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Politique of Wednesday, 16 December 2020

Source: lequatrièmepouvoir.com

Intérêts - Positionnement: violentes guerres ouvertes au RDPC

Dans les méandres du choix des potentiels candidats issus des rangs du Rassemblement démocratique du Peuple camerounais.

Après des investitures houleuses pour la désignation des candidats du parti au pouvoir aux élections régionales du 06 décembre dernier, le Rdpc s’apprête à vivre encore des moments de tension et d’agitation, liées au choix des candidats à la présidence des conseils régionaux. Dans les 09 régions sous le giron du parti du Flambeau, (à l’exclusion de l’Adamaoua contrôlée par l’Undp), le poste de président du conseil régional nourrit de nombreux appétits entre les pontes du régime.

Au sein de l’opinion, certaines candidatures putatives font florès, soit dans l’intention de préparer les esprits des conseillers régionaux qui devront les voter, soit en respect pour la notoriété de la personnalité indiquée. Mais à en croire des sources indiscrètes, quelques uns de ces candidats déclarés devront déchanter bientôt, du fait de l’influence de la hiérarchie du parti sur la désignation du candidat du parti au stratégique poste de président de région.

« C’est le parti qui investit au poste de candidat à la présidence du conseil régional et non les candidats eux-mêmes », avertit sous cape un haut responsable du comité central du Rdpc. Mais en fait de parti, c’est le président national en personne qui choisirait les candidats dans certaines régions, à défaut de valider les noms des candidats à lui proposés. Une option qui est loin de rencontrer l’assentiment de nombreux militants, dont l’avenir politique se retrouve ainsi entre les mains d’un homme, le président national, au nom de la discipliner du parti.

A en croire certaines coulisses du sérail, il semble d’ailleurs que Paul Biya détiendrait par devers lui, et en toute indiscrétion, ses potentiels candidats à la présidence des différents conseils régionaux contrôlés par son parti. Avec au cas par cas, des conflits d’intérêts et de positionnement qui se profilent à l’horizon.

Sud : le retour de Minko

Dans la région du Sud, région d’origine du chef de l’Etat, les conseillers régionaux élus sont peu diserts sur leur brigue de la présidence du conseil régional. Vraisemblablement, seraient-ils convaincus que le choix dépendra du chef de l’Etat qui visiblement aurait déjà tranché. Ce sera Samuel Minko, l’ancien directeur général de la Camair-la Cameroon Airlines, et de l’ex-Régifercam – La Régie nationale des chemins de fer du Cameroun.

Dans la région du Sud, personne parmi ceux qui constituaient la liste des candidats du Rdpc, n’ignore que c’est Paul Biya en personne qui avait demandé à intégrer le nom de Samuel Minko sur la liste de son parti. Des érudits affirment même contre la volonté de ce dernier, qui ne demandait qu’à poursuivre sa retraite dans la tranquillité. Une interférence qui donne des indications sur le rôle que devra jouer ce vieil serviteur de l’Etat au sein du conseil régional du Sud, et qui conséquemment, aurait découragé tout autre potentiel prétendant.

Néanmoins, des analystes tentent des explications sur le sens du retour de Samuel Minko aux affaires. Dans la géopolitique locale, le département de l’Océan, dont il est originaire, est celui qui ne dispose pas d’une forte représentation au sein des institutions de la république. Comparé aux autres, avec son seul ministre Jules Doret Ndongo, le département de l’Océan fait figure de désavantagé devant le Dja et Lobo, la Mvila et la vallée du Ntem.

Autant dire qu’en jetant son dévolu sur le plus expérimenté de l’Océan pour diriger le conseil régional du Sud, tel qu’il se susurre dans les coulisses du pouvoir, Paul Biya cherche visiblement à corriger une injustice, et à appliquer au niveau local le principe de l’équilibre régional.

Centre : la désillusion programmée de Tsimi Evouna

L’ancien délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé. était pressenti depuis longtemps, bien avant la tenue des élections régionales, pour présider au conseil régional du Centre. Une allusion qui est loin d’être gratuite, au regard du bilan que beaucoup trouvent flatteur du passage de Gilbert Tsimi Evouna à la tête de la communauté urbaine de Yaoundé.

En le pressentant à la présidence du conseil régional du Centre, ceux qui avancent depuis la probabilité de sa candidature pensent qu’il présente le profil idéal pour poursuivre le travail abattu à la tête de la communauté urbaine de Yaoundé. Toutefois, à en croire d’autres indiscrétions, le choix du parti, et plus singulièrement du président national du Rdpc, pourrait se porter plutôt sur un autre candidat, en dépit de la position de Tsimi Evouna au sein du parti au pouvoir, où il fait office de trésorier national.

Dans les coulisses, on parle d’un haut cadre de la présidence, diplomate de carrière, qui a longtemps séjourné dans les pays ayant déjà pratiqué la décentralisation, avant de revenir au pays. L’élection prochaine des membres du conseil régional du Centre devrait consacrer la désillusion de Tsimi Evouna, qui pourrait apprendre à ses dépens, la rigueur de la procédure d’investiture au sein de son propre parti.

Littoral : le duel Yinda-Ntone Ntone

Si au Sud et dans le Centre le choix des futurs présidents des conseils régionaux est déjà acté, le mystère est loin d’être levé ailleurs à l’état actuel de nos investigations. C’est le cas dans la région du Littoral, où aucune certitude ne se dégage des batailles en cours. Ici, de nombreuses personnalités affichent le profil de l’emploi, au regard de leurs expériences dans la gestion des affaires administratives.

Toutefois, c’est davantage les enjeux d’équilibre qui devraient départager les candidats. Selon toute vraisemblance, Paul Biya n’aurait pas encore arbitré le duel Yinda-Ntone Ntone, les deux challengers les plus en vue dans cette bataille. Pour les partisans de Louis Yinda, ancien Pdg de la Sosucam, la mairie centrale de la ville de Douala est aujourd’hui administrée par un natif du Wouri, ce qui concède un avantage à un ressortissant de l’une des 03 autres départements que compte la région.

Du coup les partisans de Louis Yinda pensent que la présidence du conseil régional du Littoral devrait échoir à un fils de la Sanaga maritime. En plus de son expérience de plus de 25 ans à la tête de la Sosucam, Louis Yinda devrait mettre en avant ses appuis multiples au profit des activités du parti au pouvoir dans la Sanaga maritime. A l’analyse, le choix d’un ressortissant de la Sanaga maritime devrait permettre au Rdpc de récoler les morceaux, après les rancunes et aigreur nées des investitures aux élections régionales, qui ont laissé sur le carreau des personnalités de poids telles que Jean Perrial Nyodog, ou Alphonse Bibéhè.

Des avantages que ne valident pas les partisans du Dr Fritz Ntone Ntone, l’ancien délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala, qui met en avant son bilan à la tête de l’ancienne institution, qui lui a permis de se frotter à la question de la décentralisation, comme argument de poids pour la crédibilité de sa candidature.

Pour eux, la désignation de Bassa Ndine, originaire du Wouri comme l’ancien délégué du gouvernement, -en qualité de maire central de la ville de Douala, ne constituerait pas un argument décisif dans le choix du candidat à l’élection du futur président du conseil régional du Littoral. Qui désistera au profit de l’autre ? Là demeure l’équation préalable à résoudre.

Ouest : André Siaka confronté à l’équilibre régional

Son nom a vite fuité parmi les potentiels candidats à la présidence du conseil régional de l’Ouest. Son principal atout, ses succès dans les affaires et particulièrement sa longue expérience de la gestion des Brasseries du Cameroun. Son aura a fini par étouffer d’autres candidatures putatives qu’on prêtait à l’ancien journaliste Jean Paul Nanfack dans la Menoua, ou encore à un certain Dr Sa’ah dans les Bamboutos.

C’est finalement du département du Haut-Nkam, qu’il pourrait trouver obstacle à son investiture par le parti Rdpc. Pour cause, le Haut-Nkam, où l’élection de la liste Rdpc était présentée comme un risque, a finalement réussi à retourner les conseillers de l’Ums-l’Union des Mouvements socialistes, pour un vote en faveur du Rdpc. Mieux de nombreuses élites soulignent que le département du Haut-Nkam est le moins représenté à l’Ouest au sein des institutions étatiques.

Tout le contraire du Nkoung-Khi dont est originaire André Siaka, le candidat présenté comme le mieux coté pour le poste de président du conseil régional de l’Ouest. Il devrait faire face au respect du principe de l’équilibre régional, qui devrait orienter le choix du président vers un département qui ne compte ni ministre, ni Dg d’une entreprise publique d’envergure, face à un autre truffé d’élites, qui jouissent des bienfaits du Renouveau.

Pourtant, ce n’est la ressource humaine qui manque au département du Haut-Nkam pour prétendre lui-aussi postuler à la présidence du conseil régional. Dans les coulisses, on parle d’un certain Molapi, ancien Secrétaire général du Minee-le ministère de l’Eau et de l’Energie, qui a fini sa carrière administrative comme conseiller au Cabinet du Minfi. D’autres évoquent le profil d’un certain Kouamo, administrateur civil, ancien sous-préfet à la retraite, très effacé de la scène, mais qui s’est déjà frotté aux questions de décentralisation.

Toutefois, le profil le plus envié du département est celui de Charles Djadjo, ancien maire de la commune de Banwa, et surtout ancien secrétaire général des Villes et Communes de l’Ouest. Quand on ajoute à ce cursus son expérience d’ancien banquier et d’autres fonctions occupées au plus haut niveau, les observateurs avertis pensent qu’il a l’expertise suffisante, et son choix pourrait constituer la plus grosse surprise des élections qui se profilent.

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