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General News of Thursday, 3 December 2020

Source: Actu Cameroun

Insécurité : Yaoundé, terreau des malfrats

Depuis un long moment dans la ville, des badauds dictent leur loi multipliant des coups de vol. Une ascension phénoménale qui inquiète les camerounais.
Yaoundé, capitale politique du Cameroun, l’Avenue Kennedy, grouille de monde ce midi du 29 novembre 2020. Parmi les commerçants suspects qui sillonnent la zone, des jeunes infiltrés qui se font passer pour des nécessiteux. Pour la circonstance, ils assaillissent littéralement les quatre ruelles de l’avenue, situées à quelques encablures de la poste centrale, l’un des endroits atypiques de la ville aux sept collines. L’astuce développée ici par ces derniers est la mendicité.

Or, ce jeu cache une énorme ruse qui les aidera à appâter du monde. Les victimes qui tomberont, seront discrètement menacées à l’aide d’une lame de rasoir et dévalisées par la suite. Les moins futés gambadant les rués et au pas de course, vont à la volée, arracher les bijoux des dames et déchirer leurs sacs à mains, se faufiler dans la foule en toute discrétion et voler des téléphones.

Les plus dangereux prennent les quatre coins de la ville dans leurs mailles et montent de véritables opérations de vol, les plus sophistiquées comme des acteurs de films de mafia. Dans ce cas précis, les taxis deviennent leurs choix de prédilection. Ici les potentielles cibles sont dépossédées de leurs biens contre leur gré et ensuite jetées hors des véhicules comme des malpropres.



Et justement ces temps derniers, on note un essor fulgurant du banditisme. Un nombre impressionnant de délits a été enregistré, surtout depuis la libération des prisonniers dans les différentes villes du pays selon les forces de l’ordre. « Parmi les personnes qui ont été. relaxées, nombreux sont ‘ ceux-là qui vadrouillent. Beaucoup que vous voyez-là, n’ont pas pu regagner leurs familles du fait de la stigmatisation pour certains, de la peur ou simplement par habitude pour d’autres » a affirmé un élément de la police qui a requis l’anonymat.

De l’avis des spécialistes en plus de la raison sus-évoquée, cette insécurité est le fruit de la pauvreté et le désœuvrement de la masse de jeunes qui croit d’année en année, tout en subissant les discriminations des fractures sociales, accrues aujourd’hui. Eléments qui contribuent à la recrudescence de la délinquance juvénile. Même les établissements scolaires ne sont pas épargnés par cette razzia de malfaiteurs. C’est désormais le terreau du vandalisme, du banditisme et autres crimes nauséabonds dans le pays. Une violence nourrit par la vente libre et la consommation à outrance des stupéfiants, disent-ils.

Les drogues du moment comme tramadol fait la vedette tout comme le tabac et la marijuana, appelés vulgairement au quartier le « banga » : « vous-même vous avez suivi l’actualité sur les effets de la consommation de ces saletés. On a le cas de cet élève qui a tué son camarade il y a peu dans le Mbam, ou celui qui a laissé son professeur sur le carreau, bien avant lui au lycée de Nkol-bisson à Yaoundé. 11 y a tellement d’exemple et c’est très préoccupant » s’est écrié Océane Bugna, psychologue.

Entre autres causes, il y a aussi la consommation abusive d’alcool frelaté ; les guerres ; l’exode rural et enfin le chômage de masse. Chose que les hautes autorités doivent impérativement prendre par les cornes pour prévenir ce mal qui risque de mettre à mal la quiétude de plus d’un camerounais en ces temps de fêtes’de fin d’année.

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