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General News of Thursday, 3 September 2020

Source: Actu Cameroun

Insurrection populaire: Vincent-Sosthène Fouda lâche Maurice Kamto

Le président du Mouvement camerounais pour la social-démocratie (MCPSD) surfe dans une tribune parvenue à notre rédaction sur la notion de la deuxième République dans notre pays. Il estime que le changement véritable ne peut se faire qu’à travers les urnes. Ici l’intégralité de sa tribune :
En 2011 j’étais le plus jeune postulant à la présidentielle avec des idées innovantes, si l’on place l’éthique et le patriotisme au cœur du devenir de notre pays, oui je peux être utile à mon pays, par mes idées, par ma vision de l’engagement politique. Face aux dérives sectaires portées par un engagement politique messianique, il faut une autre force pour s’opposer au RDPC, cette force pour moi doit être démocratique et sociale.

Nous avons le devoir de jouer ce rôle-là dans notre pays. Le Cameroun de 2020 n’est pas le Cameroun de 1960 voilà pourquoi je parle d’une évolution anthropologique avec une jeunesse plus vindicative et des ainés plus que possessifs au bord de l’égocentrisme frisant l’infantilisation, nous ne devons pas rester les bras croisés.

Les jeunes sont moins politisés que la génération des années 60 mais ils ont des exigences, ils veulent du travail, la connexion WIFI de bonne qualité quand elle n’est pas gratuite, ils veulent pouvoir voyager plus facilement à l’intérieur du pays car contrairement à ce qu’on croit on voyage plus difficilement aujourd’hui dans notre pays qu’il y a 30 ans.

Il n’y avait pas de route moderne, il y avait moins d’accident, moins de coupeurs de route. La jeunesse de notre pays ne doit pas subir les nouvelles technologies, les réseaux sociaux, elle doit pouvoir les orienter leur imprimer sa marque c’est cela le défi de l’innovation qui nous attend parce qu’elle est créatrice d’emplois.

Nous devons rassembler, nous emparer des sujets actuels et ceux du futur, les mettre ensemble – notamment l’écologie à laquelle nous devons donner un contenu dans notre pays, l’économie à laquelle nous devons donner une dimension plus humaine, plus sociale, nous devons par notre engagement constant auprès de nos compatriotes lutter contre un accroissement sauvage des différences au point de créer un déséquilibre susceptible de faire vaciller le pays tout entier.

Faire la politique c’est d’abord s’engager pour les autres pour son pays et non appeler en permanence à une insurrection ; l’insurrection ne peut pas être et ne saurait être un programme politique. Faire la politique, c’est aussi, quand on exerce le pouvoir, savoir écouter toutes les autres forces en présence.

Le RDPC refuse l’expression de la différence. Si le RDPC avait accepté la main tendue la crise dans le NOSO serait loin derrière nous, une chose est d’appeler au dialogue et à la concertation, une autre est de vouloir réellement dialoguer. Une partie de notre peuple est traitée comme étrangère à la République ; aucun dialogue n’est possible dans de telle condition.
Depuis trois ans aucun geste politique n’a été posé ni dans le sens de l’apaisement des tensions ni dans le sens de la construction de la paix.
Si Stephen Tataw ancien capitaine des Lions Indomptables repose à Mvolyé aux mépris des us et coutumes de notre pays, c’est bien parce que l’Etat n’a pas été capable d’aller l’enterrer chez lui, qu’il n’a pas été capable de créer l’électrochoc dont nous avons besoin pour nous sentir un peuple, une nation. Le Premier Ministre et le ministre des sports n’ont pas été capables en la circonstance de faire « Cameroun » malgré les instructions du président de la République.

L’appel à l’insurrection n’a jamais été un programme politique

Le crépitement des armes à l’intérieur d’un pays, qui voit des citoyens d’un même pays s’entretuer est toujours un échec des politiques car la politique c’est justement l’art du dialogue et non l’expression de la force des armes. Ce conflit a assez duré, le langage qui l’accompagne est aussi barbare que la rivière de sang qui coule depuis des années et assèche la terre camerounaise.

Notre peuple ne mérite pas une telle violence. Le Cameroun depuis 40 ans regarde sa diversité comme un obstacle à son unité, les guignols politiques n’ont pas compris qu’aucun pays n’est homogène du nord au sud et de l’est à l’ouest. Il nous faut reconnaitre reconnaître cette réalité pour construire notre pays dans le respect de sa diversité qui n’est pas culturelle, elle est linguistique, géographique, anthropologique etc.

C’est une richesse incommensurable. Gouverner un pays ce n’est pas céder à tous les vents aussi je crois que le fédéralisme quel que soit l’habillage sémantique qu’on lui donne n’est pas un modèle de forme de l’Etat dans lequel devrait se fondre le Cameroun. Je crois à la décentralisation parce qu’elle renforce notre Etat communautaire, panse les blessures causées par la colonisation, renforce la capacité des communautés nationales à comprendre ce qu’est un pays c’est-à-dire le dépassement du clan de l’ethnie et de la tribu pour la mise en commun dans une unité qui va au-delà de nos petits intérêts.

La nécessité des peuples à s’autodéterminer n’est pas synonyme de destruction des Etats existants, les régions du nord-Ouest comme celle du Sud-Ouest et une partie du Nigéria rattachée arbitrairement à ce pays frère après la défaite allemande à la Première Guerre Mondiale sont le Cameroun. Je souhaite que le Président de la république crée la 11 ème région comme je l’ai proposé lors du Grand Dialogue Nationale et cette région devrait être la presqu’Ile de Bakassi. Gouverner c’est se projeter hors le régime RDPC et allié ne se projette pas assez.

Vincent-Sosthène Fouda

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