes sortes de risques, le moindre n’étant pas la tentation des battus et des déçus d’aller miser leurs chances dans d’autres partis », poursuit le directeur des organes de presse du parti au pouvoir. L’autre versant des investitures reste donc la tentation pour tous les déçus de rallier les rangs de formations prêtes à les investir dans les bastions autrefois tenus par le RDPC. Ce qui mettrait à mal le parti au pouvoir en difficulté dans bien des localités.

Ainsi, pour ceux qui se sont préparé à lancer une Opa sur le Parti pour devenir élu local ou député de la nation, par la force et le pouvoir de l’argent, ils devront d’abord faire siennes ces dispositions qui risquent de briser des destins politiques et des rêves… en technicolor. Bien que le comité central doive tenir le plus grand compte de l’avis de la base, celui-ci peut être rejeté si les circonstances, les enjeux, et paramètres v l’exigent.

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