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General News of Sunday, 4 April 2021

Source: www.camerounweb.com

Incroyables révélations sur la désignation de Christian Tumi comme cardinal

L’histoire est racontée par le journaliste et directeur de publication du journal Ouest-Littoral. Il explique que l’archevêque Emérite de Douala a été nommé Cardinal parce que le clergé de Douala ne voulait pas d’un évêque bamileké à Douala. Lire son recit.

On va tout entendre et lire dans les médias d’Etat : mais personne ne doit oublier dans quel contexte Christian Tumi est nommé Cardinal. Vers la fin des années 80, l’église catholique du Cameroun est en proie d’une lutte tribale sans merci. Certains de mes oncles Bassa, pour la plupart prêtre ou Évêques, écrivent une lettre d’une tonalité anti-bamiléké inédite ; d’une incroyable violence. Ils n’acceptent pas la nomination d’un Evêque bamiléké à Douala.

Dans mes journaux, j’ai autrefois publié tous leurs noms ainsi que leurs signatures afin que personne ne puisse nier les faits. Beaucoup étant décédé, il serait indécent de reproduire cette liste. Autour de 1987, le cercle Clavis, à la tête duquel trône un ami d’enfance de Paul Biya ; qui a sévit à la Crtv, apporte son soutien à ces hommes d’église Bassa.

Des intellectuels proches du régime n’en sont pas loin depuis quelques temps. Hubert Mono Ndjana, enseignant de philosophie à l’Université de Yaoundé, dénoncent ce qu’ils appellent la volonté hégémonique du Bamiléké. Mono Ndjana écrit précisément : “l’ethnofascisme, c’est la volonté de puissance d’une ethnie, ou l’expression de son désir hégémonique, qui prend soit la forme du discours théorique, soit celle d’une mêlée ouverte dans la polémique, soit celle d’une organisation systématique sous la forme du mercantilisme conquérant” ( Voir l’analyse du professeur Ambroise Kom sur l’ouvrage de Kago Lele « Tribalisme et exclusions au Cameroun »).

Pour soutenir les Evêques « en colère », le cercle Clavis précise :

“Oui, le Clergé de Douala a raison, quand il prend à partie ces hommes d’Eglise qui affirment avec une assurance déconcertante que Rome doit aller vite en besogne pour que l’Eglise ne soit pas en retard. L’illustration pratique d’une théorie bâtarde, selon laquelle un certain groupe ethnique serait prédestiné à assumer les responsabilités du Pouvoir Politique, et qu’il faudrait, pour que s’accomplisse ce dessein providentiel, que les chefs de l’Eglise catholique locale appartiennent absolument à ce peuple élu. Sinon, bien sûr, l’Eglise lancée de la sorte à la conquête du Pouvoir, serait effectivement en retard”

On apprend alors que le Pape a décidé de nommer un 1er Cardinal Camerounais. Tous les proches du pouvoir voient en monseigneur Jean Zoa, le favori. Ce dernier, depuis l’affaire dite Dongmo où l’Evêque de Nkongsamba avait été condamné à mort, est très décrié (à tort selon ce qu’il m’a confié au court d’une interview) au sein de la communauté bamileké. A la grande surprise de tous, le pape fait de l’ancien Evêque de Yagoua le 1er Cardinal Camerounais.

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