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General News of Saturday, 11 July 2020

Source: rfi.fr

L'armée recrute des civils contre Boko Haram: Human Rights Watch déballe tout


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Des civils utilisés de force dans la lutte contre Boko Haram dans la commune de Mozogo dans l'extrême-nord du Cameroun. C'est en tout cas ce qu'affirme Human Rights Watch. Selon l'ONG, l'armée camerounaise et les autorités administratives locales y obligent des dizaines de civils à surveiller Mozogo la nuit, pour alerter en cas d'attaque de Boko Haram, sous peine, en cas de refus, d’être roués de coups ou menacés. L'ONG appelle les autorités camerounaises à enquêter et à faire cesser ces pratiques.

A l’appui de l’enquête de Human Rights Wtach, il y a notamment des listes, dont l’ONG a pu obtenir des photos. On y voit les noms de dizaines de civils, dont au moins un enfant, désignés selon l'ONG par les autorités civiles et miliaires locale pour assurer des gardes de surveillance de nuit en divers endroits de Mozogo, et alerter en cas d’attaque de Boko Haram.

Sur ce document, instruction est donnée noire sur blanc aux responsables de la zone de « punir » ceux qui s'y refuseraient. « Les listes ont été affichées dans des lieux publics comme par exemple le marché de Mozogo, explique Ilaria Allegrozzi, chercheuse à Human Rights Watch, à Florence Morice du service Afrique de RFI. Et les gens qui ont refusé d'assurer ces taches de sentinelles ont été traqués dans leurs quartiers, menacés de mort et de violences mais aussi passés à tabac, même en public.»

Selon l’ONG, c’est en mars que ce système a été mis en place, peu après une attaque meurtrière de Boko Haram dans la localité. Une pratique non seulement « illégale », souligne la chercheuse mais également « extrêmement dangereuse », car ces personnes « ne sont pas entraînées, n'ont rien pour se défendre, n'ont pas l'expérience pour faire ça, et surtout il s'agit de travail forcé donc c'est une pratique illégale. Ces personnes ne reçoivent aucune compensation pour ce travail. Demander à des civils de faire le travail des militaires, ce n'est pas possible !»

L’ONG précise que selon son enquête, les passages à tabac - fréquents au début - ont cessé depuis fin avril mais que ces gardes de nuits forcées continuent, poussant certains habitants à « fuir » Mozogo, et obligeant ceux qui sont restés à « vivre dans la crainte ».

Le porte-parole de l'armée n'a pas souhaité commenter et RFI n'a pas pu joindre les autorités locales. Human Rights Watch a recensé, depuis janvier, plus de 200 attaques et incursions dans la région de l’Extrême-Nord, faisant au moins 126 morts.

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