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General News of Wednesday, 30 December 2020

Source: camerounweb.com

Justice: Olivier Bibou Nissack a fait trembler les murs du cabinet du juge de la Cour d'Appel

Le Conseiller et Porte-parole du Président Élu Maurice Kamto, Bibou Nissack Olivier a pris la parole devant la Cour d'Appel du Centre à Yaoundé lors de sa comparution ce mardi 29 décembre 2020. Comme toujours, les propos du jeune communiquant du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) ont été explosifs et imperturbables et ont fait trembler les murs du cabinet du juge de la Cour d'Appel.

L'audience de ce mardi avait pour motif en appel la demande de libération immédiate (habeas corpus) pour « arrestation et détention illégales de Bibou Nissack Olivier, Alain FOGUÉ et une vingtaine d'autres de leurs codétenus prisonniers politiques ». L'affaire a été mise en délibéré pour le 12 janvier 2021. Pour des raisons qui échappent à l'entendement le Président du Tribunal de Grande Instance du Mfoundi avait déclaré la demande d'habeas corpus "sans objet".

Nous vous proposons quelques extraits des propos de Bibou Nissack Olivier

1- La décision rendue en instance par le juge du TGI (Tribunal de Grande Instance) est d'une légèreté effarante et pèse en cela moins que le papier qui a servi à la rédiger. Il apparaît à ce titre important d'attirer l'attention de certains magistrats sur le fait que revêtir la robe de juge ne se ramène pas à jouer aux plaisantins de service, surtout lorsque l'on est appelé à décider du sort des personnes...?

2- ...Monsieur le Président. Puisque je ne suis pas naïf et que nous sommes entre adultes ici laissez-moi vous dire pourquoi je suis ici et pourquoi j'ai fait l'objet de ce kidnapping par la police. Mais aussi parce que je voudrai pouvoir bénéficier à mon compte et le moment venu de cette jurisprudence en vertu de laquelle quelqu'un se fit dire par notre justice "vous ne pouviez pas ne pas savoir". Cela vous permettra donc monsieur le Président de rendre votre décision en parfaite connaissance de cause du cadre général dans lequel se situe cette affaire me concernant. Celui qui a été kidnappé et se trouve devant vous ici ce n'est pas BIBOU NISSACK le citoyen dont le patriotisme est reconnu et apprécié y compris de ses adversaires politiques.

Celui qui est devant vous dans cette affaire c'est BIBOU NISSACK le Porte-parole du Président Élu Maurice Kamto. C'est celui qui le premier a dit "Paul Biya doit partir". Et puisque nous y sommes je le réitère ici avec force devant vous monsieur le Président: Paul Biya doit partir !! Et je le dis d'autant plus que vous et moi monsieur le Président savons que je ne commets aucune infraction en disant "Paul Biya doit partir" ! je suis donc heureux et le cœur léger de dire ici à l'abris du droit et de l'arbitraire "Paul Biya doit partir" car ce faisant j'exerce un droit constitutionnel garanti lié à l'expression de mes opinions... le muezzin qui appelle la prière ou alors l'imam qui la conduit au nom de "Allah Akbar" ne sont pas pour autant des terroristes au même titre que celui qui à la tête d'un groupe d'éléments de Boko Haram fonce sur ses victimes, des civils innocents de Kerawa, au cri de "Allah Akbar". Vu le profond marasme dans lequel il a plongé le Cameroun, Paul Biya doit partir !...?

3- ...Lorsque le commissaire divisionnaire Mendouga m'a fait part, au nom de monsieur Mbargua Nguélé Délégué Général à la Sûreté Nationale (DGSN) lui-même disait-il, de l'invitation à aller le rencontrer à la Délégation Générale à la Sûreté Nationale le 22 septembre 2020, je lui ai répondu que c'était trop d'honneur pour ma modeste personne, et que je ne pouvais que déférer avec joie à une telle invitation. Je l'ai dit car j'étais persuadé que c'était là l'occasion que le Délégué Général entendait saisir afin de me présenter de vive voix des félicitations qu'il m'avait déjà indirectement adressées via téléphone. En effet le Professeur Alain Fogué et moi avions personnellement fait l'objet d'une étrange proposition de service par deux hommes. Il faut préciser que le Professeur Fogué ayant rendu instamment compte au Président Élu Maurice Kamto de la situation en cours, ce dernier avait instruit d'activer immédiatement le protocole prévu en pareille circonstance. Aussi la police, la DST, et la Semil seront donc de suite alertées entre autres services de sécurité et c'est la police qui la première arriva en vue de procéder à l'interpellation des deux individus suspects. Ces deux hommes qui avais clairement dit-je cite :"Nous avons des intérêts communs. Nous avons des armes et des hommes prêts à frapper non loin d'ici. La seule chose que nous voulons de vous c'est votre accord pour nous parrainer et que personne ne trahisse lorsque nous aurons commencé les frappes". Au commissariat Central numéro 3 dans lequel avaient été conduit les suspects, nous avons fait l'objet d'une audition sur Procès-Verbal (PV) le Professeur Alain Fogué et moi. Or comme ma déposition par devant un commissaire divisionnaire, le dénommé Mvondo sauf erreur de ma part du commissariat central numéro 3, en fait foi, en répondant à la question de savoir pourquoi le Professeur Fogué et moi avions procédé à la mise à disposition de la justice de ces personnes, j'ai répondu que certes je suis un farouche adversaire politique de Paul Biya, cependant je ne me sens pas l'âme d'un chef de guerre qui veut donc le voir baigner dans son sang tandis que moi enjambant son corps je célèbre joyeusement la prise du pouvoir. Mes convictions personnelles reposent sur le recours exclusif à la non-violence dans le champ politique. C'est d'ailleurs ce qui a motivé entre autres mon adhésion au MRC car son slogan est "changeons d'avenir dans la paix" et cela coïncide parfaitement avec mes convictions en la matière. Je rajoutais m'inquiéter pour mes proches en imaginant une telle menace peser sur le pays.

Ce même soir, nous trouvant à la résidence du Président Élu Maurice Kamto pour le compte-rendu de cette journée, le téléphone du Professeur Fogué a sonné et il nous a dit, avant de décrocher cet appel, que c'était un appel du DGSN en personne. Je l'invitais aussitôt à activer le haut-parleur afin que les personnes présentes, aux rangs desquels le Président Élu Maurice Kamto, moi-même et au moins deux autres personnes, puissent entendre les dernières nouvelles liées à cette histoire. L'appel décroché le DGSN dit je cite, y compris en singeant un peu la voix du DGSN avec votre permission monsieur le Président :"Professeur c'est du sérieux !! C'est du sérieux ! Je les ai exploité moi-même ! C'est du sérieux ! Le Chef de l'État me charge de vous transmettre ses félicitations pour ce geste hautement patriotique" fin de citation. Je me disais donc que ces félicitations me seraient ainsi enfin personnellement exprimées et à juste titre par le DGSN. En lieu et place de la Délégation Générale, je me suis retrouvé devant le chef de Division à la DRPJ-C (Délégation Régionale de la Police Judiciaire du Centre)...?

4- Frisson et effroi, voilà ce que je viens d'éprouver monsieur le Président. Monsieur le Président j'ai eu à faire à des policiers et des gendarmes qui m'ont kidnappé et détenu en parfaite illégalité. Jamais, durant tous ces jours de tortures morales réitérées que constituait cette détention arbitraire et illégale, je n'ai éprouvé le moindre frisson ou la moindre inquiétude. Cependant monsieur le Président j'ai frissonné et éprouvé de l'effroi alors que me trouvant sur le seuil de votre cabinet, je vous ai entendu dire je cite : "le gendarme a fait son travail, le Gouverneur a fait son travail et le parquet a fait le sien". J'ai eu un frisson pour ce blanc-seing accordé à des personnes qui n'ont précisément pas fait leur travail. Le gendarme (le policier aussi) n'a pas fait son travail car son travail est encadré par la loi et lorsqu'un élément de notre prestigieuse gendarmerie nationale outrepasse la règle de droit dans l'exercice de ses fonctions, alors il agit purement et simplement comme un gangster dont la tenue de Gendarmerie apparaît comme un simple déguisement lui permettant de le faire en toute impunité. En m'arrêtant et me détenant donc illégalement car sans aucun mandat, le gendarme a violé la loi. Le Gouverneur n'a pas fait son travail car il a agi en violant la loi puisqu'il s'est montré l'auteur d'un détournement de pouvoir en prenant une mesure de garde à vue administrative illégale à mon encontre, car celle-ci ne peut être prise que dans le cadre de la lutte contre le grand banditisme. Ce qui n'est pas le cas avec moi. Qui plus est cet acte administratif à portée individuelle pris soi-disant par le Gouverneur ne m'est pas opposable car il ne m'a jamais été notifié comme la loi oblige de le faire pour que l'acte puisse être appliqué à la personne concernée, moi en l'occurrence. Quant au Président du TGI, il n'a pas fait son travail car il a entériné scandaleusement toutes ces violations en rejetant avec une légèreté inacceptable la demande de libération immédiate introduite par moi. Le comble pour le parquet est le camouflet que le Service Central de Recherches Judiciaires (SCRJ) de la Gendarmerie Nationale lui a infligé en l'humiliant. En effet le SCRJ qui me détenait illégalement dans une cellule souterraine et à l'isolement strict en moyenne 23h30 de temps par jour a purement et simplement refusé de me présenter devant le le Président du TGI durant les audiences de mon habeas corpus ... comprenez mon étonnement et mon choc lorsque l'on sait que les officiers de police judiciaires tels ceux du SCRJ sont aux yeux de la loi des auxiliaires du Procureur de la République. Comment donc comprendre que ces auxiliaires osent seulement refuser de se soumettre à un ordre de la justice demandant de me présenter devant le juge de l'habeas corpus et, plus grave encore, que ce juge courbe l'échine devant cette illégale insubordination administrative, et judiciaire ? Comment un tel affront a-t-il été toléré par le Président du TGI qui s'est ainsi accommodé de mon absence devant la barre et a décidé de statuer en mon absence en violation parfaite de mes droits. Ceci alors que mes avocats m'ont informé avoir demandé à ce juge d'ordonner une descente sur le lieu de ma détention afin de comprendre les raisons de mon absence devant la barre. Le parquet a donc couvert et entériné toutes ces obstructions flagrantes à la loi et le juge de l'habeas corpus par sa décision odieuse ont cautionné cela. C'est inacceptable !?

5- Une enquête de flagrance pour insurrection et hostilité à la patrie, comme celle ouverte contre moi, veut dire que j'ai été surpris alors que je venais de mettre une balle dans la tête de monsieur Biya et que m'apprêtant à célébrer mon acte et encore poursuivi par la clameur, je me suis fait arrêter en flagrant délit. Or aucun élément de cette flagrance ne m'a été présenté. Qui plus est et alors que les liens qui unissent l'enquête de police judiciaire à l'instruction judiciaire sont des liens de causalité, comment comprendre que je sois aujourd'hui détenu à Nkondengui sur des éléments farfelus n'ayant plus rien à voir avec l'enquête de police judiciaire portant sur la flagrance ? Pour ceux qui sont d'obédience catholique romaine par exemple, cela se ramène à prétendre être communié sans au préalable avoir reçu le sacrement de baptême. L'instruction judiciaire est enfantée par l'enquête de police judiciaire. Comment se fait-il donc que je me retrouve de surcroît placé en détention provisoire à la prison centrale de Nkondengui alors que l'enquête de police et l'instruction ne s'accordent pas sur les motifs qui me sont portés à charge ??

6- Je vous remercie et vous dis sans ambages ma gratitude monsieur le Président pour m'avoir permis de prendre enfin la parole devant une institution dont le rôle est la défense et la sauvegarde des droits car depuis le 22 septembre 2020, date de mon kidnapping par la police, je n'ai pu avoir droit à être présenté devant un juge ceci envers et contre la loi?

7- ...Monsieur le Président. Envoyez un signal aux hommes politiques qui dépassés par la force de nos arguments dans le débat politique qui nous oppose à eux, décident lâchement de déporter sur le terrain judiciaire cette querelle politique qu'ils ont perdu afin d'instrumentaliser à des fins de règlement de compte politique la justice Camerounaise. Envoyer un signal puissant à ces personnes en leur disant que les magistrats, les juges, ne sont pas de vulgaires garçons de course à leur service. Que la décision que vous rendrez puisse nous renseigner sur ce point précis.

Pour ma part monsieur le Président soyez assuré que la seule chose qui me fait frémir c'est l'idée que le droit soit tordu par ceux qui ont la charge de le sauvegarder à savoir les magistrats. Pour ce qui concerne ceux qui m'ont arbitrairement jeté en prison dans le but de m'intimider, je suis au regret de les décevoir, car ils ont échoué si leur objectif était d'affaiblir mes convictions !!! Quand bien même ils iraient ressusciter le plus dur des goulags du fin fond de la Sibérie du temps de l'Union Sovietique pour m'y enfermer, j'y survivrai.

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