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General News of Tuesday, 28 April 2020

Source: Le Messager no 5518

Inès Laure Kamto dans les fourches caudines du régime Rdpc

Militante de la première heure et soutien de poids du Rassemblement démocratique du peuple camerounais dans les Haut-Plateaux, cette conseillère municipale à la mairie de Baham vit le martyre depuis cinq mois. Sous le silence complice de la hiérarchie du parti au pouvoir, visiblement déterminée à broyer celle qui est citée dans des lugubres affaires d’escroquerie.

1 - Le chemin de croix d’une condamnée…

Insoutenable, insupportable, inacceptable ! C’est une véritable traversée du désert que vit Nounamo Kamto Inès Laure depuis bientôt six mois. Très présente sur le terrain du social et de l’humanitaire, les journées de la dynamique et généreuse militante du Rdpc se résument désormais à faire la navette entre sa cellule à la prison centrale de Bafoussam et sa salle de soins à l’hôpital régional de Bafoussam. Un quotidien dont elle a du mal à supporter au regard des épisodes qui jonchent la scabreuse affaire pour laquelle elle est (injustement) impliquée. Sa santé fragile en prend un sérieux coup au fur et à mesure que son dossier porté devant les tribunaux, piétine si ce n’est qu’il se complique tout simplement.

La pauvre entrepreneure est incarcérée à la prison centrale de Bafoussam à la suite d’un procès l’opposant à l’éditorialiste et opérateur économique Blaise Pascal Talla. L’homme accuse dame Nounamo Kamto de lui avoir subtilisé la somme de 45 millions de Fcfa alors qu’ils attendaient ensemble une liaison aérienne à l’aéroport de Bafoussam. Des faits niés par l’accusée lors de l’audience du 9 décembre 2019. Audience au cours de laquelle elle a été condamnée à cinq ans d’emprisonnement assorti du paiement de 47 millions de Fcfa. Une décision qui l’a conduit à introduire une requête à la Cour suprême.

Comme si son casier n’était pas suffisamment noirci, il pèse également sur celle qui est par ailleurs conseiller municipal à la commune d’arrondissement de Baham, une plainte déposée par Jean De Dieu Momo, le ministre délégué auprès du ministre de la Justice qui accuse celle-ci de lui avoir subtilisé la somme d’un million 500 mille Fcfa dans son bureau. Pour sa part, l’accusée indique que la somme querellée lui a été remise par le président du Paddec en acompte pour le suivi de ses dossiers de demande de carte de séjour, carte de résidant et admission au barreau de Paris. Initialement prévue le 9 avril 2020, la première audience de cette affaire s’est tenue le 22 avril dernier. Comme nous l’indiquions dans l’édition du Messager du 6 avril 2020, cette affaire qui fait des émules a connu un épilogue mouvementé le 3 avril de l’année en cours. En effet, après avoir été auditionnée par des éléments de la Police judiciaire de l’Ouest le 12 mars, dame Nounamo Kamto a été de nouveau convoqué par les mêmes services pour le 3 avril 2020. Internée depuis quelques temps pour des «problèmes cardiovasculaires chroniques», l’accusée a été transportée de force et contre les avis du personnel médical dans les locaux de la Police judiciaire puis chez le procureur de la République avant d’être renvoyée à la prison centrale de Bafoussam, le même jour.

Face à l’aggravation de son état de santé, elle a été de nouveau conduite au centre de santé de la prison centrale de Bafoussam. Faute de plateau médical adapté au mal chronique dont elle souffre, les médecins ont de nouveau exigé son transfert vers l’hôpital régional de Bafoussam. Des va et vient qui ont fini par fragiliser davantage l’état de santé de celle que beaucoup présentent comme une bête politique et un soutien de poids du Rdpc dans le département des Hauts-Plateaux. Des sources dignes de foi attestent que derrière cette apparente procédure judiciaire, se cache l’envie pour les bourreaux de dame Kamto, de la voir sombrer dans les profondeurs abyssales. Pour quelles raisons ? Des batailles politiques et des guerres de leadership entretenues par des barons de la République et du parti au pouvoir. Le Messager a appris que ces deux affaires ont été montées de toutes pièces pour régler des comptes à « celle qu’on ne veut pas voir démanteler les détournements de deniers publics à la mairie de Baham ». En effet, rapporte une source proche du Comité central du Rdpc, le passé de Dr Inès Laure Kamto depuis au moins trois ans à Baham n'est fait que de frustrations et de promesses de mort lancées par quelques-uns de ses camarades du parti. Eux qui auraient mis tout en œuvre pour empêcher Inès Laure Kamto de siéger à la mairie.

2 - Sur les chemins escarpés de la mairie de Baham

C’est que l’altruisme de celle qui est para ailleurs épouse du Sa majesté Chef supérieur des Baham, a poussé les populations en 2018, à lui promettre des suffrages au cas où elle posait sa candidature comme maire ou député de cette contrée. Toute chose qui ne lui ont pas valu que des amis au sein du Rdpc. Parmi ses détracteurs, Faustine Chebou Kamdem Fotso aidée dans son funeste dessein par une des épouses du roi présentée comme chef d'orchestre des détournements à la mairie de Baham. L’idée de voir Kamto à ce poste a fait germer une haine viscérale contre la bienfaitrice. Une haine qui s’est développé à la veille du double scrutin Législatives-Municipales du 09 février dernier. « Tous les stratagèmes ont été élaborés pour lui barrer la voie royale vers la mairie», confie une source.

A cela viennent de greffer des batailles politiques allant de la base au sommet du parti qui n’ont pour finalité que d’écarter dame Kamto, de la gestion des affaires publiques. Plus grave, « son époux, le roi des Baham a pesé de tout son poids pour que le poste de député femme qui revient habituellement a la commune de Baham aille ailleurs, de peur que son épouse puisse devenir député en tant que seule femme qui fait l'unanimité sur le plan du dynamisme et des actions sur le terrain. Ayant senti le jeu, Inès laure Kamto a jeté son dévolu sur le conseil municipal et donc, potentiel maire de Baham. Mais pendant les investitures, le roi s'est opposé farouchement à ce que son épouse entre dans la liste au point où ce n’est que grâce à l'intervention du Comité central du Rdpc qu’elle a été réhabilitée », explique notre source, convaincue que la mise en cause paie aujourd’hui, le prix d’une guerre de réseaux dans un parti pour lequel elle a pourtant tout donné.

L’histoire du vol de 45 millions Fcfa de Blaise Pascal Talla est tout aussi ahurissante. Car comment comprendre qu’un homme d’affaires de la taille du patron de Jeune Afrique Economie puisse transporter une aussi forte somme d’argent dans une mallette ? Certains magistrats et assimilés de la Justice se surprennent de savoir que depuis la Police judiciaire, le commissaire en charge de l’enquête a été écarté on ne sait trop pourquoi. Autre fait surréaliste : la célérité avec laquelle le procès a été mené. Comment se fait-il qu’une accusé soit jugée et condamnée le même jour dans un procès où elle plaide non coupable et dont aucune preuve n'a été présentée ? Pire, comment comprendre que le juge devant trancher, se retrouve curieusement en collégialité ? Parler de pots de vins qui auraient circulé, ne serait pas prétentieux. Le plus intriguant dans cette affaire, c’est le silence et l’indifférence dans lesquelles les camarades du parti et autres pontes du Comité central se sont emmurés. Personne si ce n’est le Secrétaire général adjoint du Rdpc, n’a osé entreprendre une quelconque initiative pour sortir Inès Laure Kamto des fourches caudines de la machine à broyer.

3 - Une dame de cœur dans l’enfer de la politique

Ses cris de détresse s’apparentent aujourd’hui à un cri dans la forêt. Lâchée par ses soutiens d’hier qui ont jadis célébré son dynamisme, son engagement aux idéaux du parti et à son combat acharné contre les partis de l’opposition, dame Kamto se retrouve toute seule. Dans cette abracadabrantesque affaire dont l’objectif visé n’est autre que la chute ou la déstabilisation de cette bête politique à l’Ouest, plusieurs fils et filles du département sont cités comme étant des personnes qui, tapis dans l’ombre, pactisent pour mettre à genoux madame le conseiller municipal. Des personnes insoupçonnables de toutes les façons. Clamant son innocence dans cette affaire, la pauvre, cloué sur son lit d’hôpital ou esseulée dans sa cellule, pense que la soupçonner pour des telles pratiques serait faire preuve de malhonnêteté, considérant ses réalisations multiples dans son Baham natal en particulier et dans la région de l’Ouest en général, à mettre à l’actif du Rdpc.

Notamment la réfection de plusieurs écoles et infrastructures sanitaires et éducatives, le financement de la campagne présidentielle, l’octroi des bourses scolaires et universitaires aux enfants des Hauts-Plateaux le financement consistant du plan d’assistance humanitaire pour les régions du Nordouest et du Sud-Ouest, la construction des pavillons pour les consultations externes dans les hôpitaux, pour ne citer que ces quelques exemples. Elle qui n’a eu de cesse d’appeler ses camarades du Rdpc, forces vives, alliés, sympathisants et amis du Rdpc à répondre à son appel à l’union, à la concorde à la construction, au développement. Engagée aux côtés du chef de l’Etat depuis bien longtemps, la reine mère s’évertue au quotidien non seulement à œuvrer pour le développement du pays à travers son parti mais aussi à travers de multiples dons dans la logique de l’idéologie du président de la République.

Fondatrice de l’association « Cœur Uni », celle qui est toujours aux côtés des enseignants, des élèves, des personnes âgés et des couches sociales vulnérables, n’est-elle pas un modèle pour les populations des Hauts-plateaux ? « C’est depuis bien longtemps que j’ai décidé d’accompagner le président Paul Biya et son gouvernement dans ses projets de grandes réalisations, en apportant ma modeste contribution dans les secteurs aussi variés tels que l’éducation nationale, le mieux vivre social, l’agriculture, l’élevage et la lutte contre la pauvreté », rappelait-elle au cours d’une des innombrables cérémonies de remises de dons au lycée bilingue de Baham. Il serait donc judicieux pour le sommet du parti, de trouver le juste milieu pour juguler cette cabale qui pourrait créer du tort à cette dame de cœur que certains veulent détruire au nom de la politique et du pouvoir.

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