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General News of Wednesday, 28 April 2021

Source: www.camerounweb.com

Kand Owaslky écrit aux universitaires Camerounais

Répondant aux universitaires qui jouent les équilibristes sur les plateaux de télévision, le militant du Mrc, pense qu’on ne peut pas être un universitaire et à la fois un équilibriste, surtout lorsqu'on s'invite sur les plateaux télés, sur les réseaux sociaux et dans les débats publics pour, soit-dit en passant, éclairer l'opinion de ses analyse d'érudit. Voici son adresse.

MON ADRESSE AUX UNIVERSITAIRES CAMEROUN

[NB: je vais plusieurs fois me répéter dans le texte ci-après et cela de façon entièrement volontaire, la répétition étant la mère des sciences et la mère de la pédagogie.]

Dans le champ politique camerounais en particulier et dans le champ politique en général, l'on ne peut pas être à la fois un universitaire et un équilibriste. Non, les deux ne sont pas compatibles, surtout lorsque l'on exerce son savoir dans le domaine des sciences humaines et littéraires (science politique, sciences juridiques, histoire, littérature, ...). L'on ne peut pas être un universitaire et à la fois un équilibriste, surtout lorsqu'on s'invite sur les plateaux télés, sur les réseaux sociaux et dans les débats publics pour, soit-dit en passant, éclairer l'opinion de ses analyse d'érudit. Non, l'on ne peut pas être à la fois un universitaire et un permanent équilibriste, cela n'est tout simplement pas possible, c'est à la limite antinomique. Les pires des cas étant bien sûr ceux-là qui parviennent à faire une telle navigation tout au long d'une même et unique journée, voire d'une même et unique prise de parole en l'espace d'une même émission télé ou radiophonique, ou d'un texte quelconque qu’ils produisent.

Non l'on ne peut pas se dire être un universitaire, et un jour être à gauche, le lendemain à droite, puis le surlendemain à nouveau à gauche, et le jour d’après à nouveau à droite. C'est tout simplement manquer de direction, de conviction, et à la limite c’est même tout simplement manquer d'âme (intellectuelle) et manquer de personnalité. Car oui, disposer d'un cerveau ne signifie pas forcément disposer d'une boussole cérébrale. Être capable d'analyser et de comprendre des situations complexes ne signifie pas forcément que l'on est soucieux de s’imposer une trajectoire intellectuelle. Ainsi, il y en a qui peuvent mettre leur intelligence au service de toute cause tandis que d'autres ne l'inscrirons que dans une trajectoire bien (pré)déterminée ou recherchée. Mais le vagabondage intellectuel ou plutôt le vadrouillage intellectuel est un luxe que ne peut se permettre tout universitaire sérieux, notamment dans le domaine de la science politique ou des sciences juridiques.

Un universitaire n'est pas un équilibriste et un universitaire ne saurait en permanence se comporter tel un politicien. Si un universitaire camerounais souhaite être un "universitaire neutre", alors il doit cesser d'écumer les plateaux télés et radios ou d'occuper les réseaux sociaux. Car au moins là, il ne sera pas confronté à la difficulté de devoir en permanence clairement prendre position sur des sujets qui alors lui apparaitraient épineux ou embarrassant. Un universitaire ne peut être un équilibriste. Oui, il pourrait à sa convenance se prévaloir d'une certaine réserve et/ou d'une certaine retenue sur certains sujets soumis à son observation, à son commentaire ou à son analyse. Mais il ne s'aurait à sa convenance en permanence jouer les équilibristes, au risque même de perdre à la longue toute crédibilité scientifique et même éthique.

Non, non, non, nos universitaires camerounais doivent apprendre à assumer clairement leurs positions scientifiques, idéologiques ou mêmes affectives sans en permanence se noyer derrière des équilibrismes de façade. L'équilibrisme est en soit un métier, l'un des plus difficiles d'ailleurs du domaine des arts. Mais cela n'a rien à voir avec l'équilibrisme cérébral de certains de nos universitaires des plateaux télés. Il faut respecter le métier d'équilibriste et il faudrait à la limite pour certains de nos universitaires camerounais clairement changer de métier s'ils estiment avoir loupé leurs vocations premières d'universitaire qui, elle, est adossée à une prise de position claire sur des sujets et non pas à une permanente contorsion périlleuse du cerveau du fait d'analyses tout aussi en permanence à la recherche d'un équilibre entre divers acteurs et diverses parties.

Non l'on ne peut pas être à la fois un universitaire et un équilibriste. L'universitaire pourrait encore, à la rigueur, se réfugier derrière une certaine réserve et même là encore tout-à-fait discutable, mais l’universitaire qui s'exprime publiquement se doit de prendre clairement position et ne devrait pas se cantonner un jeu permanent d'équilibrisme ou d’équilibriste. De là, pourrait d'ailleurs découler un certain mérite de la part des intellectuels universitaires du pouvoir, car au moins eux n'avancent pas ou ont depuis longtemps cessé d’avancer à visages masqués ou à visages mi découverts. Lorsqu'ils, ces universitaires du régime, prennent positions sur un sujet, tout le monde sait d'avance qu'ils mettront à contribution toute leur intelligence pour défendre même l’indéfendable, du moment où cela visera à défendre le régime en place et par ricochet leurs propres intérêts individuels et quelques fois profondément égoïstes.

S'il ne fallait citer que quelques noms : qui serait encore véritablement choqué de voir, (de lire ou d'écouter) un Professeur Njoh Mouelle, un Professeur Kontchou Kouemegni, un Professeur Fame NDONGO, un Professeur Mono Ndzana, un Professeur Joseph Owona, un Professeur Ntuda Ebodé, un Professeur Mouelle Kombi, un Professeur Messanga Nyamding, un Professeur Aboya Endong, un Professeur Owona Nguini, pour ne citer que ceux-là (et cela sans que les autres non ici cités n'aient pour autant « démériter »), déployer tout leur intellect pour défendre le régime Biya, quel que soient les arguties qu'ils puissent déployer comme arguments d'autorité pour atteindre leurs fins? Qui en est ou en serait encore véritablement choqué ou surpris! Personne ou presque personne, parce qu’ils ont clairement choisi leur camp depuis fort longtemps, et que ce camp est connu de tous, et qu'ils avancent par conséquent à visage plus que découvert dans leurs analyses de l’actualité politique. Au moins le peuple souverain sait clairement à ce moment-là quelle valeur porter à leurs argumentations politiques, quel que soit l'enrobage scientifique dans lequel ils pourraient le présenter! Et cela est tout autant valable pour tous ces autres jeunes Docteurs universitaires, s'engageant dans cette même voie de l'intelligence mise au service de la dictature et de la pérennisation d'un système fondamentalement oppressif, répressif et déshumanisant!

Au contraire des universitaires du régime qui eux avancent à visage découvert et de façon totalement décomplexée, ce qui est encore moins acceptable c'est bien cette autre catégorie d'universitaires qui toujours essayent de jouer dans deux camps à la fois, de picorer dans deux cours simultanément, tout en se positionnant grotesquement soit comme des neutrards ou des nullepartards (nulle part et partout à la fois), soit comme étant du côté du Peuple souverain. Cela n'est tout simplement pas acceptable et ne saurait continuer ainsi sans être clairement et publiquement dénoncé. Non, non non, l'on ne peut être un véritable universitaire et à la fois un permanent équilibriste ou un équilibriste non assumé. À minima, l'intellectuel c'est quelqu'un qui prend clairement position. A plus forte raison l'universitaire qui lui est un intellectuel qui justement exerce dans le milieu par excellence de la pensée et de la prise de position (scientifique). L'on ne peut pas être à la fois un universitaire sérieux et un permanent équilibriste.

À un moment dans les débats publics auquel il prend part, l’universitaire camerounais devrait savoir clairement se positionner ou au pire des cas convoquer ou invoquer le droit à une certaine réserve du fait des défauts suffisants d’éléments objectifs pour se prononcer, mais des permanentes prises de position équilibristes ne sont tout simplement pas/plus admissibles. À défaut de pouvoir clairement prendre position dans les débats publics, l’universitaire camerounais devrait simplement se contenter de rester dans les amphithéâtres et les colloques entres experts. Mais du moment où l’universitaire fait de lui-même le difficile choix de descendre dans l'arène politique ou sur les plateaux de télés et de radios pour se mêler aux débats populaires, et bien, il soit être prêt également à subir le regard et la critique populaire, de même que la pleine expression des attentes, des déceptions ou des insatisfactions de ce même Peuple souverain.

L'on ne peut pas être un universitaire sérieux et un permanent équilibriste, qui plus est encore en contexte de tyrannie (africaine). C'est-à-dire que vous ne pouvez vouloir bénéficier simultanément de la haute considération d’un peuple martyrisé et de la complaisance à votre endroit du pouvoir dictatorial et totalitaire qui opprime en permanence ce même peuple. Soit vous êtes un intellectuel du peuple (et cela sans complaisance), soit vous êtes un intellectuel du régime (et cela donc sans les acclamations du peuple). C’est tout simplement un choix à faire. Le Professeur Alain Fogue Tedom est depuis déjà plus de 7 mois consécutifs en prison (et cela pour la seconde fois consécutive en 2 ans) pour justement s'être refusé d'être un universitaire des plateaux de télévision, et plus précisément un universitaire du régime Biya. Pareillement le Professeur Maurice Kamto a été près 9 mois consécutifs en prison pour s'être justement décidé à passer de l'urgence de la pensée à une plus grande urgence de l'action, c'est-à-dire de passer de la théorisation académique à l'implémentation pratique de ses reflexions et proposition pour la Renaissance du Cameroun. Et le régime Biya très vite ne tarda pas à démontrer le traitement qu’il réserve à ce type d'universitaires, qui essaye de s'affranchir d'une certaine inaction ambiante pour une véritable dynamique de changement et de dénonciation.

Même l'autoproclamé Biyayïste Messanga Nyamding, Rdpciste de la première heure et universitaire du régime, s'est très vite rendu compte que la liberté de conscience, de parole et de ton au sein d'une dictature, même lorsque l'on est l'un de ses plus grands clercs, avait des limites à ne pas en principe franchir. C'est donc dire qu'être un véritable universitaire du peuple en contexte de tyrannie n'est véritablement pas ce qu'il y a de plus simple. Cela on le sait tous, et même le bas peuple en a parfaitement conscience ! Mais de grâce, que les universitaires équilibristes désormais nous excuses un tout petit peu, voire une bonne fois pour toute. Car tu ne peux pas vilipender le régime en place le lundi Soir et vanter son chef suprême le mardi Soir, pour à nouveau trouver le mercredi Soir que le pays n'avance pas et revenir le jeudi Soir demander de laisser les dictateurs mourir en paix au pouvoir, puis revenir à nouveau le vendredi Soir plutôt encenser les opposants au régime, pour finalement déclarer le dimanche Midi que seul le tyran en place est gage de stabilité et de prospérité. Non, ce type de comportement chez un universitaire est pour le peuple souverain bien plus dangereux même que des universitaires du régime, clairement identifiables comme tels dans notre pays.

Nos jeunes universitaires et plus précisément nos jeunes Docteurs des plateaux télés au Cameroun devraient prendre garde avec cette façon de naviguer entre soutien au régime en place et défense du peuple opprimé. Car s'il est vrai qu'ils sont entièrement libres de l'usage qu'ils font au quotidien de leur intellect et de leurs magistères, il est tout aussi vrai que le peuple souverain a toujours eu une mémoire d'éléphant, mémoire par ailleurs transmissible génération après génération. Il est temps que nos jeunes Docteurs universitaires des plateaux télés qui se positionnent comme des intellectuels du peuple et non pas du régime Biya commencent déjà par dénoncer l'emprisonnement abusif et arbitraire de leur collègue et ainé, le Professeur Alain Fogue Tedom. Cela est une véritable honte ce silence. Et pourtant on n'enchaine pas Voltaire, et tous le savent très bien. Mais par leur silence complice dans leurs prises de parole quotidiennes dans les médias nationaux et même internationaux, tous ces universitaires camerounais contribuent ainsi tous les jours à banaliser et à normaliser dans l'esprit du peuple un tel arbitraire.

Il est bien temps que nos jeunes Docteurs universitaires des plateaux télés qui se positionnent comme des intellectuels du peuple et non pas des intellectuels du régime Biya commencent déjà par dénoncer, et cela avec fermeté et sans ambiguïté, l'emprisonnement abusif et arbitraire de Madame Assomo Thérèse (dit Maman Pilon), cette maman se trouvant dans les geôles de la tyrannie Biya en prison depuis plus de 7 mois pour simplement avoir exercé son droit constitutionnel de marcher pacifiquement pour réclamer un mieux-être national et un avenir meilleur pour toute la jeunesse camerounaise.

Il est bien temps que nos jeunes Docteurs universitaires des plateaux télés qui se positionnent comme des intellectuels du peuple et non pas comme des intellectuels du régime Biya commencent déjà par dénoncer, et cela avec fermeté et sans ambiguïté, l'emprisonnement abusif et arbitraire du jeune Salomon Beas, jeté en prison pour avoir simplement exercé son droit constitutionnel de marcher pacifiquement pour réclamer un mieux-être pour tous les camerounais et un avenir meilleur pour sa fille et les prochaines générations de camerounais. Il est bien temps que nos jeunes Docteurs universitaires des plateaux télés qui se positionnent comme des intellectuels du peuple et non pas comme des intellectuels du régime Biya commencent déjà par dénoncer l'embastillement depuis déjà plus de 7 mois de nombreux militants et militantes pacifiques du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun dans les geôles infectes de la tyrannie Biya, et cela simplement pour avoir exercé leur droit constitutionnel de marcher pacifiquement pour réclamer un changement d'avenir au Cameroun et la fin de la guerre fratricide au Nord-Ouest et au Sud-Ouest depuis 2017.

OUI, que tous ces jeunes Docteurs universitaires des plateaux télés qui se positionnent comme des intellectuels du peuple et non pas comme des intellectuels du régime Biya commencent déjà par véritablement dénoncer toutes ces injustices dans leurs propres pays le Cameroun avant d'aller dénoncer et commenter ce qui se passe ailleurs sur le continent et qui n'est en rien différent de tout ce qui se déroule au Cameroun depuis 2018. Il faut arrêter avec l'intellectualisme du dimanche et l’intellectualité de l’équilibrisme permanent. À un moment donné où l'on est clairement un intellectuel universitaire du peuple ou l'on est un intellectuel universitaire de la tyrannie, mais nul ne saurait être les deux à la fois. À défaut d’un choix clair, il serait préférable pour nos universitaires des plateaux télés de se cantonner à la frontière des amphithéâtres et de ne pas en sortir.

Lorsqu’au contraire vous décidez de regagnez l'espace publique -non universitaire- avec vos analyses et observations, attendez-vous donc chers universitaires camerounais, à recevoir en retour le feedback du peuple souverain pour chacune de vos analyses publiques. Plus encore, attendez-vous à ce que ce même peuple souverain à un moment vous invite à quitter les plateaux télés et vos piédestaux d'érudit pour les rejoindre également dans la rue, sur le terrain, dans les prisons, là où tout se passe véritablement. Soit l'on est un intellectuel du côté du peuple souverain et cela avec constance dans ses analyses quotidiennes et dans ses actions pratiques, soit l'on est un intellectuel du régime et l'on assume clairement son positionnement.

Le Peuple souverain Camerounais ne veut plus des universitaires équilibristes du dimanche Midi et des Soir de semaine. Nul ne vous contraint à venir sur les plateaux de télévisions et de radios, et de grâce lorsque vous y êtes, épargnez-nous désormais des analyses d'équilibristes et de polyjambistes, et pire, de ces atalakou parfois complètement inattendus au Covid38 en pleine recherche de traitement efficace et non résiduel contre cette pandémie de souche nationale de souche Camerounaise.

Note finale : Il est tout à fait possible d’être un universitaire adoptant une forme de neutralité dans l’analyse politique dans les médias non académiques, à condition de savoir également rester constant dans cette posture-là. C’est le cas par exemple du Professeur Armand Leka Essomba ou encore du Professeur Stephane Akoa. Lorsque vous adoptez une telle attitude de principe, vous ne pouvez ni vous permettre des propos populistes aux fins d’attirer la sympathie du bas peuple, ni des propos trop élogieux à l’endroit du pouvoir aux fins de vous attirer quelques promotions professionnelles. Or c’est l’erreur que commettent très régulièrement et de plus en plus fréquemment de jeunes docteurs analystes des plateaux télés; ils commencent toujours par une dose de populisme puis glisse par à-coup dans des éloges envers le tyran et son régime. Puis ils sont surpris que le Peuple souverain le leur reproche fermement et cri à une atteinte à leur neutralité universitaire et liberté d’analyse. Et pourtant ce n’est plus depuis bien longtemps de l’analyse universitaire qu’il nous serve mais bien de la prostitution intellectuelle aux seules fins de leurs propres intérêts et ambitions individuelles.

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