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xxxxxxxxxxx of Monday, 1 February 2021

Source: griote.tv

Insécurité dans les universités du Cameroun: la peur règne à Yaoundé 1

Depuis l’assassinat de la jeune Mikelle Npena Lado étudiante en troisième année de biochimie à l’université de Yaoundé 1, la question de la sécurité des étudiants dans le campus de la plus ancienne des universités d’Etat du Cameroun refait surface.

Pour la majorité des personnes rencontrées dans l’enceinte du campus, le constat est sans appel, le campus de Ngoa ekelle est le temple d’une insécurité effrayante. » On agresse les gens tout le temps ici » nous confie un groupe d’étudiants que nous avons rencontrés non loin des bureaux du recteur. » Le mois dernier, des gars m’ont arraché un sac qui contenait mon ordinateur portable et d’autres outils précieux pour mes études » ajoute Clément, un étudiant de la faculté de sciences. La même faculté à laquelle appartenait la jeune Mikelle Npena.

L’amphi 1001 est l’une des salles de cours à laquelle est affectée une bonne partie des étudiants de cette faculté désormais tristement célèbre. Non loin de cet amphi dont les alentours sont jonchés d’herbes hautes et ordures de toutes sortes, nous rencontrons Claudia, une étudiante en première année de mathématiques et quand nous l’interrogeons sur la question sécuritaire au sein du campus, l’étudiante de 18 ans se livre. » Sérieusement, le danger est permanent ici, surtout pour ceux qui terminent les cours dans les coups de 22h, sortir de cette université est un vrai risque « , nous lance t- elle avec un brin de colère. La jeune étudiante pointe un doigt accusateur sur les autorités du campus « ils ne font rien pour nous protéger. Quand on décide de tels emplois du temps, on prend des dispositions » conclut-elle.

Interrogé sur les dispositions sécuritaires prises par l’administration de l’Université, un personnel contractuel témoignant sous anonymat affirme que Yaoundé 1 disposerait d’une centaine d’agents de sécurité mais, lorsque nous évoquons cette assertion avec un groupe d’étudiants, ceux-ci nous rient presque au nez. « En tout cas, nous ne les voyons pas sur le campus » déclare d’un air narquois l’un d’eux. » C’est sûr qu’ils sont dans la tête du recteur, rétorque un autre qui nous explique que des quatre entrées officielles que compte l’université seule l’une d’elles dispose d’un véritable dispositif sécuritaire. » Mais ils sont juste à l’entrée hein, ce n’est pas là-bas que nous sommes agressés » tient-il à ajouter.

Affiche retrouvée dans un groupe d’étudiants de Yaoundé 1 Nous décidons d’aller plus loin que l’amphi 1001

Notre enquête nous conduit non loin de la scène de crime, là où fut assassinée l’étudiante de Biochimie. Ici, les témoignages sont dignes d’histoires de ghettos sud-africains à l’époque de l’apartheid. Déjà, l’aspect de cette « ruelle de la mort » qui mène au centre hospitalier universitaire donne froid dans le dos. De gauche à droite, la route est entourée de champs et des bouts de forêts qui pourraient bien être des cachettes pour malfrats.

Cécile, une vendeuse de sucreries nous raconte les horreurs vécues à cet endroit. « Tout le monde sait que l’endroit ci est très dangereux. On agresse au moins 3 personnes chaque jour » introduit- elle. « Il y’ a un mois, des bandits ont porté une fille ici en plein 13h pour aller la violer dans la brousse, heureusement que nous avons été alertés par ses cris et lui avons portés secours », poursuit-elle. Son témoignage est confirmé par Brigitte, une mère de famille dont la bâtisse est située non loin de là.

Ses fils et elles nous conduisent même dans un endroit qu’ils pensent être le repère des malfrats. Il s’agit d’un champ situé non loin du mur censé servir de clôture à l’université. Le mur en question donne sur une ruelle qui mène à la morgue du centre hospitalier universitaire (CHU). « C’est ici qu’ils viennent souvent fumer le banga » affirme avec certitude le fils aîné de Brigitte. L’endroit nous semble dangereux, nous ne nous y éternisons pas. Sur le chemin de retour, nous croisons Paulin, un étudiant de la faculté de médecine dont les bâtiments sont situés non loin de là, il confirme à son tour la dangerosité de cet endroit, non sans nous avoir raconté sa propre mésaventure. Il passait par là un après-midi dans les environs de 15 h quand trois malfrats armés de grosses machettes l’ont dépossédé de son sac.

Le témoignage de Paulin remet une couche sur la colère de Brigitte dont les propos se dirigent contre les autorités camerounaises » Tout le monde sait ce qui se passe ici et personne ne fait rien. On entend crier des filles ici tout le temps et, même depuis l’assassinat de la petite étudiante là, il y a encore eu au moins trois agressions ici. » Lance t- elle furieuse. Pour cette sexagénaire, on devrait penser à installer des postes de polices dans l’enceinte du campus et dans les périphéries. » Le niveau de banditisme là dépasse les simples vigiles. Ils peuvent même faire quoi avec leurs gourdins » analyse-t-elle. « Il faut aussi qu’on nous débarrasse de cette brousse et qu’on arrange cet éclairage public qui ne fonctionne pas » ajoute un de ses fils.

Mikelle Npena Lado a été inhumée, ses proches espèrent que pareil drame ne se produisent plus sur un étudiant.

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