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Actualités of Sunday, 12 September 2021

Source: Le Jour

Journée de terreur à Tonga: voici ce qui s'est réellement passé

Des 'voyous' se sont attaqués à des anglophones dans la localité Des 'voyous' se sont attaqués à des anglophones dans la localité

Des « voyous » se sont attaqués à des anglophones dans la localité de Bitchoua nord, suite à l’arrestation de trois voleurs.

Le calme revient progressivement dans la localité de Bitchoua nord, arrondissement de Tonga, après une nuit contrôlée par un détachement des forces de l’Ordre. Les enfants, leurs mères et toutes les autres personnes sans force sortent de leur refuge, après la folle journée d’hier, journée au cours de laquelle ils ont dû fuir leurs domiciles, avec gourdins et machettes, craignant les représailles d’une horde de casseurs qui avait promis de revenir leur faire la peau avec des armes à feu.

Dans cette bourgade, où réside une flopée de ressortissants des régions anglophones ayant fui l’actuelle crise pour rejoindre les leurs qui y pratiquent l’agriculture depuis des lustres, ils ont déclenché la chasse aux « Bamenda ».

Les choses se sont gâtées le matin, lorsque trois individus sont surpris en train de démonter un véhicule. Alerté, le commandant de brigade de Tonga se déporte sur les lieux avec un gendarme-major et met les menottes aux malfrats.

Au moment de les emmener, il se heurte à l’hostilité de certains, qui veulent comme le lundi d’avant, en finir avec eux. C’était sans compter avec les moyens de communication des présumés voleurs, qui ont alerté à leur tour leurs amis, qui ont rappliqué de Tonga sur des motos.

Ils exigent que le commandant ôte les menottes à leurs compères, ce qui est fait. Alors que le sous-préfet, Charles Fu-mombod Douala, arrive sur les lieux, une deuxième vague de vengeurs débarque, environ 30, plus agressifs encore.

Ils cassent et coupent avec les machettes et gourdins dont ils disposent ceux qui rentrent des champs, menacent les anglophones de libérer leurs terres, détruisent les vivres exposés au marché.

Cinq villageois sont blessés, selon un décompte populaire, les boutiques et les ventes à emporter saccagés, leur contenu comestible avalé par ces assaillants.d’un genre nouveau. Plusieurs motos, la voiture de marque Tercel d’un acheteur, sont vandalisées.

Saisi, le préfet du Ndé, Ernest Ewango Budu, y envoie en début d’après-midi un renfort de troupes qui s’interpose, sans ramener la paix et la confiance. C’est avec des éléments des équipes spéciales d’intervention rapide (Esir) et du groupement mobile d’intervention (Gmi) descendus de Bafoussam qu’il va tâter le sol de Bitchoua à la tombée de la nuit.

“Anglophones”
Contrairement à ce qui a été écrit sur les réseaux sociaux, ni le préfet ni aucun élément de son état-major n’ont été attaqués par les assaillants. On ne décompte pas de mort non plus. A l’école publique-de Bitchoua, Ernest Ewango a rassemblé les populations pour les rassurer. Il parle d’une bande, de hors-la-loi, consommateurs de drogue, qui a décidé d’instaurer un nouvel ordre à Tonga.

« Vous devez travailler tranquillement dans vos champs et bénéficier des fruits de votre travail. (…) Soyez rassurés, personne ne vous chassera d’ici. Ne les provoquez surtout pas. Ils veulent utiliser des prétextes pour vous mâter alors que ce sont des bandes de bandits et de drogués », leur a-t-il recommandé.

Il leur a en outre demandé de respecter les autorités car ce qui est arrivé est la conséquence de leur volonté de vouloir rendre justice eux-mêmes. Cependant malgré la présence dans la ville de Tonga des principaux responsables régionaux des forces de l’Ordre, la sérénité n’est pas revenue. Une fois en ville, ces assaillants ont agressé tous les anglophones croisés dans la rue et ont intimé l’ordre de fermer les boutiques.

A20h, Tonga était une ville fantôme. « Cela n’est jamais arrivé dans cette localité depuis de très nombreuses années », s’inquiète un enseignant, après cet épisode et le passage au feu du présumé voleur de lundi. Le préfet a promis la traque de ces hors-la-loi qui, selon lui, ne sauraient ainsi défier l’Etat.

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