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General News of Wednesday, 15 April 2020

Source: www.camerounweb.com

JEUNE AFRIQUE révèle les dessous d'une émeute évitée de justesse à Kondengui

L'annonce des cas suspects de coronavirus a failli entraine une émeute à la prison centrale de Kondengui dont la surpopulation inquiète les organisations de défense des droits de l'homme.

Dans une enquête bien fournie, le journal panafricain 'JEUNE AFRIQUE' revient sur comment ce centre pénitencier a failli basculer dans la violence.

Il faut souligner que dans le souci du désengorgement des prisons afin de minimiser tout risque de propagation de la pandémie, le chef de l'Etat Paul Biya a signé ce mercredi un décret de remise et de commutation de peine de certains prisonniers.

LECTURE

Les déténus de la maison d’arrêt de Kondengui, la plus importante du pays, ont observé un mouvement d’humeur pour revendiquer davantage de mesures barrières face à l’épidémie de coronavirus, en raison de malades suspects au sein du pénitencier.

Lundi 13 avril, des dizaines de détenus de la prison centrale de Yaoundé-Kondengui ont manifesté leur inquiétude, suspectant la présence de plusieurs malades du Covid-19 au sein de l’établissement. Pour faire entendre leurs voix, ils se sont réunis dans la cour intérieure de la prison dès les premières heures de la matinée, réclamant à corps et à cris des kits de tests et un renforcement des mesures barrières afin d’éviter une éventuelle propagation de la maladie.

En quelques heures, la maison d’arrêt de Kondengui était cernée par un important dispositif sécuritaire comprenant gendarmes et policiers. À l’intérieur, des agents de l’administration pénitentiaire tentaient alors de ramener l’ordre, face à des détenus tiraillés entre crainte d’une contagion et détermination à transmettre leurs griefs. Pour les forces de sécurité comme pour le voisinage, la peur d’une émeute similaire à celle de juillet dernier était perceptible.

Selon des informations recueillies par Jeune Afrique, ce nouveau mouvement d’humeur au sein de la prison centrale de Yaoundé a été provoqué par la présence de malades, suspectés d’être infectés par l’épidémie de Covid-19. L’un d’entre eux se trouvait au quartier 7 de la prison, l’un des espaces VIP où réside notamment l’ancien secrétaire général de la présidence de la République, Louis Marie Atangana Mebara, et l’ancien ministre de la Santé, Urbain Olanguena Awono.

Évacuation des cas suspects

Le malade qui affichait « une fièvre » teintée de « toussotements persistants » a été isolé par les autres prisonniers. Un autre cas présentant des « troubles respiratoires » a également été enregistré au quartier 3. Ils ont depuis été évacués, sans qu’un test ne confirme leur statut sérologique.

Par ailleurs, la prison de Kondengui a connu une coupure d’électricité nocturne particulièrement longue entre le samedi 11 et le dimanche 12 avril. Au sein des différents quartiers, la rumeur selon laquelle cette interruption de courant avait pour but de permettre une exfiltration en douce des malades du Covid-19 a rapidement circulé, constituant la touche finale du scénario de ce début de révolte.

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