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General News of Tuesday, 8 September 2020

Source: Actu Cameroun

Justice populaire : 5 présumés voleurs tués dans la région de l’Ouest

Face à la montée des agressions, populations et conducteurs de motos-taxis arrachent les présumés voleurs des mains des forces de l’ordre pour les lyncher.

Sale temps pour les présumés voleurs. En l’espace d’une semaine, des conducteurs de moto auxquels se sont mêlés d’autres vengeurs, ont poursuivi, attrapé et tué cinq présumés voleurs, suite à des coups de vol nocturne, assortis de la récupération des engins à deux roues, à divers endroits du Ndé, région de l’Ouest. A deux reprises, c’est entre les mains des gendarmes qui les avaient déjà arrêtés qu’ils ont allés récupérer « leurs voleurs » pour les lyncher.

La première scène macabre, d’une violence inouïe, a eu lieu à Bazou. Dans la nuit du 30 août 2020, un moto-taximan de Bagangté est agressé dans le centre du groupement Balengou, par des individus non identifiés, qui lui arrachent l’engin. Après lui avoir laissé des blessures, entre autres taillé une main, fendu la tête et laissé de profondes blessures sur les.caves sourcilières, il est abandonné eh brousse.

Ses nombreux collègues, qui lui rendent visite aux Cliniques, universitaires des montagnes où il est interné, mourant, en ressortent choqués et décident de le venger. Ils lancent la chasse au voleur et reconnaissent la moto de leur collègue entre les mains d’un jeune compatriote de culture anglophone, qui travaille dans un garage. Il nie la participation à l’agression mais la pression monte et il cède. Il décide de s’échapper.



Plus de 100 motos-taximen se sont lancés à sa trousse et il a fui, jusqu’à Bazou, 22km du chef-lieu du Ndé, Arrêté et mis sur protection par les gendarmes,’ -les benskineurs menacent de brûler la brigade s’il n’est pas livré. Il est battu à mort et son corps est abandonné, à quelques mètres de la brigade, riche de deux éléments au moment des faits.

Horreur

Une scène du même genre va se reproduire quelques jours plus tard, à Bandjoun. Les motos-taximen de Ban-gangté, une fois de plus, ont poursuivi un voleur à moto qui s’est réfugié à la gendarmerie. Il a été récupéré comme l.a première fois et lynché. Ces derniers estiment que les autorités, qui les appellent au respect des lois et des vies humaines, caressent les ‘ agresseurs. « Ça ne sert à rien de les mettre en prison. l|s ne peuvent pas nous faire ce qu’ils font et on les laisse vivre. On ne va plus tolérer leurs exactions », commente l’un d’eux.

« Dès qu’on les arrête, on finit avec eux-», lâche son collègue. Ainsi, entre ces deux scènes de lynchage filmées et diffusées, ils ont arrêté et torturé à mort, en compagnie d’autres adeptes de la justice populaire, trois autres présumés voleurs : un à Bassamba, un second à Bangangté et le dernier à Bazou. La méthode utilisée pour les lapider n’est pas nouvelle : elle a déjà utilisée dans d’autres cas, par des acteurs différents. Ligoté derrière une moto et traîné dans une rue, des gens le frappent avec des gourdins, , quand d’autres scandent : « Tuez- le ! Finis-sez-le ! Nous ne travaillons pas pour eux ».

En 2017, à Bangangté, on a passé quatre roues sur un voleur et on y a mis du feu. Parfois, l’identité des mis en cause n’est même pas connue.

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