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General News of Friday, 14 August 2020

Source: www.camerounweb.com

L'ex fiancée de Cabral Libii écrit à Paul Biya et lui ouvre son coeur

L'horrible assassinat de la femme par des présumés sécessionnistes ambazoniens à Muyuka continue de faire parler l'opinion. Des voix s'élèvent pour exiger l'arrestation et la condamnation des auteurs de ce crime.

L'ex fiancée du leader du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) Cabral Libii, n'a pas hésité à mettre sa plume au profit de cette masse silencieuse qui exige la manifestation de la vérité et de la justice. Pour se faire, Laila Mbombo ne s'est pas fait prier pour adresser une lettre ouverte au premier des Camerounais, Paul Biya.

Dans sa lettre écrite "avec un poids énorme sur le cœur", la "native du Cameroun" sollicite la réaction du locataire du palais d'Etoudi. Selon cette dernière, la victime "égorgée comme un mouton" aurait pu être Brenda Biya.
"Cette femme aurait pu être votre propre fille car nul n'est à l'abri de ce type de sauvagerie dans un État en crise. Au travers de votre personne, le plus haut sommet de l’État Camerounais, je souhaite donc attirer l'attention des ministères de l'intérieur, de la Justice, des personnes en charge de la condition des femmes dans votre gouvernement et même celle de votre épouse." a-t-elle précisé.

Ci-dessous l'intégralité de la lettre

Monsieur Le Président, face au crime, faites taire l'insupportable silence!

Monsieur le président de la république du Cameroun, c'est avec un poids énorme sur le cœur que je prends ma plume (ou plutôt mon clavier) pour vous écrire. Pour vous clamer mes meurtrissures; toutes ces contusions sociales.

Je vous sollicite au nom de la Justice au 21ème siècle. Dans notre pays, rien ne justifie la barbarie des exécutions d'humains qui défilent sur les réseaux sociaux. L'une des dernières en date est plus qu’effroyable. L'exécution d'une femme égorgée comme un mouton; saignée comme un porc sans autre forme de procès. Honte à ces assassins, qu'il est me semble-t-il de votre devoir de pourchasser et de châtier de façon exemplaire. Que des policiers et des magistrats ne vous disent pas qu'ils ne savent pas qui sont ces criminels, tellement leurs visages de coupables assumés fiers de leur crime, apparaissent sur la vidéo diffusée en ligne! Petite remarque au passage, ils ne ressemblent pas du tout à ceux présentés sur le site de l'armée camerounaise.

Cette femme aurait pu être votre propre fille car nul n'est à l'abri de ce type de sauvagerie dans un État en crise. Au travers de votre personne, le plus haut sommet de l’État Camerounais, je souhaite donc attirer l'attention des ministères de l'intérieur, de la Justice, des personnes en charge de la condition des femmes dans votre gouvernement et même celle de votre épouse. Il y a hélas trop de violences aujourd'hui au Cameroun. Trop d'assassinats en particulier des femmes. Il faut que vous remettiez votre main ferme dans le gant de la Justice. Il ne doit plus avoir de place, aux différents niveaux de l’État, pour la complaisance. Car, demain, vous ainsi que tous les serviteurs du pays en charge de la Police et de la Justice; vous qui vous taisez aujourd'hui, apparaitrez comme complices! Les autres nous regardent, vous observent et prennent des notes.

Monsieur le président, la malédiction du pétrole frappe-t-elle le Cameroun en plein cœur? Vous avez les leviers pour y mettre fin. Peu importe la raison, nul ne doit souiller la dignité humaine. Aux abattoirs, les animaux sont mieux traités que cette pauvre camerounaise et tous ceux avant elle. Cette lâche boucherie me révolte. Mais aussi, cette flambée de l'insécurité, ces tensions qui embrasent le pays tout entier. Que de divisions Monsieur le Président! Que de ravages dans votre République. Au fil des années, ce système a fait de nous, tout sauf des citoyens. Certains esclaves de l'argent, chantres de la roublardise ont fait de nous des "oisifs". Parce que nous réclamons nos libertés, nous sommes désormais "Ambazoniens", "Talibans", "Cabris", "Tontinards", "Sardinards", "Trouillards" et maintenant nous devenons des "Sicarillos" à la lame tranchante. Non! Pas les Sicarillos.

Monsieur le Président, je n'ai encore vu aucune réaction à cette abomination venir de votre palais présidentiel. Nous voulons d'une patrie et seulement d'une patrie. Nous ne voulons plus de morts. Une force sans Justice est accusée. Il vous revient donc de mettre ensemble la Justice et la force pour que ce qui est juste soit fort et que ce qui est fort soit juste. Vous aurez compris cette pensée de Blaise Pascal. Nous revendiquons d'être au Cameroun, dans un état de droit où la justice personnelle voire clanique n'a plus cours. La justice divine nous est certes promise mais celle des hommes doit aussi passer dans toute sa rigueur et cela vous appartient.

Au nom de la Justice pour tous, des millions de Camerounais attendent des actes forts et exemplaires de votre part.

Sauvez-nous! Et sauvez-vous!
Signé,
Laila Mbombo, une native du Cameroun.

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