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General News of Monday, 28 September 2020

Source: cameroonvoice.com

Hilarité et révolte à Santa Barbara: tout le quartier où réside Kamto quadrillé

« Rien moins que scandaleux en plein 21ème siècle ». Ainsi se résument les commentaires suite au renforcement sur un fond exhibitionniste du dispositif militaro-policier au domicile de l’opposant Maurice Kamto depuis le 19 septembre.

Des gendarmes assiègent le domicile de l’opposant camerounais depuis au moins trois jours avant les manifestations que celui-ci avait convoqué pour le mardi 22 septembre, afin d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la nature tyrannique du régime en place au Cameroun, qui est tombé tête et pieds joints dans le piège de l’insigne enseignant de Droit en tirant pour tuer et blesser gravement des manifestants pacifiques ou à en arrêter des centaines, alors que s’ouvrait ce jour à New-York aux Etats-Unis, l’Assemblée Générale de l’ONU.

Il se trouve cependant que cinq jours après les marches, alors que des familles enterrent leurs morts, et que d’autres pansent les blessures des leurs, certaines priant pour un hypothétique rétablissement de ceux dont l’état a empiré ou nécessite des interventions chirurgicales (amputations), le gouvernement a opté d’en rajouter à la controverse en renforçant le dispositif policier mis sur pied pour empêcher les allées et venues de l’opposant qui se trouve ainsi emprisonné chez lui, en attendant son éventuelle extirpation pour une prison ou un centre de détention spécial comme le ministre de la Communication, René Sadi tente d’y préparer l’opinion depuis son point de presse du 25 septembre dernier.

On avoisine ainsi la centaine d’éléments des forces de défense et de sécurité (gendarmes et policiers) de même que des agents des renseignements généraux en civil, faisant non plus le siège uniquement de Maurice Kamto, mais de tout le quartier Santa Barbara où l’homme réside faisant peser une chape d’intimidation sur les habitants, obligés de marcher avec la muselière symbolique de l’autocensure sur la bouche, de crainte de dire plus qu’il n’en faut et d’être embastillées. .

Et pour ne rien oublier du sentiment de terreur qu’ils veulent voir envahir les esprits de ceux qui osent encore s’accoquiner avec l’opposant empêcheur de maltraiter les Camerounais en rond, des voitures anti émeutes, des et autres blindés complètent le décor… de guerre.

Le journaliste et écrivain camerounais en exil Boris Bertolt qui a annoncé à ce sujet qu’il n’y a plus qu’un seul des deux gardiens qui assurent d’ordinaire la sécurité du leader politique, un autre ayant été arrêté au moment de la relève, a affirmé cet après-midi dans un commentaire que

« Tout démocrate et citoyen camerounais ne peut accepter la mise sous résidence surveillée de Maurice Kamto »,

parce que « La démocratie ce sont les principes et les valeurs ». Un commentaire accompagné d’un zeste de raillerie :

« Si vous voyez un gouvernement qui se vante d’être démocratique. Qui prétend mépriser un individu agir de cette sorte, c’est parce ce que cet individu est très fort et ils le savent. Un État ne peut agir comme cela que lorsque qu’il a conscience de la menace qu’il y a en face. ».

Un ton de raillerie emprunté par de nombreux Camerounais qui, face au drame de Maurice Kamto qui est aussi le leur, préfèrent prendre les choses par le bout de la bonne humeur sur les réseaux sociaux et dans la rue :

« Grâce à Kamto, le quartier Santa Barbara est surveillé par un nombre impressionnant des forces de l’ordre, parmi lesquels des commissaires divisionnaires de police, ce qui veut dire que pour ce qui est de l’insécurité, c’est réglé ! Merci papa Kamto, tu dis va, je vas moi seulement* », s’amuse un Camerounais ;

« Kamto avait promis de donner du travail aux Camerounais, et il a tenu parole. La preuve, Fame Ndongo dont le ventre prenait des proportions éléphantesque sous sa petite tête de broussard a commencé à perdre du ventre à force d’en sortir la science de la sémiotique qu’il y thésaurisait malhonnêtement, aux fins de dénombrer le nombre de fois qu’il manque un e muet, un “e accent aigu”, un a accent grave, ou un “s” dans une déclaration de Maurice Kamto. Les militaires formés pour faire la guerre et qui ne le font jamais, le Cameroun préférant faire sa guerre de récupération de Bakassi en envoyant au front l’avocat Maurice Kamto, ainsi que les policiers qui avaient pris l’habitude de demander aux citoyens qui les appelaient pour un secours en cas de danger, ont réappris à faire la guerre en tirant efficacement sur les jambes des marcheurs pacifiques ou en les gazant. Non Kamto tu es fort » rétorque un autre, tandis qu’un troisième s’en va d’un « Nous savons désormais ce qu’il faut pour que nos quartiers soient sécurisés par les policiers, gendarmes et militaires. Il suffit de lancer des tracts en disant qu’on est des fans de Kamto et qu’on va faire des marches de protestation. Du coup vous allez voir arriver policiers, gendarmes et militaires et se mettre en faction de jour comme de nuit », avant de pouffer d’un long rire pour conclure.

Au quartier Bépanda, un camerounais, plus sérieux quant à lui, n’entend pas goûter ce qu’il qualifie de plaisanterie de mauvais goût :

« Est-ce que nous sommes devenus des Jean Miché Kankan pour rire de tout et faire rire de tout ? Arrêtons ces histoires de marche pacifique ou on va se faire tirer dessus sans réagir. Si quelqu’un prend des armes contre le peuple sous le couvert de la légalité, et retourne l’armée et la police contre le peuple, tandis que nos leaders parlent toujours de manifestations pacifiques comme si cela pouvait changer un chien en être humain qu’on le lave, ou comme si les familles gagnaient quelque chose à perdre les leurs parce qu’on dira dans dix ou cinquante ans que c’est l’armée de Biya qui les avait tués, c’est bête de notre part de ne pas réagir avec les mêmes moyens que ceux qui tuent le peuple. Si nous ne sommes pas contents de ce qui se passe, faisons comme les anglophones. Au lieu que les Kamto appellent à des marches en sachant qu’ils risquent tout au plus d’être arrêtés et libérés au bout de quelques mois alors que les citoyens peuvent perdre leurs vies ou un membre, je préfère qu’ils se calment et se préparent silencieusement à un autre type d’action qui sera plus rapide. Marchons pacifiquement, même dans cent ans, le régime ne changera pas, même après la mort de Paul Biya. Le peuple qui veut sa liberté doit combattre et non s’offrir en holocauste. Il faut parler le seul langage que Biya et ses miliciens peuvent comprendre. Pas sur les réseaux sociaux et les médias, mais sur le terrain. On dit qu’on ne peut pas discuter avec Kamto qui parle le langage de la paix, mais on va sortir Ayuk Tabe qui est condamné à perpétuité pour discuter avec lui et vous ne comprenez pas que vous êtes sur la mauvaise voie avec votre pacifisme ? Faisons comme dit Patrice Nganang, et ensuite, on aura le temps d’arranger les choses dans notre pays quand tout le monde sera d’accord que personne ne doit faire tirer sur personne. Le Cameroun nous appartient à nous tous. Il ne faut pas qu’il y ait des Camers qui veulent la paix et d’autres qui leur font la guerre tout le temps ».

Un langage qui va glacer ses interlocuteurs qui vont le prier de ne pas attirer sur eux « l’essaim d’abeilles des renseignements généraux ». « Gars quand tu veux faire la guerre, tu fais seulement sans prévenir. Si tu commences à parler comme ça, ils vont t’arrêter et t’exécuter sans te juger comme ils font avec les Ambazoniens. Tu fais comme si tu ne connais pas ces gens qui se nourrissent du sang des Camerounais. ».

Preuve que petit à petit, la répression à laquelle se livre le régime pousse les Camerounais hors des limites. Attention danger !

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