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General News of Thursday, 3 September 2020

Source: L'indépendant N°535

Insurrection populaire: Maurice Kamto totalement isolé

Dans la perspective de mettre en œuvre son appel au soulèvement populaire lancé le 24 août dernier à Yaoundé, le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), cherche des soutiens.

Dans une série de correspondances initiée par Maurice Kamto, le candidat malheureux à la présidentielle de 2018. négocie le ralliement à sa cause, des partis politiques, des mouvements associatifs implantés au Cameroun et dans la Diaspora. En témoigne la lettre adressée le 25 août dernier à Aboubakar Ousmane Mey, président de Justice Plus, une association qui milite pour le rapatriement de la dépouille d’Ahmadou Ahidjo au Cameroun. Wens très humblement vous exprimer mon souhait de voir votre organisation travailler avec les forces progressistes à changer le régime en place en faisant partir M. Biya du pouvoir, s’il se hasarde à engager de nouvelles élections sans satisfaire au préalable aux deux exigences- rappelées ci-dessus.

Le peuple camerounais fatigué parla gouvernance irresponsable de M. Biya depuis près de quarante ans est en demande de cette union d’action», écrit Maurice Kamto. Si les partis politiques et les acteurs de la société civile contactés par le Mrc réagissent peu ou pas aux sollicitations de Maurice Kamto, ses démarche auprès d’Aboubakar Ousmane Mey semblent prospérer. «Le temps me semble indiqué pour une alternative crédible de changement au sommet de l’Etat Nous travaillerons ensemble», a réagi le président de Justice Plus sur son compte Twitter.

Jactance apocalyptique

Au cours d’un point de presse donné le 24 août dernier à Yaoundé, Maurice Kamto a menacé le pouvoir d’organiser un soulèvement insurrectionnel. Gratifié du titre de «président élu» par ses partisans, le président du Mrc a indiqué qu’il empêcherait la tenue des élections régionales si le pouvoir s’entêtait à vouloir les organiser. Pour lui, pour qu’il y ait de nouvelles élections au Cameroun; deux préalables sont indispensables : la résolution de la crise anglophone par la mise en place d’un cessez-le-feu et l’ouverture d’un vrai dialogue politique national inclusif d’une part, la réforme consensuelle du système électoral actuel d’autre part.

Après avoir refusé de prendre part aux élections municipales et législatives de février dernier, le Mrc n’est plus représenté à l’Assemblée nationale et ne dispose d’aucun conseiller municipal. Pourtant ce sont ces élus qui constituent la plus grande partie de l’électorat aux scrutins régionaux.

Ce qui revient à dire que la participation du Mrc, qui n’a potentiellement pas d’électeurs, ne pourrait se solder que par un échec. Pour le secrétaire général du Rassemblement du peuple camerounais (Rdpc), cette sortie de Maurice Kamto est incohérente. «Le code électoral est une loi et aucune loi n’est rigide et éternelle en l’état. Les lois changent comme le monde évolue. Cependant la modification des lois s’obère dans un cadre institutionnel bien défini avec des acteurs bien définis.

On ne peut donc pas s’auto exclure du jeu institutionnel et vouloir jouer hors des régies. Cela s’appelle de l’imposture. Si la loi doit être modifiée, elle le sera par le truchement du peuple camerounais légitimement représenté par les députés qu’il s’est librement choisi. Quant à la crise anglophone,M. Kamto semble avoir un bouton magique sur lequel il faut appuyer pour y mettre un terme en temps et en heure», s’indigne Grégoire Owona.

Pour sa part, dans une note publiée le 30 août 2020, le secrétaire à la communication du Comité central du Rdpc, Jacques Fame Ndongo, «constate, avec une caustique délectation, que les troubadours de la jactance apocalyptique sont de retour. Ils se recrutent principalement dans la galaxie lunaire du Mrc».

A en croire Jacques Fame Ndongo, il ne s’agit là que des «élucubrations scabreuses et répétitives des adeptes de l’insurrection, qui font fi de la Constitution». Il se convainc que ces «appels surréalistes et anticonstitutionnels du Mrc et de quelques affidés ne retiennent guère (’attention de nos partenaires bilatéraux ou multilatéraux, voire de l’ensemble de la Communauté internationale ».

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