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General News of Thursday, 1 October 2020

Source: Actu Cameroun

Justice: l'enfant chouchou de Paul Biya comparait sous haute surveillance policière

La juridiction d’exception a instauré des mesures de sécurité drastiques lors de la première comparution publique de l’ancien ministre de la Défense dans le procès contre l’Etat. Une situation inédite qui laisse croire que «l’enfant-chouchou» du chef de l’Etat est un accusé particulier.

Il est 9h45 lorsque Edgard Alain Mebe Ngo’o prend place pour la première fois sur le banc des accusés -du Tribunal criminel spécial (TCS) le 28 septembre dernier. En fait, L’ancien ministre de la Défense et ancien directeur du Cabinet civil de la présidence de la République comparaît dans le cadre de l’ouverture du jugement de la bataille judiciaire qui l’oppose au ministère public. Il est suivi par ses quatre coaccusés parmi lesquels sa tendre épouse, Mme Minla Nkoufou Bernadette, habillée d’une robe jaune. Le foulard de même couleur solidement noué. La «distanciation sociale» est respectée. L’ancien ministre est Seule sur son long banc. Ses coaccusés occupent ceux places en arrière.

L’audience est présidée par Mme Bahounoui Batende en personne, la désormais présidente de la juridiction d’exception. L’ancien «fils-chouchou» de Paul Biya, le chef de l’Etat, a plutôt l’air serein, il dégage la fraîcheur dans son joli costume noir croisé. Le cache-nez bien ajusté. 11 jette de temps en temps un regard furtif vers son collège d’avocats.

Mais cette audience bien qu’ordinaire a pris les allures d’un événement. Des éléments de la gendarmerie et de la police nationale, armes au poing, ont été postés dans toutes les voies donnant accès dans la salle d’audience No 1 de la juridiction. 11 faut montrer patte-blanche et justifier les raisons de sa présence sur les lieux. Avant de passer au détecteur-métaux. Les flics et les pandores s’affairent à la tâche avec un peu de zèle.’ Les journalistes et les avocats ne sont pas épargnés.


«La salle d’audience a déjà plus de cinquante personnes. On nous a demandés de faire respecter les mesures-barrières contre le coronavirus», indique sèchement un pandore. L’ambiance est inhabituelle. Surtout que les mêmes précautions ne sont pas imposées aux personnes se rendant dans la salle d’audience située au-dessus où se déroule pourtant l’examen de l’affaire Sonara contre Charles Metouck. On note quelques éclats de voix.

«On a couvert les audiences du Premier ministre Ephraim Inoni et de Atangana Mebara, ici on n’a jamais vu des choses pareilles», fustige un journaliste de renom dépassé par la situation. «C’est quand même l’audience d’un ancien ministre de la Défense», lâche un flic. Certaines personnes sont éconduites. Il faut négocier dur pour obtenir le laissé-passé. La salle d’audience est noire de monde. Parents, et sans doute, les amis des accusés ne voulaient rien louper de la première comparution de leurs proches. Les éléments de sécurité sont mélangés dans le public, d’autres placés dans les deux portes de la salle. Les agents de renseignements aussi. Les moindres faits et gestes sont soigneusement scrutés. Le box réservé au ministère public est occupé par deux avocats généraux, celui de la partie civile par Me Atangana Ayissi, assisté de deux confrères.


Exceptions
L’audience n’a finalement durée qu’une dizaine de minutes, le tribunal ayant seulement procédé à l’identification formelle des parties. M. Mebe Ngo’o acquiesçait de la tète les informations de son identité que lui présente Mme Bahounoui Batende. Il est ensuite demandé à l’accusation si elle compte présenter une liste de témoins. «Nous aviserons», répond un avocat général La même réponse est reprise par les autres parties. Les avocats de l’ex-ministre ont cependant annoncé avec insistance qu’ils ont des «exceptions à présenter» dans la procédure indiquant qu’il l’ont fait pendant l’information judiciaire, mais le juge d’instruction les «a jointes au fond». Le président du tribunal, après concertation avec les autres membres de la collégialité, indique aux avocats qu’ils auront la possibilité de présenter leur point de droit à la prochaine audience programmée ce 29 octobre.

Une fois l’audience levée, on peut voir l’ex-ministre souriant, saluant ses proches avec le coude. Des gestes d’affection envers madame. Des tète-à-tête avec ses avocats et autres connaissances. Il est 11h passé lorsque M. Mebe Ngo’o prend place dans le minibus qui le conduit à la prison centrale de Yaoundé Kondengui où il séjourne avec ses coaccusés depuis près de deux ans.

Rappelons que les époux Mebe Ngo’o ne sont pas poursuivis de manière isolée. Le lieutenant-colonel Joël Mboutou et l’inspecteur du Trésor Maxime Mbanguè, tous les deux anciens collaborateurs de l’ancien ministre, en plus d’un certain M. Victor Menye, banquier à la retraite, sont également concernés. Tous doivent s’expliquer sur un ensemble de supposées malversations financières décelés dans les marchés d’acquisition du matériel militaires ayant prétendument favorisées le détournement d’environ 230 milliards de francs.

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