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General News of Monday, 8 June 2020

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L'ambassadeur Guilhou' devient le porte-parole de Biya', Penda Ekoka en colère


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La dernière “rencontre-vidéo” vendredi 4 juin, entre l’Ambassadeur de France au Cameroun et le président officiel du Cameroun n’a pas laissé indifférent de nombreux Camerounais avisés, choqués de constater que nonobstant leurs récriminations relatives à l’effacement et au mutisme de carpe de leur chef de l’Etat, celui s’obstine à ne pas apparaitre devant eux de façon à lever le doute qui plane sur son état de santé, et surtout, à ne plus annoncer les grandes décisions que par la voix de l’Ambassadeur de France au Cameroun.

Mardi, en effet, les Camerounais apprenaient avec l’assassinat du journaliste anglophone Samuel Wazizi par l’armée. La tragique nouvelle, annoncée par nos confrères d’Equinoxe TV, laissait penser que la survenue de ce décès, des suites de mauvais traitement, était récente. Les investigations minutieusement menées par Cameroonvoice dès le lendemain, mercredi, ont permis de comprendre que plus qu’un mauvais traitement, c’est à un massacre du pauvre journaliste que s’étaient livrés les militaires du 21ème Bataillon d’Infanterie Motorisé (BIM) et que le jeune présentateur de CMTV a Buea n’a pas été en mesure de supporter la torture et en a succombé pendant que ses bourreaux qui le soumettaient à ce traitement monstrueux lui disaient qu’ils allaient le tuer et que cela n’allait entrainer que des protestations qui s’estomperaient bien vite. Cette révélation de Cameroonvoice a contraint l’armée, mise dos au mur, à monter au créneau, en s’essayant au semblant de vérité selon laquelle la victime dont le décès n’a été annoncé que début juin, était effectivement mort deux semaines après son arrestation, c’est-à-dire il y a plus de neuf mois-, et parlant de ce professionnel des médias comme de quelqu’un «se disant animateur dans une chaine de télévision locale », qui « était en réalité un logisticien de divers groupes terroristes ».

Vendredi, l’Ambassadeur de France s’est rendu à la présidence de la république pour annoncer l’instruction d’une enquête visant à faire la lumière sur cette affaire. Mais si Christophe Guilhou attribue l’instruction de cette enquête à Paul Biya (dont la question de la vie ou de la mort demeure au centre des préoccupations tant que les Camerounais ne l’auront pas vu ailleurs qu’à la télé, sur Youtube, Facebook ou Twitter, n’en déplaise à Jacques Fame Ndongo, René Sadi, Charles Ndongo et autres saltimbanques de la parole officielle), il s’en attribue l’initiative dans une tournure phrastique assez sibylline :

«Nous avons parlé droits de l’homme, puisque je lui ai fait part de ma vive émotion suite au décès du journaliste Samuel Wazizi, et le président m’a promis qu’il allait lancer les enquêtes pour faire toute la lumière sur cette affaire ».

Cette déclaration de l’Ambassadeur de France qui choquerait tous les Camerounais si tous n’étaient pas d’accord sur le fait que sans la voie de l’extérieur, la France notamment, le régime aurait déjà exterminé toute son opposition, a eu le mérite de permettre aux Camerounais d’identifier réellement les chantres du respect de la souveraineté du Cameroun. Et c’est le lieu de le dire, quitte à subir le sort de Wazizi ou de l’artiste Longue Longue, puisque c’est désormais le sort qui attend tous les Camerounais qui ne chantent pas les louanges du régime, ils ne se trouvent pas dans le camp de ceux qui crient au loup de l’appel à l’immixtion de l’étranger dans les affaires du Cameroun et clament sur les toits la souveraineté du Cameroun qui n’est ni une sous-préfecture de la France, ni un comté américain ». La preuve !

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Pas étonnant que le président du Mouvement de la société civile AGIR, ancien Conseiller Technique à la Présidence de la République, Christian Penda Ekoka, s’émeuve de l’étrange couple que forme le « soi-disant chef de l’Etat » camerounais « et l’ambassadeur de France, devenu son porte-parole », puisque relève l’allié du candidat Maurice Kamto à l’élection présidentielle de 2018, c’est « Ce dernier [qui] révèle l’instruction présidentielle d’une enquête sur la disparition tragique de #SamuelWazizi ».

Le constat de Christian Penda Ekoka se situe dans le sillage des interrogations qui ont cour au sein de la population camerounaise. Où l’on se demande si celui qui est officiellement l’Ambassadeur de France au Cameroun n’est pas simplement un administrateur colonial (genre Pierre Messmer ou Jean Ramadier; ce dernier, même si son ministère ne dura que deux semaines au Cameroun, fut la main avec laquelle la France balaya l’autocrate avant la lettre André-Marie Mbida, jugé très brutal et peu fiable pour conduire le Cameroun à son indépendance). La question ainsi formulée, et les mêmes causes produisant les mêmes effets, on en arrive à une autre préoccupation, tout aussi inquiétante, indépendamment du fait que le président soit vivant ou mort : Et si Christophe Guilhou travaillait avec les artisans de la succession de gré à gré qui ambitionnent de remplacer « le vieux » par un membre du cercle ayant le profil du bon valet françafricain pour faire provisoirement l’affaire, jusqu’à la présidentielle de 2025. A moins que les Camerounais décident de prendre leur destin en mains et de remettre tout à plat.

Sinon il faudrait que les spécialistes du décryptage de la parole, du silence, du geste, de l’attitude, de l’absence, de la présence, de la gestuelle, de la boutade et de la moue présidentielle expliquent comment après avoir reçu deux ambassadeurs (Corée du Sud et France) le même jour, c’est celui de la France qui se répand dans les médias, pour annoncer l’enquête sur un crime impardonnable commis au Cameroun par des Camerounais, contre un ou des Camerounais.

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