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Politique of Wednesday, 16 October 2019

Source: Imhotepdjehouty.com

'Il y a un tribalisme d'Etat cautionné par Paul Biya lui-même !'

Le clientélisme ethno-régional s'observe de façon empirique dans le fonctionnement de nos institutions. Ce clientélisme est nocif pour le pays en ce qu'il exclut certains citoyens de la gestion de la chose publique. Qui ignore que certains ministères par exemple sont réputés être « consacrés » à certaines régions ou à certaines tribus ? Ici, le fait de ne pas être de la région ou de la tribu du ministre est un handicap et, dans tous les cas, un facteur de marginalisation dans cette institution publique. Depuis 1982, c'est Paul BIYA qui nomme les ministres au Cameroun. Par ailleurs, l'on a vu des communautés revendiquer la primauté de leurs ressortissants dans certains établissements universitaires ; de véritables ultimatums donnés à l'Etat qui a cédé, consacrant ainsi le rejet des camerounais des autres communautés dans ces institutions publiques.

A la faveur de la dernière présidentielle, on a vu des camerounais être interpellés par la force policière et se voir demander s'ils sont Bamilékés. Quel recul ! Il faut rappeler que l'agent de police agit sur la base des ordres qu'il reçoit, qu'il ne lui revient que d'exécuter ; il ne décide de rien par lui-même, car alors, ce serait plus grave. Il faut aussi rappeler que la police est une institution qui relève directement de la présidence de la République. En clair, suivant ce principe, des fonctionnaires de la présidence de la République, dans le contexte de la dernière présidentielle, ont reçu instructions de questionner des camerounais sur leur identité ethnique. En 2018 !

Au-delà de cette imprégnation réelle de certaines institutions par le tribalisme, il est utile de faire observer l'attitude de certains collaborateurs de Paul BIYA. D'abord Mr Grégoire OWONA, lors d'un débat télévisé il y a quelques mois, a laissé entendre que la campagne du RDPC se fera sous le spectre du tribalisme, promettant à son contradicteur d'alors, d'apporter des « preuves de tribalisme » d'un candidat alors que la période de campagne devrait être consacrée à défendre un bilan quand il en existe un et à proposer aux électeurs un projet politique lorsque les candidats se montrent capables d'en produire.

Pendant cette campagne, il n'y a eu ni défense de bilan, ni projet politique ; à la place d'un projet, on a assisté à l'exhumation d'un ouvrage vieux de plus de trente ans et dont il est par ailleurs facile d'en souligner l'impensée idéologique, politique et programmatique. Pendant cette campagne, il y a plutôt eu cette poussée frénétique du tribalisme, occultant volontairement le vrai débat. Mr OWONA nous avait annoncé une ambiance tribale pendant la campagne : il savait à l'avance de quoi il parlait et nous l'avons tous vécu. Mais il n'y a pas que Mr OWONA.

Bien avant lui, il y'a eu Mr Amadou Ali dont on a appris, à la faveur des fuites de Wikileaks, qu'il nourrissait une amertume particulière à voir un Béti ou un Bamiléké exercer le pouvoir présidentiel après Paul Biya. Plus récemment, Mr MOMO, membre du Gouvernement illégitime de Paul Biya, est venu menacer de génocide à la télévision nationale, une communauté nationale dans sa totalité.