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Crime & Punishment of Thursday, 4 February 2021

Source: Cameroon Info

Human Rights Watch accuse l’armée d’être à l’origine du massacre de civils à Mautu

L’ONG appelle à l’ouverture d’une enquête indépendante afin que les auteurs soient traduits en justice.
Que s’est-il réellement passé à Mautu le 10 janvier 2021 ? Au moins neuf civils, dont une femme et un enfant, ont été tués dans cette localité située dans l’arrondissement de Muyuka au Sud-Ouest, l’une des régions anglophones en proie depuis quatre ans à un conflit armée particulièrement meurtrier.

Les victimes, auraient été tuées au cours d’affrontements entre les éléments du 21e Bataillon d’Infanterie Motorisée et des combattants séparatistes retranchés dans un camp dans cette zone.

Dans un rapport publié ce 4 février 2021, Human Rights Watch (HRW) accuse l’armée d’être à l’origine de ce nouveau massacre.

«Des soldats de l’armée camerounaise ont tué au moins neuf civils dans la région anglophone du Sud-Ouest le 10 janvier 2021… Parmi les victimes figuraient une femme et un enfant, et quatre autres personnes ont été blessées. Les soldats en cause ont également pillé des dizaines de foyers et menacé les habitants», lit-on.

«Tuer des civils et piller leurs maisons au nom de la sécurité sont de graves violations des droits humains qui alimentent les cycles croissants de violence et d’abus dans les régions anglophones du Cameroun», a déclaré Ida Sawyer, directrice adjointe de la division Afrique chez HRW, ajoutant que «les autorités camerounaises devraient contrôler les unités responsables d’abus et, avec l’aide de l’Union Africaine et de l’ONU, ouvrir une enquête crédible et impartiale sur les meurtres commis à Mautu et poursuivre en justice ses auteurs».

L’ONG précise cependant qu’elle a contacté le porte-parole de l’armée. «Human Rights Watch a transmis ses conclusions au Capitaine de frégate Cyrille Serge Atonfack Guemo, le porte-parole de l’armée camerounaise, dans un courriel daté du 22 janvier et dans lequel des questions spécifiques lui ont été posées. Atonfack Guemo a répondu le 26 janvier, mais sans aborder directement les questions posées par Human Rights Watch. Il a rejeté les preuves d’homicides illégaux en alléguant qu’elles étaient fabriquées, sans toutefois corroborer cette affirmation», indique le rapport.

Pour mémoire, la classe politique, les ONG et la communauté internationale ont condamné unanimement cette tuerie, invitant le gouvernement à faire toute la lumière y relative.

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