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Actualités of Wednesday, 18 August 2021

Source: Le Messager :

'Je ne voulais plus prêter ma voix à la forfaiture de ce régime'

Les présidents du CEMAC Les présidents du CEMAC

L’ancien rédacteur en Chef de la Crtv, journaliste et auteur, revient sur les deux décennies passées au sein de cette institution et pose un regard sur la situation du Cameroun.


Vous venez de publier « Brigades anti-sardinards :engagées pour un Cameroun nouveau » aux éditions CCEE, à Aubagne près de Marseille. Pourquoi ce livre ?


Ce livre est né d’un constat d’échec que j’ai fait du pouvoir Biya. Un échec qui a des répercus- sions graves, fatales, sur la marche du Cameroun. Et c’est la diaspora qui a pris à bras le corps de sauver ce qui peut encore l’être. Depuis 2018 qu’est sortie des fonds baptismaux la Brigade anti-sardinards (BAS), ces jeunes camerounais réu- nis en diaspora ont décidé de livrer une bataille sans pareille à Paul Biya et son régime. Tous estiment qu’il est un président illégitime, illégal, déloyal. Ils ont pensé qu’il est de bon ton qu’il lui déclare la guerre. Et c’est de cette guerre qu’il est question depuis 2018, depuis que tous les camerounais ou presque ont vu que le Président Kamto s’était fait voler sa victoire, la Brigade anti sardinards est entrée dans la danse et a décidé de revendiquer les libertés fondamentales qui sont piétinées au Cameroun, les droits de l’homme qui sont bafoués, la corruption qui a gangréné toute l’économie nationale, l’impunité qui est devenue le mode de gestion, bref, la BAS est devenue le mode anti-gestion du Cameroun. Et c’est aussi cela qui justifie ce livre.


Hier, journaliste, rédacteur en Chef de la Crtv, instrument de communication de l’Etat du Cameroun. Quelle légitimité avez- vous de parler aujourd’hui comme opposant?




J’ai découvert après 25 ans de Crtv, qu’elle n’est pas une radio et une télévision comme les autres. La Crtv est une caisse de résonnance, une caisse de propagande, une caisse de répercussions de tout ce qui se fait dans le gouvernement. Et quand bien même s’est fait de façon malsaine, la Crtv n’a jamais eu le culot nécessaire pour décrier les travers de ce gouvernement. Je n’ai pas davantage voulu être complice de cette forfaiture journalistique. Et c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de claquer la porte, jeter l’éponge, pour être de l’autre côté du miroir ou de la barrière, comme qui dirait. La Crtv, pour moi, est une honte au Cameroun. La preuve, l’audimat ne représente plus rien. La Crtv n’est plus que l’ombre d’elle-même. J’ai donc compris qu’il ne fallait plus associer ma voix, mon intelligence à toute la forfaiture de cette boîte qui n’est plus rien aujourd’hui. Voilà ce qui m’a dicté de partir de la Crtv. Je ne regrette pas d’être parti.


« Paul Biya, l’homme qui se présentait aux Camerounais sous le prisme de l’incarnation du Renouveau national, n’est ni plus ni moins qu’un geai paré de plumes de paon ». Que voulez- vous dire exactement via cette métaphore ?


Je veux dire que Paul Biya s’est toujours pris pour ce qu’il n’est pas. Il a toujours vendu du vent à son peuple. Il a parlé de la rigueur et de la moralisation, il s’est présenté dans une personnalité d’emprunt, il n’a jamais été celui pour qui il se faisait passer. Et aujourd’hui, la vérité a fini par triompher. Vous savez que Paul Biya avait promis monts et merveilles, ciel et terre, or et argent à son peuple. Aujourd’hui, le Cameroun est un Etat en ruine, un Etat complètement dévasté, délabré. Il suffit d’un rien pour que le pays s’embrase. Et c’est la raison pour laquelle, je pense, Paul Biya vit dans une personnalité d’emprunt. Les membres de la BAS dont je fais partie, même si mon combats est plus intellectuel, estiment que le moment est venu pour que Paul Biya libère définitivement le Cameroun, qu’il s’en aille une bonne fois pour toute.

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