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General News of Monday, 12 October 2020

Source: www.camerounweb.com

Jean de Dieu Momo retourne sur les lieux de ses 'premiers crimes' et raconte tout

Jean de Dieu Momo a profité est retourné sur les lieux de ses premiers amours. Le retour du leader du PADDEC sur ces lieux, le lycée de DSCHANG notamment, a ravivé des souvenirs en lui qu'il n'a pas hésité à partager avec ses compatriotes. On apprend d'ailleurs que le ministre essayait d'embrasser ses camarades en classe.


Voici l'intégralité des confession intimes de JDD Momo

Ce week-end, je suis retourné sur les lieux du crime. C’est vrai ce qu’on dit: le criminel revient toujours au lieu du crime. C’est avec une émotion veloutée et un zeste d’espièglerie que j’ai retrouvé ces lieux qui abritent mes meilleurs souvenirs d’enfance: le lycée de Dschang. C’est ici que j’ai passé le tout premier concours d’entrée au lycée en me classant vice Major, ce qui m’a valu le privilège de recevoir une bourse d’études de 10.500francs, le premier recevant 21.000 francs. Une somme colossale en son temps. C’était le seul lycée pour tout le Departement de la MENOUA qui compte six arrondissements. Passer les épreuves dudit concours était l’équivalent de passer l’Enam aujourd’hui. Je l’ai eu. En me classant vice major comme déjà dit supra. Tout le village était venu célébrer l’exploit inédit, cette réussite incroyable et inespérée, chez mon père, au village Bassessa Djiomock.

Mon père, tout heureux m’a acheté une belle paire de chaussures salamandaires. Les mini paires viendront quand je passerais mon BEPC de Ndam Njoya. Mon père avait cousu de ses propres mains la tenue kaki que je porte sur cette photo. Avec quatre poches assorties de boutons dorés. Admirez ma belle chaussure salamandaire. Je me sentais plus beau qu’Appolon en personne. J’avais le sentiment d’être le roi du monde.

Dans l’intervalle, c’est ici que j’ai appris à draguer timidement les filles. Nous échangions nos cahiers de souvenirs et comme nous étions timides, aussi bien les filles que les garçons, c’est dans ce cahier que la fille pouvait répondre discrètement à tes avances feutrées. Oui feutrées, car on n’osait pas dire je t’aime ou tu me plais comme les jeunes d’aujourd’hui. Ah! je revois cette fille aux yeux bridés, avec ses deux amies, elles m’ont coincé, dans un coin discret et secret, et elle m’a demandé de retirer l’argent qu’elle avait mis dans son soutien gorge! Mes aïeux !!! Ane Satan’n! comme on dit chez moi à Ebolowa! Bon je passe. C’est dans ma bouche que vous voulez prendre la suite?

Et l’autre fille qui est allée me trahir chez mon père, que ohhhh, j’achète les beignets à 10heures, pendant la recréation, pour donner aux filles, que je bavarde en classe et qu’en plus j’arrive souvent en retard etc. Pfsuiiiiip

C’est vrai mon père me donnait 500 francs d’argent de poche par semaine et m’avait instruit de prendre chaque matin la somme de 100 francs et de la diviser en deux, soit 50francs pour les beignets du matin et 50 francs pour le BH du soir. Avec la bouillie. D’accord, quelques fois j’achetais des amuse-gueules pour donner aux filles. Il y a quoi?

D’accord, j’essayais d’embrasser les filles en classe. Il y a quoi? Nous étions quand même déjà en classe de 3eme M1 pardi!

Alors mon père a porté ma mère sur sa moto et ils sont allés se placer en embuscade, dès 7 heures du matin, je présume (ou 6heures peut-être ?)sur la place de l’indépendance, en face du palais de justice de Dschang. Histoire de me prendre en flagrant délit de retard!
Et voilà l’innocent Momo qui arrive au pas de course, vers 7h25 alors que le portail du lycée doit être fermé à 7h30, et voyant brusquement mes parents plantés là à m’observer, mon cœur fit un terrible bond dans ma poitrine. Il faillit sortir de mon corps pour tomber là sur le bitume, sur le goudron comme on disait! Après un cours instant pour reprendre mes esprits et dominer les battements de mon cœur, je levais les yeux vers le couple. Le visage de mon père était ravagé, fermé, genre de dire à ma mère tu as vu? Sur celui de ma mère je lisais ma totale déconfiture et mon bannissement!

Comme je tentais de m’approcher d’eux, pour les saluer je pense, je ne sais plus, j’étais confus, mon père me fit un geste autoritaire de continuer, qui rappelait que j’étais déjà en retard et qu’il ne fallait pas en rajouter. Je pris le plus grand sprint dont l’agilité de mes maigres jambes pouvaient me le permettre et filais en direction du lycée. Le chemin était encore long et j’avais en plus une Coline à grimper.

Lorsqu’à bout de souffle, j’arrivais presque au milieu de la montée rigide du CNAJES, qui conduit à la fois au stade de l’Aigle Royal de la MENOUA et au lycée de DSCHANG, j’entendis dans mon dos le vrombissement de la moto de mon père. Je n’eus pas besoin de me retourner pour savoir que c’était encore lui. Ah mon père avait cette faculté inouïe de vous remettre à votre place sans dire un mot ni lever la main sur vous.

Mon cœur s’accéléra, au même moment que je hâtais le pas, en respirant fort et en transpirant à grosses gouttes. Lorsque j’arrivais enfin devant le portail, je retrouvais mon père et ma mère là, debout, me regardant arriver au pas de course.

ASSAKO avait déjà fermé le portail du Lycée. Il n’y avait pas âme qui vive dans la cour. Tous les élèves étaient en classe. Et moi j’étais là, devant le portail fermé, avec mes parents silencieux et un ASSAKO, le portier, rigoureusement impénétrable. Deux ou trois autres infortunés m’avaient précédés au lieu de ma cruelle déconfiture. Le regard de la damnation que ma mère posait sur moi achevait de me consumer. Je regardais le sol. Anéanti. Laminé. Abattu. Désespéré, Déchu. Je n’osais plus affronter le regard de mon père. Après quelques instants, mon père remorqua sa femme et tous deux rentrèrent chez eux. Sans un mot à mon endroit. Sans un regard compatissant ou même de colère. Rien. Juste cette insupportable déception. J’avais anéanti mon héros. J’étais damné pour le restant de mes jours. Sans un mot, Il partit juste avec sa femme. Me laissant là face à mon destin. Il avait tout vu. Pas besoin de lui faire un cruel dessin.

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