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General News of Wednesday, 26 August 2020

Source: L'oeil du Sahel

Jeannette Marafa: jusqu'à sa mort, elle a été de tous les combats pour libérer son mari

«Dame de fer ». C’est ainsi que certains avaient surnommé, à Garoua, Jeannette Njanga, épouse Marafa, décédée le 25 août 2017 à Paris.

Celle qui était pourtant si discrète a été poussée au-devant de la scène par un malheureux concours de circonstance : l’arrestation et la condamnation de son époux, ancien secrétaire général de la présidence de la République et exministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation.

Sa romance avec ce peulh de Garoua remonte aux années 80. Marafa Hamidou Yaya, musulman, est alors un jeune ingénieur à la Société nationale des hydrocarbures (SNH). Elle, chrétienne, tient un magasin de vente d’objets d’arts à l’immeuble T. Bella à Yaoundé. Ils mènent discrètement leur idylle.





Puisqu’à l’époque, le mariage entre un fils musulman du Septentrion et une fille chrétienne du Sud est accepté avec beaucoup de difficultés.

Mais, les deux tourtereaux résistent aux clivages culturels. La jeune Jeannette Njanga n’a d’yeux que pour son ingénieur. Et mène toutes les batailles pour vivre à ses côtés. C’est d’ailleurs elle qui active tous ses contacts pour exfiltrer son futur époux du peloton d’exécution, après le coup d’Etat manqué du 06 avril 1984. Ce jour-là, Marafa Hamidou Yaya, désigné parmi les putschistes, est sauvé de justesse. Mais, c’est plusieurs années après que les deux amoureux convolent en justes noces, en 1989 précisément. Plus rien ne les séparera.

Aussi bien à l’aise dans les tailleurs européens que dans les robes africaines, Jeannette Marafa n’avait rien perdu de son élégance de femme Douala de Bonassama, son village d’origine. Ceux qui l’ont connue la décrivent comme une personne humble, qui préférait rester discrète dans la galerie d’arts plastiques qu’elle gérait à Yaoundé.

Celle que l’on comparait parfois à Winnie Mandela (qui s’est battue pour son illustre époux Nelson, qui fut privé de liberté pendant 27 ans du fait de son combat contre la ségrégation raciale en Afrique du Sud) était très proche de son mari, qu’elle décrivait comme «un homme d’honneur et de conviction». Elle était sa conseillère et sa première avocate. Et malgré son exil à Paris, en 2012, elle semblait toujours très proche de lui. «Mon mari est un homme d’État qui se sait innocent. Il a servi Monsieur Biya et l’État du Cameroun avec toute son honnêteté et toute sa vigueur. Il a donné de son temps. Il a donné de son énergie. Il a même oublié sa famille. Il a présenté plusieurs fois sa démission à Monsieur Biya, lequel ne l’a pas acceptée», ressassait-elle, dès qu’elle en avait l’occasion.

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